Le jidai geki selon Yamada

Le Samouraï du crépuscule (Tasogare Seibei)
Yôji Yamada – 2002

Après Tora-san, j’ai fini la tétralogie Gakko, me voilà tout triste… mais pas longtemps car il faut maintenant enchaîner avec la trilogie de Yamada consacré au jidai geki.

Après 77 films, alors âgé de 71 ans, Yamada estime en effet qu’il est temps pour lui d’aborder le genre. Mais attention ! pas pour rigoler, comme c’était le cas pour quelques histoires pre-Tora-san ou bien lors de rêves inauguraux pour quelques opus de sa fameuse saga. Pas totalement satisfait par ce que proposait le genre, il décide d’amasser une somme colossale d’information afin de livrer un film qui sera pleinement réaliste. Et de fait, on a, en voyant ce Samouaï du crépuscule, l’impression d’assister à un jidai geki inhabituel. Ceux qui ont adoré Harakiri apprécieront probablement ce film. Non qu’il se termine par un bain de sang, mais parce qu’il a pour personnage principal un samouraï de bas rang. Pauvre, pouilleux, ayant perdu sa femme et devant s’occuper de ses deux petites filles et de sa mère malade, Seibei est préposé dans son fief à la comptabilité des récoltes. Gagnant une misère, il en est rendu à fabriquer des cages à moustiques pour arrondir ses fins de mois. Et ça ne lui pose pas de problème. Devenir même paysan, le jour où l’on n’aurait plus besoin de samouraïs, lui est complètement envisageable.

On est donc plongé dans ce quotidien paisible parfois tout de même un peu troublé par quelques péripéties. Mais manifestement, avoir un nombre substantiel de scènes d’action ne faisait pas partie du cahier des charges de Yamada qui ne livre que deux scènes de duels. Deux scènes cependant réussies et, là aussi, fruit de ses recherches documentaires. Habituellement, dans un jidai geki, un coup bien placé et l’adversaire meurt. Mais apparemment, ce n’était pas forcément le cas, des sources indiquant que les combats trouvaient souvent leur fin après une durée parfois conséquente, quand l’un des adversaires s’écoulait à demi vidé de son sang après avoir encaissé plusieurs blessures. Ainsi le deuxième duel, de surcroît précédé d’un prologue dialogué assez intéressant.

Approche plutôt neuve, donc, et à laquelle s’ajoute de ces ingrédients qui, dès les premières minutes, font comprendre que l’on est bien devant un film de Yamada. Ainsi la venue du vieil oncle, mécontent d’apprendre que Seibei s’est fait houspiller par son chef parce qu’il sentait mauvais. Le fâcheux typique qui permet après à la cellule familiale de s’enjoyer par contraste.

Le film a connu un succès flatteur, à la fois au Japon et à l’étranger. C’est en effet le premier film de Yamada à connaître les honneurs des écrans français. Et apparemment, les deux autres opus sont de la même qualité. On le croyait calmé, Yamada revient plus inusable que jamais.

7,5/10

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