Manga
Dororon Enbi-chan (Go Nagai – 2001)
0Ce soir, séquence cul-ture à la buvette. Planquez les lardons, le seul personnage costumé en rouge qu’ils ont le droit de voir en ce moment, c’est le gros barbu en survet’ rouge qui descend dans les cheminées. Pour ce personnage-ci, c’est malheureusement sa cheminée à elle qui est un peu trop explorée. Oh ! vous dites-vous là, voilà un article qui va sentir le foutre. Ben voui ! Mais avec Go Nagai, à quoi vouliez-vous donc vous attendre ? Allez, pour découvrir ce chef d’oeuvre du 9ème art : (Lire la suite…)
Gantz (Shinsuke Sato – 2010)
23A chaque fois c’est la même chose : après une adaptation cinéma d’un manga j’y vais de mon « on ne m’y reprendra plus » mais, invariablement, je cède à la curiosité dès que sort un nouveau film de ce genre. J’ai pourtant longtemps résisté pour ce Gantz mais voilà, j’ai craqué le week-end dernier. J’aime le manga original et la version animée, avec sa lenteur et son atmosphère sonore particulièrement soignée, avait plutôt recueilli mes faveurs. Mais voilà, ce qui est possible en terme d’immoralité, de sexe et de violence pour un anime l’est nettement moins pour un film mainstream. L’adaptation de Kaiji en était une nouvelle fois la preuve et Gantz ne déroge pas à la règle : c’est lisse. Pas trop mal foutu, mais désespérément lisse, sage, évacuant tout ce qui faisait le sel du manga d’Hiroya Oku. (Lire la suite…)
L’Univers des mangas, de Thierry Groensteen
0Faire un article sur un ouvrage traitant de mangas n’est a priori pas très original mais voilà, il ne s’agit pas de n’importe quel ouvrage. Publié en 1991 lors du 18ème salon de la BD d’Angoulême (dont l’invité d’honneur était le Japon), ce livre est tout simplement le premier essai en français consacré aux mangas : (Lire la suite…)
Hiroaki Samura, Lautréamont du manga
3C’est totalement stupéfait que j’ai découvert combien mon dernier article sur le kancho avait explosé les statistiques de Drink Cold. Bon, je pensais bien qu’un article sur de l’humour scato attirerait les curieux, mais à ce point là, certes non!
Mon premier mouvement a été de ressentir un certain contentement. Et puis, en y réfléchissant, je me suis dit que ça faisait tout de même un peu mal au cul de battre mon record perso grâce à un article sur un truc aussi dispensable que le kancho. En gros, c’est un peu comme si je m’étais finalement fait kanchotiser par mon propre article! (Lire la suite…)
Dôsei Jidai, Lorsque nous vivions ensemble, Tome 2
2Lors de mon précédent article consacré à ce manga, j’avais suggéré que cette chronique de la vie d’un couple pouvait se savourer par petites tranches, puisque finalement, on assistait à de petits épisodes de leur vie quotidienne, sans réelle ligne directrice. En fait, j’avais tout faux. Dans le deuxième tome qui vient de paraître, finis en effet ces petits moments, finies les scènes intimistes. Tout va mal : le lecteur assiste, impuissant, au fulgurant délitement de leur relation. Autant le premier tome est lumineux, avec parfois des moments de doute, autant ce tome est franchement sombre. Avortement, tentative de suicide, folie, asile psychiatrique, voilà, pour donner une idée, quelques épisodes qui permettent de composer les 700 pages du volume. C’est sinistre, mais en même temps fascinant. On aimerait que cela se passe mieux pour eux, mais cette descente aux Enfers, portée par le style toujours admirable de Kamimura, a quelque chose d’hypnotique. Autant le premier tome peut effectivement se lire par petits bouts, autant celui-ci peut se lire d’une traite, inquiet du sort de Kyoko, et curieux de l’évolution de Jirô, indéniablement le personnage principal de ce volume.
Pour ce qui est des audaces graphiques, Kamimura remet le couvert, rien ne change, rassurez-vous. Chaque planche est un éblouissement… ou, parfois, un traumatisme. A ce titre, la scène d’avortement, avec son découpage minimaliste, possède une dureté sèche que j’ai rarement vue en bande dessinée. Et l’on comprend volontiers pourquoi Kyoko est durablement perturbée après cette épreuve.
La mécanique du couple est donc considérablement grippée durant ce tome. On termine la lecture un peu déçu, après tant d’épreuve, on aurait aimé que cela se termine un peu mieux pour ce qui est à mes yeux le couple le plus charmant, le plus réussi, le plus « vrai » de l’histoire de la bande dessinée. Petite consolation : ce n’est pas fini, un ultime tome (sans doute aussi un gros pavé de sept cents pages) nous attend, avec son lot de passages virtuoses graphiquement, d’érotisme, de moments durs et, espérons-le pour Kyoko et Jiro, de moments de tendresse retrouvée.
Obituari (un peu tardif) : Yoshito Usui
2Voilà une nouvelle qui n’en est pas vraiment une puisqu’elle date du mois de septembre. Mais à part auprès de ceux qui suivent l’actualité manga de très près (ou l’actualité japonaise), elle avait de fortes chances de passer inaperçue dans nos contrées. En tout cas, sa découverte aujourd’hui m’a attristé puisqu’elle signifie l’arrêt d’une série sympathique et anti-conformiste : Crayon Shin-Chan.
Avant d’évoquer cette série, deux mots sur la disparition du mangaka. Son corps a été retrouvé sans vie le 19 septembre dans une montagne du centre du Japon. Une semaine auparavant, il avait annoncé à sa famille qu’il allait faire une excursion en montagne (chose habituelle pour lui) et qu’il serait de retour dans la soirée. Ne le voyant pas revenir, ses proches ont évidemment rapidement alerté la police mais il aura fallu attendre une semaine pour qu’un alpiniste découvre son corps. L’endroit où il a été découvert et les nombreuses fractures ont indiqué qu’il a vraisemblablement été victime d’une chute mortelle. Il avait 51 ans.
Commencée en 1987 dans l’hebdomadaire Weekly Manga Action, Crayon Shin Chan est de très loin son manga le plus connu. De très loin car il est vendu dans le monde entier et on ne compte pas, un peu à l’instar d’un Doraemon, ses nombreuses adaptations pour le petit ou le grand écran. Pourtant, c’est bien là le seul point commun avec le petit chat robot. Car pour ce qui est du contenu et, surtout, de l’esprit du manga, on est à des années lumières. « Shin Chan » est en fait le diminutif (chan étant une particule affective que l’on peut placer après un prénom) du personnage principal, Shinnosuke Nohara, un garçonnet de cinq ans. C’est le prototype du sale gosse, le cauchemar sur pattes que tout parent redoute d’avoir : impertinent, provocateur et… obsédé. C’est un tel mauvais exemple que beaucoup de mères japonaises interdisent leur progéniture de lire le manga ou de regarder l’anime. Il faut dire que la mimique la plus célèbre du Shin Chan est tout simplement de baisser son froc pour montrer son derrière.
A côté de cet aspect qui est somme toute assez réjouissant, le manga trouve aussi son intérêt, comme avec Mes Voisins les Yamada, dans son ancrage dans la vie quotidienne japonaise. Le père est un salary man, la mère est au foyer, il y a une petite soeur, un chien et une gallerie de personnages (l’institutrice, le docteur…) qui gravitent autour. Cela donne lieu à une multitude de variations dans les situations et évite unen lassitude qui aurait inévitablement pu s’installer avec ce type de personnage.
Ce manga a commencé sa carrière avec une édition assez calamiteuse chez J’ai Lu. Elle a été depuis reprise de manière plus heureuse par Casterman.









