Plus que quelques jours avant la fin des vacances et la reprise du boulot. Comme chaque année arrivé à cette période, affres il y a et je compatis pour ma femme qui doit subir la journée durant moult soupirs et autres gémissements que je ne contiens qu’à grand peine (en fait que je ne contiens pas du tout).

Heureusement, il y a ce blog pour m’aider à surmonter ce mauvais moment. Plus précisément, cette rubrique bijin. Si les séances à la plage et à la piscine avec Junior sont finies (j’aime pas aller à la piscine en dehors de l’été), l’article d’aujourd’hui va m’offrir des médicaments radicaux face au blues post summer beach.

Ces médicament, ce sont des bikinis. Mais pas n’importe lesquels : des bikinis admirablement portés par la non moins admirable Agnès Lum :

Gasp !

Évidemment le nom ne fait pas trop japonais. C’est normal, la belle ne l’est pas, japonaise. Née en 1956 à Honolulu d’une père chinois et d’une mère avec des origines hawaïennes, Agnès a très tôt posé comme modèle en parallèle à ses études. Sa jolie plastique lui valut d’ailleurs le titre de Miss Hawaï USA, titre qui lui fut retiré du fait de son jeune âge. Mais qu’importe, c’est en 1975 que la gloire arrive, et pour de vrai cette fois-ci puisqu’elle devient la première « Clarion Girl » ! Là, vous vous demandez peut-être ce que c’est qu’une Clarion Girl et c’est bien normal, rassurez-vous : Clarion est une marque japonaise d’équipement audio pour les voitures. Et c’est à partir de 1975 que cette marque décida de commencer chaque année des campagnes publicitaires portées par une séduisante ambassadrice. Rien de bien méchant donc, mais ceci eut pour résultat, en plus de booster les ventes de cette marque apparemment remplie de bonnes idées, de faire connaître Agnès auprès du public japonais. Et là, il est juste de dire que le mâle japonais ne s’en est jamais remis.

Tu m’étonnes John !

Au delà des calendriers, posters et couvertures de magazines sur lesquelles Agnès exposait ses formes, c’est surtout l’alchimie parfaite enntre ces dernières et les bikinis qu’elle portait qui sut vivement toucher au cœur les Japonais. Et quand en plus cela s’accompagnait d’un je ne sais quoi d’exotique liée aux origines métisses de la naïade, c’en était trop ! Nombre de salary men furent subitement pris de passion pour les bikinis et bassinèrent, supplièrent leurs femmes d’en porter pour les prochaines sorties familiales à la piscine ou à la plage… tandis que les ados regardaient béatement  le poster  dans leur chambre, le regard aussi perdu que leur paluche dans le pantalon.

Ah oui ? Voyez-vous ça !

Il n’est donc pas totalement exagéré de dire que l’engouement pour les photobooks remplis de pin up en bikini est en partie dû au charisme et au succès d’Agnès Lum durant la fin des 70’s et le début des 80′s, période durant laquelle elle vécut évidemment au Japon.

Autre chose : les mots « bikini » et « Lum », si vous êtes un peu calé en manga, ne sont sans doute pas sans vous évoquer quelque chose. Réfléchissez bien, vous y êtes ?

Bingo ! Urusei Yatsura !

Eh oui ! Il y a un rapport entre les deux puisque lorsque Rumiko Takahashi cherchait un nom pour son nouveau personnage d’extraterreste en bikini, elle décida de l’appeler Lum.

Dans cette culture populaire japonaise seventies, cela n’allait d’ailleurs pas sans mal car lorsque l’on parlait de Lum, de qui s’agissait-il ? de l’extraterrestre ou de miss 90-85-92 ? Et comme cela ne suffisait pas, il existait alors une autre idole qui s’appelait Agnes chan, quel bordel !

Allons mon chou, calme-toi, c’est mauvais pour ta tension. Aide-moi plutôt à attacher mon maillot, ça m’agace!

Afin d’éviter les confusions, on surnomma notre bijin « Lum chan » (lorsqu’on ne l’appelait pas tout simplement par son prénom).

En revanche, pour ce qui est du port du bikini, là pas de risque de les confondre !

En parallèle à sa carrière de gravure idol, Lum chan a poussé la chansonnette avec notamment un premier single, Ame-agari no Dauntaun, qui lui valut de passer à la NHK en 1976 lors du sacro saint Kohaku Uta Gassen (émission de variétés de fin d’année passant sur la NHK et dans laquelle une équipe rouge (composées de chanteuses) affronte une équipe blanches (les artistes masculins)).

Elle quitte le Japon en 1984 pour retourner à Hawai. Elle reviendra 20 ans plus tard pour tourner une pub dans laquelle apparaissent ses deux fils jumeaux :

Fin anecdotique mais qu’importe! pour beaucoup de mâles maintenant quinquagénaires, Agnès reste LA bikini Idol. D’ailleurs c’est bien simple : aucune autre bikini idol ne l’a surpassée en popularité. Gageons que certains de ces hommes nostalgiques de leurs vertes années ont sur un coin de leur bureau cette splendide figurine :

Du même tonneau (ou presque) :