L’Institutrice (Tora-san 36)

Tora-san 36
C’est dur d’être un homme : L’institutrice (Otoko wa tsurai yo: Shibamata yori ai o komete)
Yoji Yamada – 1985

Tora-san 36. Encore quatorze tours de piste avant d’achever la saga (que l’éditeur Roboto Films devrait d’ailleurs présenter en 2026). Ça va, ça devrait aller, contrairement à un dix mille mètres, le risque de finir lessivé et exsangue est moindre, surtout avec des opus comme ce trente-sixième.
Cela faisait plusieurs films que je me disais que le choix de la starlette issue des roman porno de la Nikkatsu était un bon choix pour jouer le rôle de la fille du Poulpe (Akemi), eh bien c’est largement confirmé puisque le personnage de Jun Miho est au cœur de l’intrigue. Comment on savait que depuis plusieurs films son mariage battait de l’aile, la voilà enfuie du côté de Shimoda. Forcément, on va charger Tora-san de la retrouver et de la ramener à la r(m)aison.
Si l’intrigue laisse bien sûr de la place à l’intrigue de la madone avec une institutrice (jouée par Komaki Kurihara) qui donnera lieu à quelques clins d’œil amusants aux Vingt-quatre prunelles (le roman de Sakae Tsuboi adapté en 1954 par Kinoshita), je trouve que la saga touche au très bon dès qu’il s’agit de jeter un sort sur l’un des membres de la famille Kuruma (car, disons-le une fois pour toutes, le Poulpe et sa famille font partie de la famille). Et puis, alors que Tora-san vieillit et tend à perdre de sa fougue des premiers temps, il y a chez Akemi de ce sel populaire et fougueux, comme une perpétuation de « l’esprit Torajirô ». Comme lui, l’amour la fait souffrir. Comme lui, elle a un phrasé populaire qui attire immédiatement la sympathie. Et symboliquement, quand elle discute avec lui sur une plage, elle est vêtue d’un haut quadrillé et de couleurs se rapprochant de celles des habituels vêtements de Tora. Une sorte de fille spirituelle (dans tous les sens du terme d’ailleurs) ou une amante idéale s’il n’y avait pas entre eux un net écart concernant l’âge.
Ajoutons à cela une scène hilarante nous montrant le Poulpe éploré passant à la télévision pour demander à sa fille de revenir ainsi qu’un Mitsuo qui grandit aussi bien physiquement (il va bientôt rattraper sa mère) que psychologiquement (beaucoup aimé ce qu’il dit de son oncle à Akemi), et l’on obtient là un excellent épisode clôturant l’année 1985).
Très curieux maintenant de poursuivre la saga avec ce nouveau rythme d’un film par an (au lieu de deux), rythme qui va permettre de rendre plus sensible l’évolution de Mitsuo.
7,5/10
PS : Il aura fallu attendre le 36è film pour admirer pour la première fois (et sans doute dernière) cette partie anatomique :

Merci Jun Miho !

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