Restructuration et aventure humaine

A Class to remember III : The New Voyage (Gakko III)
Yôji Yamada – 1998

 

Pas grand-chose à dire, si ce n’est que Yamada, toujours dans le contre-coup des décès d’Atsumi et de Takaha, parvient à livrer encore un solide film à la série des Gakko. Cette fois-ci, il s’agit de rendre compte de la récession après la bulle économique. Du jour au lendemain, beaucoup d’employés, souvent âgés, se voient remerciés à cause d’une restructuration. Pour essayer d’avoir un nouveau départ, certaines personnes tentent leur chance du côté d’écoles qui leur permettent d’acquérir des connaissances techniques afin de trouver un boulot dans le secteur secondaire.

Ainsi les deux personnages principaux, Sawako et Nakano. La première en bave pas mal dans sa vie. Elle est veuve (son mari est mort de karoshi), a été licencié et doit s’occuper de son fils autiste (et comme si cela ne suffisait pas, elle apprendre plus tard qu’elle a un cancer du sein). Cette mère courage est jouée par Shinobu Ôtake, à la fois adorable et touchante dans sa volonté inébranlable de s’en sortir. Quant au deuxième, c’est un tradeur, lui aussi licencié, qui a divorcé et qui s’aperçoit qu’il ne peut compter sur d’anciennes connaissances lui faisant miroiter un possible retour à son ancien métier. La camaraderie des autres adultes de sa classe (camaraderie réelle, comme Yamada a pu l’observer lui-même dans ce genre d’école) lui permettra d’entrevoir aussi une issue modeste mais revigorante pour la fin de sa carrière.

À cela s’ajoute un lien amoureux entre les deux êtres. Après 48 épisodes de Tora-san passés à rendre compte d’idylles touchantes mais fragiles, autant dire que Yamada parvient sans peine à intéresser le spectateur.

Des trois Gakko que j’ai vus, c’est peut-être celui que j’aime le moins car il y manque tout simplement un Toshiyuki Nishida. Bien moins pitre que dans le diptyque de Rainbow Seeker, il avait dans les deux premiers films une rondeur, une bonhommie qui permettaient d’accentuer encore davantage l’aspect humain. Cette réserve mise à part, le film vaut largement le visionnage. Il a du reste rencontré un succès certain à sa sortie.

7/10

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