Flag in the Mist (Kiri no hata)
Yôji Yamada – 1965
Ça fait tout drôle de voir un film avec Chieko Baisho bien mimi du haut de ses 24 ans, quatre ans avant le premier Tora-san.
Et ça fait encore plus tout drôle de voir un film de Yôji Yamada très éloigné de la geste torasanesque, avec cette adaptation d’un roman noir de Seicho Matsumoto.
Ici, on n’aura pas une Baisho jouant Sakura, l’éternelle sœur cadette débordante d’humanité et de bienveillance. Et pourtant, il s’agit bien d’une sœur emplie d’amour — mais cette fois-ci pour un frère accusé à tort d’avoir assassiné une vieille usurière. Mais point de ce sourire qu’une pléthore d’épisodes de Tora-san m’ont permis d’apprécier. Son personnage, Kiriko, arbore d’abord une mine mutine et déterminée quand elle rencontre un grand avocat pour lui demander de s’occuper du cas de son frère. Et comme il décline la proposition (notamment pour une histoire d’émoluments dont une pauvrette comme elle ne saurait s’acquitter) et que le frérot finit par mourir en prison, on assiste alors à la mue d’une actrice qui va devenir femme fatale pour se venger de cet avocat qu’elle tient responsable de son malheur.
Le spectateur pourra certes tiquer sur l’opportunité offerte sur un plateau qui lui permettra de trouver le moyen d’enclencher la vengeance. Mais si on accepte d’avaler la pilule sans trop froncer les sourcils, il faut reconnaître que Yamada livre un film efficace et assez passionnant avec, jusqu’au bout, la question de savoir si Kiriko se transformera in extremis en Sakura…
Si s’enquiller l’intégralité de la filmo de Yamada peut constituer un challenge intéressant, je m’aperçois qu’explorer celle de Baisho l’est tout autant…
7,5/10














