Ai no Sanka (Song of Love)
Yôji Yamada – 1967
Dans Song of Love, Yamada avait pour objectif d’adapter à sa sauce le Marius (ainsi que Fanny, deuxième volet de la trilogie marseillaise) de Pagnol :
Haruko/Fanny (Chieko Baisho) est inquiète car son petit ami, Ryûta/Marius (Jin Nakayama) est obsédé à l’idée de traverser l’océan pour travailler au Brésil. Il finit par s’y rendre, laissant sans le savoir derrière lui une Haruko enceinte. Cette dernière s’occupera de Senzô/César, le père de Ryûta, tombé malade. Surtout, elle accepte de vivre sous le toit d’Isaku/Panisse qui s’est pris d’affection pour la jeune femme.
Je n’aurais pas lu dans le bouquin de Claude Leblanc cette histoire d’influence pagnolisante, je n’y aurais vu que du feu, je me serais dit : « C’est du Yamada pur jus ! » Mais une fois l’information en tête, impossible de voir le film autrement que par le prisme de Pagnol. Et ça donne limite envie de lire sa trilogie autobiographique afin d’y repérer des motifs propres à une certaine saga…
En tout cas, Ai no sanka n’est pas mon préféré de cette copieuse période pré Tora-san. Le film n’est ni burlesque, ni totalement réaliste. On est dans un entre-deux, comme beaucoup de films de Yamada en fait, mais quelque chose a fait que j’ai été moins emporté par le dosage choisi. Outre la découverte de cette thématique pagnolienne, l’intérêt réside sinon en ce qu’on assiste à la la première participation à un film de Yamada d’Hisao « Tako » Dazai. Petit plaisir d’entendre d’abord sa voix hors champ. J’ai sursauté dans mon fauteuil. Hein ? Quoi ? Le Shachô est là ? Cool ! C’est alors que Dazai apparaît et là, deuxième surprise : l’acteur était alors bien plus enrobé et avait tous ses cheveux sur le caillou ! Il faudra attendre encore quelques années pour que le surnom de « Poulpe » soit dignement porté.















