The Lovable Tramp (Natsukashii Furaibo)
Yôji Yamada – 1966
Encore une sympathique porte d’entrée pour celui qui aimerait découvrir la filmo du Yôji Yamada avant la saga Tora-san. On y suit la rencontre entre Saotome, salary man au bord du burn out (et sujet à de douloureuses hémorroïdes), et Gen, vagabond rustre mais attachant.
De nouveau, il y a la tentation de suivre le film par le prisme de ce que le réalisateur mettra plus tard en place dans Tora-san. Ainsi, si Gen n’est pas totalement Torajirô (ne srait-ce parce que lui, aura gagné sa madone à la fin), il lui ressemble par ses éruptions de colère et sa capacité à s’attirer la sympathie des personnes, quels que soient leur sexe ou leur âge. À cela s’ajoute ce microcosme familial, base à la fois rassurante et pleine d’imprévus. Outre la venue dans le quotidien de la famille Saotome de ce vagabond plein de ressources, il y a aussi celle d’Aiko (Chieko Baisho), jeune femme ayant quitté un domicile familiale bien moins douillet que celui des Saotome, et que Gen aura sauvée in extremis du suicide.
Ajoutons que dans ce quotidien à son « Tako », c’est-à-dire ce voisin un peu parasite qui fait quasiment partie de la famille. Bon, le parasite en question est plus accort puisqu’il s’agit d’une jolie voisine jouée par Chiharu Kuri. N’empêche, quand on entend un Saotome imbibé d’alcool lui dire « mais que faites-vous donc toujours chez nous ? », on croirait entendre Tora s’en prendre au Poulpe.
Et que serait un film de Yamada sans une scène dans un train ou une station ferroviaire ? On a ici deux rencontres, une inaugurale et une autre conclusive, se passant dans un train. Sans dévoiler la teneur de la deuxième, disons qu’on y retrouve ce sentiment de bienfaisant renouveau que l’on a à la fin de chaque opus de Tora-san.
Sinon je commence à bien m’habituer à Hajime Hana. Encore une fois moins subtil et complet que Kiyoshi Atsumi, mais plutôt agréable dans sa manière de jouer ce brouillon précruseur de Tora-san. Quant à Baisho, comme d’habitude, elle montre que, malgré son jeune âge, elle est capable de tout jouer. Le contraste qu’elle forme avec ce vagabond braillard, dans ce rôle de fille traumatisée et quasi mutique, est très réussi.
7/10

















