Le Poids du bitume
Pour ceux que le charme des jambes tordues laisse de marbre : celui d’une obasan toute rabougrie, le visage parcheminé répondant aux crevasses de l’asphalte, comme si les nombreuses années passées à la ville lui avait tanné et buriné la couenne.
Elles sont là, parfois attendant un bus, souvent marchant dans la douleur. Je me suis souvent fait la réflexion qu’il y avait là un courage que je n’avais jamais remarqué chez leurs homologues françaises. Tantôt caméléons aux abords des arrêts de bus, tantôt crabes sur le bitume, la dernière métamorphose de ces anciennes reines aux jambes convexes est moins altière mais tout aussi fascinante.




Sympa la photo et elle fait effectivement un presque écho de ce qui attend dans le futur la nénette aux gambettes dans le billet antérieur.
Là, où je la trouve intéressante c’est vraiment dans ce sentiment d’attraction du sol (la terre) sur le corps (et vice et versa) de cette mémé qui semble morfler (sans non plus le montrer, une espèce de sérénité empreinte d’un certain fatalisme émanne d’elle).
Plus on a la regarde (la photo) et plus on a le sentiment de la voir (la mémé) se rabougrir lentement… lentiment… mais surtout inéxorablement. Elle me ferait presque penser à ces masses humaines atteintent d’un « mal » qui s’écrasent comme des pierres sur le sol dans le film de Sogo Ishii : August in the Water.