Fukuoka par le septième ciel

Pas de Japon cet été pour Olrik. Mais c’était prévu et la pilule passe finalement assez bien. Et puis, comme quelques journées sont prévues à Stockholm, ça permet de ne pas trop ronger mon frein, j’aurai ma dose d’aéroport et de street shooting dans des lieux inconnus. À côté de cela, il y a toujours ma banque de photos, énorme capharnaüm d’images au format NEF (le RAW de Nikon) que je compulse, trie, dégraisse et retouche petit à petit. Quand l’été arrive, en période de manque de Japon, je remets le nez à l’intérieur, je sniffe un bon coup, et ça va tout de suite mieux.

Dans ces conditions, vous l’aurez compris, je risque fort de taper cet été du côté des catégories « photos » et « voyage » pour alimenter ce blog. Et la section « japonaises » aussi, cela va de soi, il y aura du bikini 70’s sur Bulles de Japon durant les deux mois à venir, c’est promis. Mais pour l’heure, je reprends donc la section « voyage », trop longtemps délaissée.

« Fukuoka par le 7ème ciel ». Que ceux qui s’imaginent qu’avec un tel titre je vais vous parler des  Hakata bijin (1) se calment illico :  je vais tout simplement évoquer la grande roue de Fukuoka, la Sky Dream. Ben oui, une grande roue. Je sais, dis comm ça, cela fait un peu attraction pour touriste de base mais moi, au Japon, je ne refuse jamais les plaisirs simples, surtout quand vous êtes avec femme et enfant et qu’il faut faire des concessions, y aller de son rôle de père de famille exemplaire, jamais égoïste, toujours à sa sacrifier de son temps personnel pour assurer que la navire familial vogue toujours à l’abri de toute tempête…  rhaaaaa !

Let me breathe

Bref pour vos dire que ce qui risquait d’être au début une corvée qui allait manger de mon précieux temps de libre pour des séances de street shooting, s’est avérée au final une plaisante balade dans les airs. Les guides touristiques évoquent souvent la Fukuoka Tower pour avoir un chouette point de vue de la ville, mais cette grande roue n’est pas en reste et a le mérite d’associer une jolie vue de Fukuoka à de délicieuses sensations.

Ça commençait mal pourtant. Cette grande roue ne se donne pas facilement, elle se mérite, il faut aller la chercher :

Plan pour y accéder, gracieusement offert par la maison. Pour la traduction, demerden sie sich, on n’es pas non plus au Lonely Planet!

Du métro donc, et surtout un voyage en bus qui m’a paru interminable. Pour le trajet en métro, j’en ai profité pour saisir au passage cette brochette qui se trouvait en face de moi :

Arrivés à une station, nous avons donc dû attendre un bus. Pas grand chose à se mettre sous la dent durant cette attente si ce n’est cette sculpture se trouvant en face de la station :

La Vague d’Hokusai revue et corrigée par le pop art?

… et ce trio, attendant/posant devant ce mur :

Doki Doki ?

30/40 minutes plus tard (à partir des environs de la gare de Fukuoka), on arrive donc à un complexe commercial à côté duquel trône la roue, perchée sur un hôtel. Et quand on la voit, on se dit:

Ah ouais, quand même!

… et l’agacement de perdre son temps commence à se dissiper, avant de disparaître totalement une fois installé dans la nacelle. On est frappé à cet instant par la lenteur de la machine. On doit faire du 1 km/h,  ce qui explique qu’un tour complet dure 20 minutes. Je précise ici qu’il s’agit de la plus haute du japon et de la sixième dans le monde (120m). Vous entravez maintenant pourquoi elle fait l’objet d’un article?

Ça monte, donc. D’emblée on entend des grincements provenant d’un peu partout dans la gigantesque armature. À moins que ces bruits ne provinssent alors des dents de ma chérie, déjà crispée de tout son corps alors que l’on était à peine à 5 mètres du sol. Quant à Olrik Jr, ça allait, la casquette vissée sur la tête et gavé de ses trois onigiri boulottés juste avant dans un Yoshinoya, il était plutôt tout jouasse de l’expérience. Je me suis installé sur la banquette me permettant de voir le paysage. Derrière moi, ceci:

♫ Welcome my son, Welcome to the Machine ♫

Face à moi, cette vue :

Bordel de merde!

On pourrait croire ici qu’il s’agit de la vue au moment où l’on se trouve tout au sommet de la roue. Et pourtant, non. Pour autant que je me souvienne, la photo a été prise peu après le premier quart de révolution, donc à peu près au-dessus de la moitié de la hauteur. C’est à cet instant que les 1600 yens pour le voyage me sont finalement apparus comme étant bien peu de chose. C’est avec un émerveillement tout enfantin que j’ai apprécié avec mon gamin la lente élévation et admiré la lente découverte de la splendide vue de Fukuoka. Quant à madame, les yeux fermés et  la main serrant convulsivement poignée de la portière de la nacelle, c’était pas trop la peine de lui parler.

Quelques instants plus tard, arrive enfin le moment, le point culminant du voyage :

C’est beau, une ville le jour

Bon sang, on a beau dire, les activités de touristes de base ont parfois du bon. Au passage, on aperçoit au loin la fameuse Fukuoka Tower évoquée plus haut.

Quand on entame la descente, il y a comme le plaisir d’un devoir accompli, ou plutôt celui du touriste qui sait qu’il aura fait une chose finalement plutôt rare et qu’il n’aura pas à la refaire une autre fois dans sa vie.

Ayant raté de peu le bus du retour, nous en avons profité, en attendant le prochain, pour visiter le centre commercial à côté. Que voulez-vous, après avoir tutoyer les cieux, il fallait bien revenir sur terre et s’adonner à la consommation la plus terre-à-terre, nous étions après tout au Japon, ne l’oubliez pas. Au pied de l’hôtel, une jeune femme nous a invités à entrer dans un petit local. Supposé accueillir de la marmaille hurlante, ce petit endroit proposait des confiseries, des porte-clés à l’effigie de personnages de dessins animés, des activités, etc. J’écris « supposée » car à part la jeune femme et son collègue, il n’y avait pas un rat. Ah!, si il y avait quelqu’un dont l’apparition juste après avoir traversé l’entrée m’a fait plaisir :

Ce bon vieux Kenshiro, tenant une grosse fleur gonflable!

Mais à part cela, il n’y avait franchement pas grand chose à se mettre sous la dent. Tout comme le centre commercial juste en face de l’hôtel d’ailleurs. Des fringues, de la nourriture, juste de quoi faire passer le temps en attendant un bus. À la l’arrêt de ce dernier, un couple nous attendaient, moi et mon Nikon. Enfin, un couple, rien n’est moins sûr, le mâle japonais ayant parfois cette faculté de faire comme si de rien n’était, d’ignorer royalement les regards de sa compagne. Du coup peut naître le doute.

She looks at him

He looks at her

Après vingt minutes dans les airs, ils fallait maintenant retourner à vingt minutes sur la route, dans un horrible bus bondé et à la clim’ défaillante. Ce n’était pas si grave

À propos, je viens de me rendre compte d’un truc. Vous projetez d’aller à Fukuoka lors de votre (prochain) voyage au Japon et vous vous dites en lisant cet article que la Sky Dream serait une bonne idée? Too bad : elle ne fonctionne plus, peut-être même qu’elle est démantelée  C’est en effet à partir du mois de septembre de l’année dernière que les quidams virent ceci à l’entrée :

Traduction : la grande roue, c’est fini. Désolés les mecs, mais vous avez fait le voyage en bus pour rien.

Bulles de Japon, le seul blog touristique qui évoque des choses à voir… que l’on ne peut plus voir!

(1) dixit le Lonely Planet qui affirme que Fukuoka est très réputée pour la qualité plastique de ses femmes. Moi qui m’émeut pour peu de choses, je ne peux pas vraiment confirmer ou infirmer. Des jolies filles, j’en ai vu effectivement un paquet. Après, par rapport aux autres villes là, franchement, je ne sais pas. Tiens, ça pourrait être une idée pour les prochaines éditions du Lonely Planet : mettre un nombre d’étoiles à chaque ville japonaise par rapport à la beauté des habitantes.

Du même tonneau (ou presque) :

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2 Commentaires

  1. Ah bah ça tombe bien, avec Megane-kun et toi, désormais, la buvette va être bien armé pour concurrencer le lonely ! Surtout en ce qui concerne les meilleurs spots d’observation de la gente féminine. Bike fuck ou pas.

    Autrement, avec le dernier Tsuyu, Fukuoka a sévèrement morflé question trombes d’eau…

    Une bonne idée du coup, prendre de la hauteur.

    Clarence, il revient de Nagasaki

  2. J’aime bien Fukuoka, même si en terme de grandeur c’est une ville déjà too much pour moi.

    Nagasaki, j’y ai passé une après-midi lors de mon premier voyage au Japon. Le mémorial de la bombe, les maisons hollandaises, le tramway, le pont à lunettes, tout ça. Sympa mais pas non plus transcendant.

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