Le coeur sur la main (Tora-san 35)

Tora-san 35
C’est dur d’être un homme : Le Coeur sur la main (véritable traduction du titre originale : L’école d’amour de Tora-san)
Yôji Yamada – 1985

Le 35e opus semble susciter un certain désamour de la part des fans, j’avoue ne pas trop comprendre pourquoi. Pourtant, le ciel bouché du générique m’a fait craindre un retour du morne Tora 33 (sans doute celui que j’apprécie le moins pour l’instant). Tora arrive sur une île où il rencontre une petite communauté catholique. Bon, pourquoi pas ? Surtout si l’on a la chance de voir Kanako Higuchi en costume de nonne (malheureusement, ce ne sera pas le cas). Cela reste cependant moyennement intéressant, tout comme la rencontre avec une grand-mère qui connaît la plus belle des morts : au petit matin, après avoir passé une soirée arrosée avec Torajirô et un comparse.

Mais c’est véritablement avec la rencontre de la petite-fille de cette dernière (Kanako Higuchi donc, absolument délicieuse) et le retour à Shibamata que le film démarre vraiment. Le ciel s’éclaircit, les couleurs deviennent pimpantes, et Yamada livre donc son habituelle recette avec Tora de plus en plus enfermé dans un rôle d’entremetteur. Normal aussi, arrivé à son âge, ça commence à être chaud de continuer à espérer prendre femme d’une minette de vingt ans. J’ai l’impression que Yamada va alterner jusqu’à la fin les madones mûres et crédibles pour un éventuel mariage avec celles pour lesquelles Tora jouera le rôle de protecteur bien aimé. J’étais sceptique au début en voyant le megane-kun étudiant en droit et amoureux de Wakana, mais finalement, le duo fonctionne et donne lieu à des scènes amusantes.

Et puis, il y a le microcosme familial des Kuruma (le Poulpe compris). Mistuo grandit, a envie de venir musicien. Hiroshi est toujours un chouette paternel (j’aimerais bien un épisode qui privilégie un peu ce personnage), même si je pressens qu’il pourrait se montrer un peu autoritaire. Amusant en tout cas de le voir jouer au soft ball avec des voisins quand il a un peu de temps libre. Autre chose amusante, l’évolution d’Akemi, la fille du poulpe qui n’hésite pas à insulter son paternel et à le scandaliser quand elle annonce qu’elle aurait dû se marier avec Tora plutôt qu’avec ce sinistre mari qui n’est pas au niveau de sa gouaille.

Bref, ça vit et c’est tout l’intérêt de cette saga qui, quand elle ne parvient pas à proposer de petites variations, use simplement du roman feuilleton et de son rapport au temps, avec des personnages qui vivent, qui grandissent et partant, créent de nouveaux enjeux. Du coup assez hâte de voir Mitsuo kun devenir un jeune homme.

6/10

 

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