Fly me to the Namie Amuro’s concert

A Class to remember II (Gakkô II)
Yôji Yamada – 1996

Bon, ben je vais commencer à bien l’apprécier cette tétralogie, moi !

Ça commençait pourtant de manière déroutante. Je retrouvais Nishida, mais pas dans le contexte du premier épisode. Au bout de dix minutes, je réalise que si l’acteur joue toujours un personnage de professeur, ce n’est plus le même. Yamada a rebattu les cartes, direction cette fois-ci Hokkaido pour découvrir les difficultés de l’enseignement auprès de jeunes handicapés.

Parmi eux, une jeune trisomique, mais encore Yuya, garçon qui se chie dessus quand il ne passe pas son temps à faire montre de violence envers tout le monde, ou encore Takeshi, jeune homme limité et que des ijime dans son école précédente ont considérablement déglingué. Ici, il faut saluer le courage de Hidetaka Yoshioka qui gère à la perfection le personnage, en particulier dans ses tribulations épiques avec le camarade Yuya (les deux garçons se font la malle pour aller assister à un concert de Namie Amuro).

Mais le corps enseignant n’est pas en reste. Nishida est encore une fois excellent dans son rôle de professeur, tout comme le sont Ayumi Ishida (toujours un plaisir de voir la chanteuse-actrice) et Masatoshi Nagase (déjà remarquable dans Musuko).

On doit ce projet à une rencontre heureuse entre Yamada et deux enseignants dans un lycée pour handicapés. Intéressé par leur témoignage, le réalisateur est de nouveau allé faire une enquête sur le terrain et, convaincu de l’utilité d’un spin off à Gakko, de monter un projet qui lui permettra de surmonter la douleur de la perte de son chef opérateur depuis toujours ainsi que la déprime liée à la santé de Kiyoshi Atsumi. Gakko II est d’ailleurs le dernier film avant la disparition de l’acteur. Si Atsumi avait fait un caméo dans le précédent volet, ce ne sera pas le cas ici. Il faudra trouver la chaleur ailleurs, notamment dans un climax avec une certaine montgolfière…

Encore une fois, le film témoigne la capacité de se saisir d’un sujet et de le traiter de manière touchante, convaincante, sans chercher à esquiver certaines thématiques. Ainsi la sexualité de ces jeunes handicapés. Pour la première fois dans la filmographie de Yamada, le mot « bokki » (érection) est prononcé, et ce n’est pas pour désigner une éventuelle réaction du personnage de Nishida alors qu’il file rencard à Ayumi Ishida. Avec Yamada, le tact et la simplicité permettent de tout aborder, la bêtise et la vulgarité ne parviendront jamais à s’immiscer.

7,5/10

Lien pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.