Dans un océan de mots

The Great Passage (Fune o amu)
Yuya Ishii – 2013

The Great Passage n’est pas le titre d’un roman porno des 70’s (hu hu !) mais d’un film dans lequel on suit l’activité de rats de bibliothèque pour constituer une sorte de dictionnaire japonais ultime. Tout de suite moins séduisant, hein ? Mais c’est justement tout l’intérêt, comment rendre intéressante une histoire avec des personnages qui auront quasiment tout le film le cul posé sur une chaise dans une salle poussiéreuse, occupés à ficher, trier, annoter des centaines de milliers de mots ?

J’avais déjà expérimenté l’histoire (il s’agit d’un roman à l’origine) à travers l’adaptation en anime qui avait été faite en 2016. Du coup pas de réelle surprise devant cette version live sortie trois plus tôt (et l’on voit combien l’équipe derrière la version anime s’est contentée de piocher dans le script du film). Habilement, l’histoire passe de la sphère professionnelle à la sphère privée, pour donner de l’épaisseur à ces personnages qui font un métier nécessaire mais peu évident – et encore davantage à une époque où l’on ne s’emmerde plus à feuilleter chez soi un dictionnaire. C’est la principale beauté du film, une sorte d’éloge d’un rien nécessaire, de la constitution d’une mémoire collective qui se nourrit de mots du quotidien sans cesse en renouvellement, tout en sachant que le résultat est destiné à tomber en désuétude (le film fait sentir combien les éditeurs deviennent frileux à s’aventurer désormais dans la fabrication d’un dictionnaire).

7/10

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