The Donkey Comes on a Tank (Baka ga tanku de yatte kuru)
Yôji Yamada – 1964
Suite au succès des deux premiers volets estampillés « baka », Yamada rempile pour un troisième film, toujours avec Hajime Hana et Shima Iwashita dans les rôles principaux. L’histoire s’attache une nouvelle fois sur une brutasse maladroite et ostracisée (Saburô), qui vit avec sa vieille mère à demi-sourde et un frère simple d’esprit. Seule la jolie Noriko apprécie le jeune homme et n’hésite pas à le défendre face aux mauvaises langues. Malheureuesment, un jour, Saburô, excédé par une escroquerie dont sa mère est victime, sort de sa grange un petit tank (Saburô est un ancien soldat qui, on ne sait comment, a pu garder ce vestige de la guerre) pour se venger en semant le chaos dans le village…
Petit à petit, Yamada affirme cette capacité à mélanger humour, tendresse et une certaine gravité. Si le premier volet de cette trilogie ne m’avait pas convaincu, je trouve qu’à chaque fois l’ensemble gagne en qualité. Plus tard, Yamada apprendra d’ailleurs de Kenzaburô Ôe qu’il avait vu Baka ga tanku sur les conseils de Kôbô Abe, ce qui est plutôt flatteur.
Cela fait sinon plusieurs films de Yamada que je vois avec Hajime Hana dans le rôle principal. S’il n’y a bien sûr aucune comparaison possible avec Atsumi, il faut reconnaître que l’acteur parvient à chaque fois à être plaisant à l’écran. Lui manque juste cette finesse d’Atsumi le rendant irrésistible.
En-dehors de l’ostracisme (vécu par Yamada lui-même quand il est revenu au Japon avec sa famille après plusieurs années en Mandchourie), autre motif pouvant faire sourire l’amateur
de Tora-san : le fait qu’au personnage d’Hajime soit associé celui de ce frère simple d’esprit. On songe à toutes les scènes où l’on voit Torajirô flanqué de Gen. On est un peu face au duo à la Steinbeck, le duo George et Lennie ou, dans sa version Tex Avery, George et Junior. La différence est que chez Yamada, c’est le plus corpulent qui est aussi le plus vif. Ajoutons aussi le motif de la dispute au sein du village, dispute que l’on aura à foison dans Tora-san entre l’oncle Ryuzo et son neveu, ou encore entre ce dernier et Tako. Bon, après, ça ne va pas non plus jusqu’à l’utilisation d’un tank, c’est vrai. Cela dit la scène finale est précédée d’un esclandre à base de colère froide et de vin mauvais qui n’aurait pas fait tache dans la célèbre saga.
Pour celui qui serait tenté d’essayer cette trilogie, ce troisième volet serait peut-être le plus recommandable.
7/10















