Guilty of Romance (version longue japonaise)

 

Guilty of Romance fait partie de ces films disposant de deux versions et dont on est bien en peine de déterminer laquelle est la meilleure. La version internationale ou la version japonaise, plus longue d’une demi-heure ? Pour beaucoup, the longer, the better. Mais pour d’autres aussi, il y a le sacro saint « director’s cut », qui balaye d’autorité toutes les versions existantes. Or, il se murmure que la version director’s cut de Guilty serait la plus courte et donc la seule « valable ». C’est en tout cas ce que clame avec beaucoup d’assurance Leonard Haddad de Technikart et d’HK Video dans une émission (il se base sur une déclaration de Sono faite en France lors du festival de Deauville). Ouais, sauf que, lors d’une interview de Sono, on trouve ceci :

Celle que je préfère personnellement est la version la plus courte. Mais la version longue me plait également beaucoup, c’est mon travail. Il se trouve qu’en raccourcissant le film, j’ai trouvé la version courte plus intéressante. C’est comme deux variations d’une même œuvre, différentes.

Entre dire « celle que je préfère » et « la seule que je cautionne », il y a évidemment un pas. On pourra peut-être le franchir lorsque Sono aura surmonté ses contradictions dans ses déclarations mais là, pour le moment, rien n’est clair. Et puis d’ailleurs, en passant, quand bien même il y aurait un director’s cut officiel, je ne vois pas vraiment en quoi on serait tenus de ne pas zyeuter les autres versions. Et je ne vois pas en quoi ce director’s cut serait forcément meilleur. Eternelle question des artistes qui retouchent leurs œuvres… et on sait que ça ne débouche pas forcément que sur du bon. Goethe qui châtre (le mot est de Gracq) Werther à la fin de sa vie, Claudel qui abêti (idem) sur le tard Partage du midi, avec une postérité qui bien heureusement ne suit pas toujours ces décisions de réécriture. Il en va de même pour les cinéastes. Coppola a-t-il eu raison de faire son Apocalypse Now Redux ? 

Perso, certains arguments m’ont totalement convaincu du bien-fondé de cette version

La version modernisée d’E.T. était-elle une bonne idée (voir à ce sujet l’excellent épisode de South Park dans le quel les personnages entre en guerre pour « protéger les films mains perverses de leurs réalisateurs vieillissants » ) ? On court souvent le risque de l’affadissement lié à la tentation du politiquement correct. Je ne dirais pas que docteur Folamour est « fade » mais lorsque l’on sait qu’une dantesque scène de tartes à la crème a été évincée parce que les producteurs la trouvait irrespectueuse vis-à-vis des dirigeant politiques (Kubrick n’avait alors sans doute pas le même contrôle sur ses œuvres qu’il a pu par la suite avoir), on voit facilement ce qui peut déterminer l’existence de telle ou telle version. 

Photogramme de la scène que l’on ne verra probablement jamais.

Ainsi dans E.T. les fusils des fédéraux remplacés par des talkie-walkie. Il faut ici être juste : Spielberg a fini par reconnaître que la meilleure version est la première et c’est maintenant celle que l’on trouve en Blu-Ray. 

Mais il se murmure qu’il existerait une troisième version, une version « sex cut » avec une célébrité dedans !

Bref, retoucher une œuvre peut être risqué et le cinéaste peut parfois être bien inspiré de laisser visible la première version. Le cas de Guilty of Romance me fait penser à celui de Shining avec ses versions européenne et américaine. Les Européens préfèrent leur version tandis que les américains ne jurent que par la leur (il semblerait que tout cela soit initmement lié à la première version que l’on a vue). Au milieu le père Kubrick qui n’a jamais réellement tranché entre les deux versions. La version européenne est moins explicative, et en cela moins lourde. Mais que certains spectateurs trouvent un intérêt à la scène où une femme docteur questionne Danny est aussi compréhensible. Peu importe en fait. Il est possible que Kubrick ait préféré la version européenne mais connaissant l’intelligence du type et la capacité de ses œuvres à susciter un nombre infini d’interprétations, on peut penser qu’il n’ait pas répugné plus que cela à laisser coexister une deuxième version offrant d’autres interprétations, d’autres potentialités de sens. 

Au passage, Room 237 va sortir en France ce mois-ci. Une sorte d’hymne à la cinéphilie , à voir absolument !

C’est exactement ce qu’il ressort des deux versions de Guilty of Romance. J’ai adoré la version courte. Mais après avoir vu la longue, je ne suis plus sûr de rien. Contrairement à Haddad, je me fous un peu de savoir que la version japonaise ne doit son existence que parce qu’il y avait volonté de la production de gonfler le rôle d’inspectrice joué par Miki Mizuno, actrice qui a un certain succès. La seule chose qui m’importe est de savoir ce qu’apporte cette demi-heure supplémentaire liée à son personnage –que cette décision de la prod’ soit réelle ou non –  et là, je ne suis pas sûr que l’on doit se contenter d’un vague « le troisième personnage féminin, i’ fait un peu le pont mais il est pas… voilà hein ! Thématiquement il sert plus ou moins à rien » (dixit l’animateur de l’émission).

Avant d’aller plus loin, rappelons brièvement l’histoire (déjà évoquée dans ces pages ICI). L’histoire raconte les destins croisés d’Izumi (jouée par Megumi Kagurazaka) et Mitsuko (Makoto Togashi). L’une est une épouse modèle mais délaissée par son mari, l’autre une professeur distinguée le jour, une prostituée la nuit. Pour sortir un peu de la torpeur de sa vie, Izumi va d’abord chercher un modeste job dans une supérette mais va aussi, très vite, glisser sur la voie du sexe en jouant dans des films pornos puis se prostituant, cela sous l’influence de Mitsuko. Parallèlement à des deux personnages féminins, un troisième, celui de l’inspectrice donc, mène l’enquête pour résoudre une affaire de cadavre féminin retrouvé décapité. Jusqu’à la fin du film, le spectateur hésitera sur l’identité du cadavre (est-ce Izumi ou Mitsuko ?) puisque le film fonctionne sur deux lignes narratives qui ne sont pas sur un même plan chronologique, l’histoire des deux femmes étant antérieure à la découverte du cadavre.

Dans cette version, les apparitions de l’inspectrice sont réduites au minimum syndical et n’ont d’autre but que de jouer sur un certain suspense. Le spectateur espère qu’il ne s’agit pas là du cadavre d’Izumi et suit le film avec la crainte de la voir tomber dans les mains d’un psychopathe (elle passe déjà un mauvais moment lors de sa rencontre avec le frère de Mitsuko). Finalement, on est un peu dans un mélange de whodunit classique (qui est ce corps décapité et qui a fait le coup ?) et de suspense à la Hitchcock puisque le spectateur, en ayant une longueur d’avance sur les personnages, guette à tout moment l’instant où le destin d’une des deux femmes va basculer. En soit c’est déjà pas mal mais dans un film comme Guilty of Romance qui tire sa force dans le côté « descente aux enfers » que connaissent les personnages, on se demande si cette ligne narrative n’est pas finalement dispensable. Retirez ces scènes (qui doivent représenter un petit quart d’heure), je ne suis pas sûr que le film y perdrait beaucoup.

Dans la version longue, il en va tout autrement. Pour rappel, la version courte commence avec cette scène : 

Une voiture de police arrive dans un quartier. Une inspectrice en sortira pour commencer une enquête.

Et voici celui de la version longue :

 

L’inspectrice Yoshida est d’emblée sexualisée. Elle se trouve alors dans un love hotel avec un homme (que l’on découvrira être plus tard un amant ayant une réelle emprise sur elle). C’est après qu’elle en sort précipitamment pour aller sur les lieux d’un crime et commencer son enquête. Elle n’est dès lors plus cet être fade qui aurait pu être remplacé par un petit gros à moustache façon Hercule Poirot mais une femme qui, tout le long de son enquête sur Izumi, va voir se refléter, à travers l’histoire Izumi, ses propres tourments en tant que femme.

Et c’est ici qu’intervient un argument déjà maintes fois lus et entendus : « ouais, mais bon, ça fait carrément doublon avec le perso de Megumi Kagurazaka, non ? ». Eh ben non, effectivement. Je repense ici à l’autre et à son « thématiquement il sert plus ou moins à rien ». Ben voyons. Il apporte juste une nouvelle couche de profondeur au film mais à part ça, c’est sûr, on pourrait s’en passer ! Tout l’intérêt du personnage tient justement du fait qu’il n’a rien, mais absolument rien à voir avec celui d’Izumi. D’ailleurs, si on devait rapprocher deux personnages ce serait moins Yoshida et Izumi mais Mitsuko et Izumi. Les deux femmes ont pour point commun de vivre dans une famille viciée. Mitsuko avec sa vieille sorcière de mère et son frère hystérique proxénète, Izumi avec son mari qui lui permet seulement de toucher de temps en temps son glorieux engin alors qu’il passe ses journées à le fourrer dans plein de prostituées. Dans les deux cas, le dérapage vers une recherche effrénée du sexe peut s’expliquer. C’est beaucoup moins le cas avec notre inspectrice qui nous est présentée comme une mère de famille. Et pas une famille comme celle de Mitsuko, non, une famille tout ce qu’il y a de plus normal, avec un mari gentil et une adorable fillette : 

Et pourtant, malgré cela, Kazuko cède très facilement aux sirènes du sexe. Nulle visée moralisatrice de ma part. L’adultère n’a rien non plus d’exceptionnel, c’est plus dans la manière qu’il y a quelque chose de gênant. Qu’elle reçoive un appel impromptu de son amant, elle s’isole dans sa chambre pour un peu de plaisir solitaire : 

Et si elle apprend qu’il se trouve dans sa caisse, juste en face de chez elle, elle succombera aussitôt à son ordre d’y aller le rejoindre en prétextant, sous les yeux de sa fille, d’aller sortir les ordures :

 

Que son mari reçoive un vieil ami à la maison pour siroter une bonne bière, celui-ci en profite, dès que monsieur à le dos tourné, pour faire du gringue à Yoshida en lui rappelant la fois où ils l’avaient fait ici même, sur la table à manger.

 

Yoshida n’a aucune excuse, sa vie est un modèle d’équilibre et pourtant c’est plus fort qu’elle. Le personnage d’Izumi avait de quoi être frustré. Pour Yoshida, même s’il n’y a aucune scène d’intimité où on la voit avec son mari, on suppose que la relation conjugale est à l’image de sa vie familiale : dans la normalité. Et pourtant, malgré cela, cette femme, encore une fois la plus normale, la plus ordinaire des trois, ne résiste pas à ses pulsions et va jusqu’à se masturber un jour, sur les lieux du crime, à la place où se trouvait le cadavre et ce malgré les importantes fuites de toiture !

 

Le spectateur ne se demande dès lors plus tant, comme dans la version courte, pourquoi certaines femmes en viennent à se prostituer, mais plutôt pourquoi toutes les femmes sont finalement des pantins plus ou moins déréglés en proie à des fureurs utérines. « Tota mulier in utero » écrivait Hippocrate (toute la femme est dans l’utérus), et le XVIIIème siècle reprendra cet adage pour faire de la femme un être hystérique, un corps malade dont le centre est l’utérus. Cette généralisation, le spectateur la ressent lors de cette scène :

 

Dans une rame de métro, Yoshida regarde des voisines. A quoi pensent-elles ? Qu’écrit la lycéennes sur son keitai ? Quel est l’envers du décor pour ces femmes ? Le même que pour Yoshida sans doute, avec un utérus en petit maître de leur existence. On n’est pas totalement sûr de la portée de la scène car après tout, les plans subjectifs qui nous font partager la vue de l’inspectrice peuvent donner à penser que ces questions sont les siennes et pas celles suggérées par l’auteur. Et pourtant, quelques scènes plus tard, Yoshida tombe sur cette femme :

 

Elle se suicide car elle ne supporte plus sa vie faite de multiples liaisons adultérines alors qu’elle adore son mari. Dans un dernier souffle elle demande à Yoshida de casser son keitai pour que son compagnon ne connaisse pas la douleur de découvrir les traces de ses tromperies. Oui, dur dur d’être une femme dans cette version.

On le voit, cette version longue est moins une resucée répétitive de la courte qu’une représentation des femmes que l’on pourrait qualifier de « féminimement incorrecte ». On a pu dire qui Guilty of Romance présentait de magnifiques portraits de femmes, ce qui est vrai. Mais à travers la version longue, c’est plus un portrait de la femme en général que l’on pourrait évoquer et celui-ci n’a rien de reluisant. Et jusqu’au bout puisque le film s’achève sur un magnifique générique dans lequel on voit Yoshida, vue juste avant dans une scène de petit déjeuner avec son mari et où elle ignore pour la première fois un appel de son amant, donnant ainsi l’impression d’être guérie, magnifique générique donc où on la voit courir après le camion des éboueurs pour y déposer deux sacs d’ordures : 

La course dure plusieurs minutes et devient très vite absurde. Mais Yoshida, en nage, tient bon, comme soucieuse de redevenir une mère modèle qui s’occupe de la vie ménégère du foyer pour de vrai et pas en faisant semblant pour rejoindre son amant dans sa voiture. Malheureusement, elle ne parviendra pas à rejoindre le camion. Elle s’arrêtera, essoufflée, et ce qu’elle découvrira alors ne donnera aucune illusion au spectateur quant à ce que va devenir sa vie… 

Pour finir j’évoquerai la belle phrase du petit Stan dans l’épisode de South Park cité plus haut : « Ça craint que ces connards de metteurs en scène n’arrêtent pas de changer leurs films et les rendent différents ». C’est souvent vrai. Mais dans le cas de Guilty, ce n’est finalement pas si craignos. On a deux versions et pour le coup deux films passablement différents l’un de l’autre. A vous de voir laquelle de ces deux odyssées du cul (ou plutôt de l’utérus) vous conviendra le mieux. Mais si comme moi vous aimez le Sono foisonnant qui vous fait vivre une expérience des sens jusqu’à la toute dernière minute, peut-être que la version longue mérite davantage le coup d’œil…

 

La version longue est justement visible en bonus dans l’édition DVD chez Zylo. Très bonne iniative en attendant, on l’espère, une édition Blu-ray qui présenterait les deux versions en seamless branching. 

Du même tonneau (ou presque) :

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10 Commentaires

  1. Le p’tit Stan n’avait pas tord. Et au sujet de « Guilty », tu places tes arguments sur les deux versions, arguments qui ont le mérite d’être entendu.
    Perso’, tu m’interpelles. Tu m’interpelles parce qu’ayant vu les deux versions, il me semblait que la plus courte était plus « légitime » (terme qui n’est sans doute pas le plus approprié pour les départager). Disons que dans la longue, je n’ai pas plus accroché que ça à ce personnage de fliquette. Du coup, j’avais fait mon choix en ayant à l’esprit que la courte allait à l’essentiel. Mais maintenant… en ayant un peu de recul… et avec ce que tu mets en avant… ça laisse songeur. Elles ont peut-être besoin de coexister l’une et l’autre, un peu comme si l’on assistait à un monde parallèle.

    Sinon, c’est sympa que tu reviennes à travers ce Sion Sono sur ces auteurs, qui eux reviennent sur leurs œuvres. C’est sujet à débat tout ça. Mais je peux comprendre aussi qu’une œuvre puisse évoluer, muter, et qu’elle ne soit pas arrêtée. Une façon pour elle de continuer à vivre.

  2. « Mais je peux comprendre aussi qu’une œuvre puisse évoluer, muter, et qu’elle ne soit pas arrêtée. Une façon pour elle de continuer à vivre. »

    C’est quelque chose que j’accepte bien volontiers. Après, la seule chose que j’accepte moins voire pas du tout, c’est lorsqu’il s’agit d’un pur impératif technique (et économique) pour remettre un film au goût du jour (version colorisée, effets spéciaux améliorés, etc.) parce qu’on imagine le public incapable d’apprécier un film en N&B ou avec des effets spéciaux faits à l’ancienne. Ce qui est parfaitement débile : je viens de revoir le Magicien d’Oz avec Olrik Jr, eh bien je peux te dire que plus de 60 ans après sa sortie, le film n’a pas vraiment besoin d’un check up numérique pour fasciner un gamin de sept ans. C’est sans doute ce qu’a compris après coup Spielberg en ressortant uniquement la version de 1982 d’E.T., celle avec la bonne vieille marionnette animatronic. Et ce que n’a pas compris Mamoru Oshii avec le dernier massacre en date : la version 2.0 de Ghost in the Shell. Là, pour le coup, Oshii mérite vraiment d’être qualifié de « connard de metteur en scène ».

  3. Il lui a fait quoi à Ghost in the Shell ?

  4. Il a remodelé certaines scènes en images de synthèse. L’esthétique se rapproche plus de GITS : Innoncence que du tout premier. On peut préférer mais franchement, le gain n’est vraiment pas substantiel et si tu as aimé les teintes bleutées de la première version, eh bien apprête-toi à chialer.

  5. Oups. Mise à jour inutile, comme toutes les mises à jour. En autant qu’il ne colle jamais de 3D dans Jin-Roh…

  6. Oshii avait juste scénarisé Jin-Roh donc ça va, on peut être rassurés. Manquerait plus qu’il salope le beau travail d’Okiura !

  7. Tiens en voyant le film je me disait que c’était dommage qu’on n’en sache pas plus sur ce personnage de fliquette. La version longue pourrait donc peut-être me plaire, mais il y a aussi un risque que ça apparaise redondant un peu. Ou pas. Cool d’avoir chroniqué aussi cette version, ça met les choses en perspective (et tant pis pour les spoilers, après avoir vu le film la semaine dernière j’ai lu les deux articles dans la foulée).

  8. Quand on voit une version longue il y a toujours la crainte de perdre son temps. Bon, tu as lu l’article mais j’insiste : pas ici. Je n’imagine pas le revoir dans une autre version que la longue.

  9. Attention quand même à ne pas taxer sono Sion de misogyne de bas étage : ce n’est pas tant un portait de la femme qu’il veut peindre, mais un portrait de la femme dans la société japonaise moderne. Tous les tares du pays y sont : sentiments refoulés, parce que le paraître est particulièrement important chez eux, et cette violence larvée est sans doute la raison pour laquelle le pays a le taux de suicide le plus élevé du monde. Ensuite, les femmes qui s’ennuient dans une vie trop « robotique », trop normale justement, et qui pour cette raison, s’engagent dans des relations adultères ou font carrément les prostituées (phénomène très réel et dont on parle depuis moins longtemps en asie que chez nous).

    C’est bien là que le parallèle avec la fliquette est pas mal : Izumi est complètement étouffée dans sa vie « japon idéal », mais la fliquette, qui elle semble avoir une vie plus normale, s’ennuie aussi, mais pas pour les mêmes raisons. C’est plus une façon de dénoncer les tares de la place des femmes dans la société japonaise, sans émettre de lueur d’espoir puisque même les femmes qui ont une vie plus normale risquent de sombrer.

  10. Houlà ! Merci pour ce commentaire mais un peu difficile d’y répondre quelques mois après l’écriture de l’article. Je vais essayer quand même :

    « ce n’est pas tant un portait de la femme qu’il veut peindre, mais un portrait de la femme dans la société japonaise moderne. »

    Cette phrase, il me semble, vaut plus pour la version internationale, avec la prépondérance du personnage de la femme au foyer, que la version japonaise dans laquelle la femme flic ajoute un curieux contrepoint. On l’a dit, elle est dans une famille normale, équilibrée, et d’une certaine manière a réussi professionnellement parlant puisqu’elle est inspectrice. Bref, aucune excuse a priori que ça dérape pour elle.
    Et d’un autre côté elle est d’emblée montrée comme un objet sexualisé. Dans la version courte, elle apparaît pour la première fois en tant qu’inspectrice, dans la longue on la voit d’abord nue sous la douche en train de se faire sauter. Ce n’st pas comme si elle supportait mal la pression, les « tares » de la société et se mettait à déraper. Dans cette version le ver semble être d’emblée dans le fruit. Il y a sans doute des pressions pour les femmes, mais j’ai parfois eu l’impression que la femme apparaît souvent (mais pas toujours) dans la filmo de Sono comme un réceptacle très propice (conciliant) à transformer ces pressions en déviances de tout poils.

    Après, de là à dire que Sono est misogyne. Ce serait le cas si les personnages masculins étaient vierges de tout reproche mais il faut reconnaître qu’ils sont bien souvent plus gratinés que les femmes. Et est-ce que c’est parce qu’ils les exaspèrent avec leurs perversions que cela amène ces dernières à disjoncter ? Pas si sûr, le rapport de force entre les deux sexes me paraît très fluctuant chez Sono.

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