Bijin de la semaine (18) : Agnes Lum

Plus que quelques jours avant la fin des vacances et la reprise du boulot. Comme chaque année arrivé à cette période, affres il y a et je compatis pour ma femme qui doit subir la journée durant moult soupirs et autres gémissements que je ne contiens qu’à grand peine (en fait que je ne contiens pas du tout).

Heureusement, il y a ce blog pour m’aider à surmonter ce mauvais moment. Plus précisément, cette rubrique bijin. Si les séances à la plage et à la piscine avec Junior sont finies (j’aime pas aller à la piscine en dehors de l’été), l’article d’aujourd’hui va m’offrir des médicaments radicaux face au blues post summer beach.

Ces médicament, ce sont des bikinis. Mais pas n’importe lesquels : des bikinis admirablement portés par la non moins admirable Agnès Lum :

Gasp !

Évidemment le nom ne fait pas trop japonais. C’est normal, la belle ne l’est pas, japonaise. Née en 1956 à Honolulu d’une père chinois et d’une mère avec des origines hawaïennes, Agnès a très tôt posé comme modèle en parallèle à ses études. Sa jolie plastique lui valut d’ailleurs le titre de Miss Hawaï USA, titre qui lui fut retiré du fait de son jeune âge. Mais qu’importe, c’est en 1975 que la gloire arrive, et pour de vrai cette fois-ci puisqu’elle devient la première « Clarion Girl » ! Là, vous vous demandez peut-être ce que c’est qu’une Clarion Girl et c’est bien normal, rassurez-vous : Clarion est une marque japonaise d’équipement audio pour les voitures. Et c’est à partir de 1975 que cette marque décida de commencer chaque année des campagnes publicitaires portées par une séduisante ambassadrice. Rien de bien méchant donc, mais ceci eut pour résultat, en plus de booster les ventes de cette marque apparemment remplie de bonnes idées, de faire connaître Agnès auprès du public japonais. Et là, il est juste de dire que le mâle japonais ne s’en est jamais remis.

Tu m’étonnes John !

Au delà des calendriers, posters et couvertures de magazines sur lesquelles Agnès exposait ses formes, c’est surtout l’alchimie parfaite enntre ces dernières et les bikinis qu’elle portait qui sut vivement toucher au cœur les Japonais. Et quand en plus cela s’accompagnait d’un je ne sais quoi d’exotique liée aux origines métisses de la naïade, c’en était trop ! Nombre de salary men furent subitement pris de passion pour les bikinis et bassinèrent, supplièrent leurs femmes d’en porter pour les prochaines sorties familiales à la piscine ou à la plage… tandis que les ados regardaient béatement  le poster  dans leur chambre, le regard aussi perdu que leur paluche dans le pantalon.

Ah oui ? Voyez-vous ça !

Il n’est donc pas totalement exagéré de dire que l’engouement pour les photobooks remplis de pin up en bikini est en partie dû au charisme et au succès d’Agnès Lum durant la fin des 70’s et le début des 80’s, période durant laquelle elle vécut évidemment au Japon.

Autre chose : les mots « bikini » et « Lum », si vous êtes un peu calé en manga, ne sont sans doute pas sans vous évoquer quelque chose. Réfléchissez bien, vous y êtes ?

Bingo ! Urusei Yatsura !

Eh oui ! Il y a un rapport entre les deux puisque lorsque Rumiko Takahashi cherchait un nom pour son nouveau personnage d’extraterreste en bikini, elle décida de l’appeler Lum.

Dans cette culture populaire japonaise seventies, cela n’allait d’ailleurs pas sans mal car lorsque l’on parlait de Lum, de qui s’agissait-il ? de l’extraterrestre ou de miss 90-85-92 ? Et comme cela ne suffisait pas, il existait alors une autre idole qui s’appelait Agnes chan, quel bordel !

Allons mon chou, calme-toi, c’est mauvais pour ta tension. Aide-moi plutôt à attacher mon maillot, ça m’agace!

Afin d’éviter les confusions, on surnomma notre bijin « Lum chan » (lorsqu’on ne l’appelait pas tout simplement par son prénom).

En revanche, pour ce qui est du port du bikini, là pas de risque de les confondre !

En parallèle à sa carrière de gravure idol, Lum chan a poussé la chansonnette avec notamment un premier single, Ame-agari no Dauntaun, qui lui valut de passer à la NHK en 1976 lors du sacro saint Kohaku Uta Gassen (émission de variétés de fin d’année passant sur la NHK et dans laquelle une équipe rouge (composées de chanteuses) affronte une équipe blanches (les artistes masculins)).

Elle quitte le Japon en 1984 pour retourner à Hawai. Elle reviendra 20 ans plus tard pour tourner une pub dans laquelle apparaissent ses deux fils jumeaux :

Fin anecdotique mais qu’importe! pour beaucoup de mâles maintenant quinquagénaires, Agnès reste LA bikini Idol. D’ailleurs c’est bien simple : aucune autre bikini idol ne l’a surpassée en popularité. Gageons que certains de ces hommes nostalgiques de leurs vertes années ont sur un coin de leur bureau cette splendide figurine :

 

 

 

 

Du même tonneau (ou presque) :

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20 Commentaires

  1. Aloha !

    et en passant, bravo pour ce blog, qui nourrit mon appétit sans fin pour le Japon, tout en faisant sauter mes boutons de braguette. Un savant mélange.

    Chapeau l’artiste.

  2. Quelqu’un qui a un appétit sans fin et qui s’appelle Bouffe-tout! Ça ferait presque peur, heureusement que j’ai encore plein d’articles en conserves dans mon cellier pour alimenter la bête, sans cela je serais mal!
    Sois le bienvenu (et merci)

  3. Je pense que cet appétit sera satisfait quand j’y remettrai le nez. Deux courts séjours à Kyushu en charmante compagnie m’ont définitivement donné le virus et je ne m’en plains pas. Je me reconnais bien quand tu parles de la photographie au Japon. Les curiosités sont légions, un terrain de chasse idéal. De ces villes tentaculaires mais proprettes et colorées comme un village playmobil aux gens des campagnes qui te dévisagent, amusés, comme si tu venais d’une autre planète. Je crois que Depardon disait que les premiers jours au Japon, sans repère, il photographiait à en perdre haleine et retournait rapidement s’enfermer à l’hôtel pour accuser le coup.

  4. C’est bien possible qu’il ait dit cela, cette interview va en tout cas dans ce sens :
    http://www.revue-medias.com/Le-Tokyo-de-Raymond-Depardon,248.html
    Entretien très intéressant, notamment dans la parallèle avec New York.
    Après, lorsqu’il dit qu’après 5 jours à Tokyo tout paraît normal, je ne sais pas, je trouve que Tokyo est une ville qui résiste assez bien à cet affadissement de la réalité qui est inéluctable.

    Au fait, dans quel(s) coin(s) tu es allé à Kyushu (si ce n’est pas indiscret) ?

  5. Chris Marker a publié quelques photos du Japon (accompagnés d’un texte ô combien formidable) sous le titre on-ne-peut-plus simple et éloquent « Le Dépays ». Encore un livre que je rêve de posséder.

    Pour le petit circuit, de Fukuoka, je suis allé à Nagasaki, Beppu, Aso, Kumamoto, Kagoshima et Kirishima.
    J’ai un faible pour Kirishima, je me suis trompé de volcan à escalader, mais c’était magnifique quand même…Au sommet étrange, brume serpentant les flans du cratère, noyé sous un lac miroir. Et une vue très japonaise qui file droit sur Sakurajima. J’habiterais bien dans le coin quelques temps….

    Incontournable Aso, impressionnant en été, tout de duvet vert vêtu, et son cratère rempli d’acides bouillonnants. C’est beau, majestueux et dangereux.

    Et j’ai bien aimé déambuler à Nagasaki, surtout la nuit dans le vieux quartier pavé reconstruit. Je suis arrivé pendant la fête traditionnelle des morts. Belles rencontres, notamment avec un chansonnier local, qui tient un bar planqué dans le vieux quartier. Takeaki Umezawa. Si tu y vas, il t’offrira un cd à lui. Enfin pas de lui. Un « tribute to » à sa personne. Rien que ça.

    • Je connaissais Sans Soleil mais absolument pas ce livre. Et après une rapide recherche, il m’a l’air d’être ma foi assez indispensable. À défaut de l’avoir sous la main, cela me fait penser qu’il faudrait que je fasse un papier sur Tokyo Days.

      Avis aux lecteurs donc : si vous tombez sur cette couverture dans une brocante, foncez car il n’est plus édité :

      Premières pages ici .

      Pour ton périple à Kyushu, il donne des pistes intéressantes pour un futur séjour puisque ce coin du Japon est un peu ma base. J’étais déjà allé à Nagasaki et j’avais été un peu déçu, mais ce que tu racontes sur l’ambiance nocturne me donne envie de retenter l’expérience.
      Pour Kagoshima, je ne connais que l’impressionnante statue de Saigo Takomori à côté de l’aéroport. Selon ma femme, il n’y a pas forcément grand chose à voir dans cette ville. Quant à Kirishima, à part le fait que c’est la marque de shochu préférée de mon beau-père, je ne sais rien de cette ville. Et là aussi, ce que tu en dis est intrigant. Pour Beppu, tu as dû faire j’imagine le fameux onsen des enfers…

      Tu as dû remarquer sinon que Kyushu n’est pas la région du Japon la plus envahie par les touristes. Évidemment moins animé et électrique que Honshu mais, un peu comme toi, j’y habiterais bien quelque temps…

  6. Sympa la bikini girl, je ne connaissais pas. Jolie avec de sacré attributs. Y a pas à dire : le métissage, ça a du bon ! 😉

  7. Indispensable en effet ! Il est disponible à l’emprunt à la BM de Lyon. J’imagine qu’il l’est aussi à la BN.

    Du même auteur, tu apprécieras sans doute Le Mystère Koumiko, film réalisé pendant les jeux olympiques de Tokyo de 1964. Où les yeux en amandes et les interrogations d’une jeune japonaise suscitent plus d’intérêt pour le documentariste que les pugilats des athlètes….

    J’ai cru comprendre que ta ville d’adoption est Miyasaki. Par très loin de la région de Kirishima, qui n’est autre qu’un parc naturel parsemé de volcans, plus où moins endormis. Si ton beau-père est amateur de ballades, il connaît sûrement bien ce petit coin de paradis. Quant à Kagoshima, ce sont plutôt les bars à hôtesses qui animent la ville. Très difficile de trouver un bar normal là-bas, c’est dire… Le seul intérêt à mes yeux est la proximité tout à fait déraisonnable du très actif volcan Sakurajima.
    A Beppu, je me suis copieusement lavé la couenne dans un onsen la classe. Ça vaut le détour.

    Au plaisir de te lire sur Tokyo Days. Kesako ?

    • Je connais le Mystère Koumiko seulement de nom. À défaut du Depays, j’ai au moins une version numérique de ses Commentaires dans lequel il évoque ce film. Tokyo Days est un de ses courts-métrages. Il a pour particularité de mettre en scène…. Arielle Dombasle. Oui, présenté comme cela, ça ne fait pas trop envie mais enfin, si tu as aimé les séquences japonaises dans Sans Soleil, tu dois pouvoir apprécier ce film.

      Je connais un poil la région de Kirishima puisque la seule fois où j’ai eu l’occasion d’aller dans un onsen, c’était dans cette région. L’onsen était perché sur une montagne, au milieu de vapeurs qui s’échappaient de la terre. Un excellent souvenir.
      Pour mon beau-père, amateur de promenades en moto, je ne doute pas qu’il y soit allé plein de fois avec ses amis bikers, faudra que je lui demande.

      Ah! qu’il est doux de parler de Kyushu avec quelqu’un qui connait cette région! 🙂

  8. En redescendant de Kirishima, je suis passé devant un onsen à flan de montagne, au milieu de nulle part. Deux lanternes rouges éclairaient deux ofuro extérieurs sur une terrasse en hauteur. Pas besoin de se mettre sur la pointe des pieds pour apercevoir furtivement deux poitrines dans la pénombre. Surement la mère et la fille. Et le père pas loin j’imagine, le concombre à l’air.
    Bref, il se faisait tard, et ayant besoin de trouver un hôtel pour la nuit, on n’a pas pu s’y arrêter. Mais le cadre était splendide.

    Une belle région, et tu as raison, assez épargnée par le tourisme de masse. Aux dernières nouvelles, le shinkansen s’arrêtait à Fukuoka.

    Fukuoka, au sigle aéroportuaire si engageant.

  9. Quelle belle anecdote!
    Mais j’en ai une autre : alors que je me trouvais dans le hall du onsen mentionné, une femme s’est rendue à la réception pour se plaindre qu’elle avait vu pas loin de son bassin (situé en plein air) un type louche avec un appareil photo.
    Je jure que ce n’était pas moi !

    Pour le shinkansen, le terminus à Fukuoka vit ses derniers instants puisque c’est en 2011 que la ligne va poursuivre sa route jusqu’à Yatsushiro. Pas moyen d’avoir la paix!

    Quant au sigle aéroportuaire « engageant » euh… là, franchement, je ne vois pas. Un indice ?

  10. Je ne suis pas resté longtemps en face du onsen, juste le temps de prendre une photo. Tu diras à cette femme que malheureusement, on ne voit que ça tête, et dans le noir en plus !

    Encore lui… tu connais peut-être le livre Coréennes de Chris Marker. Des photos de nus dans un onsen… ou de l’Utilité d’avoir une carte de presse.

    Pour le sigle aéroportuaire, type CDG pour Paris, en l’occurrence, les trois premières lettres de Fukuoka.

  11. 😀

    Le fait est que ce petit incident a eu lieu en soirée, alors que le soleil était déjà couché.

    Je n’aurais jamais deviné que Coréennes traitait (en partie je suppose) de onsen. Malheureusement, et peut-être encore plus que pour Dépays, le bouquin a l’air d’être introuvable (ou hors de prix).

    FUK… houlà! je devais être fatigué hier, moi !

  12. Ma foi, nous nous sommes peut-être croisé alors. C’est fin août 2007 que j’ai commis ce larcin. Mais je ne dois pas être le seul. Ces foutus pervers de touristes pullulent en Asie.

    Pour Coréennes, ce n’est peut-être pas du onsen, mais ca y ressemble. Ces clichés indiscrets sont sur le CD-ROM « Immemory », disponible en médiathèque uniquement. C’est comme ça que j’ai pu les voir.

    J’aurais peut-être dû dire Code aéroport pour éviter le bide.

  13. C’était quelqu’un d’autre, l’été 2007 je glandais en France.

    « Disponible en médiathèque », ouais enfin, dans les « grandes » médiathèques j’imagine. Cela dit, je suis un peu plus confiant que pour Depays, ça me semble une pépite bien moins rare.

    « J’aurais peut-être dû dire Code aéroport pour éviter le bide. »
    Surtout pas, ça aurait été pire! Là, tel que je me connais, c’était la prise de tête voire le claquage de méninges assurés! 🙂

  14. Je n’arrive même plus à lire Immemory sur ma bécane. Et mon vieux Mac 9 a rendu l’âme…

    Pauvre Agnès Lum, tout ceci est hors-sujet. Ceci dit, elle sera peut-être d’accord : « La photo, c’est la chasse, c’est l’instinct de chasse sans l’envie de tuer, c’est la chasse des anges. On traque, on vise, on tire – et clac ! – au lieu d’un mort, on fait un éternel. »

    C’est pas tout… bientôt la rentrée… Suntory time !

  15. Effectivement, je n’aurais pas cru qu’un article sur Agnès Lum allait autant bifurquer sur Chris Marker. Mais pas grave, les bijins ayant fait de leur beauté leur fond de commerce savent bien ce qu’elles doivent aux photographes.

    Magnifique citation de Marker qui résume merveilleusement la photographie de rue. Va vraiment falloir que je dégotte ce Immemory.

  16. Là où il y a du Urusei Yatsura, je souscris pleinement…

    D’ailleurs, je n’étais pas au fait de cette histoire sur le nom de Lum, en même temps, Rumiko, Naoko, tu les connais toutes à fond…

    Ton blog est toujours plaisant à lire sur le chemin du travail (surtout que je suis en congés la semaine prochaine, don’t worry, j’aurais une pensée pour toi)…

    • Alors ça par exemple! Je jette par hasard un coup d’œil à la section « commentaires indésirables » et je tombe sur ce message! À croire que tu es connu comme le loup blanc par WordPress! Bizarre tout de même…

      Merci pour ce commentaire donc, tu es bien bon, même si je pressens que le mois de septembre risque d’être moins glorieux, reprise du travail oblige, ça va être dur de poster des trucs un peu consistants pour ce blog ou DC .
      Au fait, pas d’articles en vue pour DC ?

  17. Ping :Bijin de la semaine (19) : Midori Kinouchi « Bulles de Japon

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