Tora-san 49
C’est dur d’être un homme : Retour à Okinawa (Otoko wa tsurai yo: Torajirō haibisukasu no hana tokubetsuhen)
Yôji Yamada – 1997
Le travail de deuil continue en 1997 pour Yamada avec la sortie d’un épisode spécial de Tora-san. Le but était à la fois d’essayer de faire découvrir Tora aux jeunes génération et de ressortir un épisode avec un meilleur rendu sonore. Après beaucoup d’hésitations, Yamada a porté son dévolu sur Tora-san 25, l’un des meilleurs épisodes de la saga, celui où Tora se rend à Okinawa pour veiller sur sa grande amie Lily. Et comme il s’agit tout de même de l’enrober d’un peu de nouveauté, il utilise Mitsuo comme narrateur encadrant l’épisode. On revoir donc Hidetaka Yoshioka dans le rôle. Lui aussi, comme son oncle, parcourt le pays en train pour vendre de la marchandise. Différence, il est un salary man et travaille pour le compte de son entreprise. On n’aura aucune indication sur sa vie intime, on ne saura pas s’il est en couple avec Izumi. C’est en tout cas le Mitsuo mélancolique auquel on a affaire, Mitsuo qui se languit de son oncle, qui aimerait bien le retrouver et qui – point important – se demande bien ce qu’il est en train de faire. Autrement dit, Tora ne serait donc pas mort (à moins que Mitsuo évoque un « après la vie » quand il se demande ce que son oncle fait).
On le voit, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Et quand arrive, après la fin de la restitution de l’épisode 25, la scène conclusive avec Mitsuo revenant à Shibamata, difficile de ressentir le frisson que le montage et la musique aimeraient nous faire éprouver. Et je parle de frisson, quelle drôle d’idée a eue Yamada en confiant la chanson du générique à Aki Yashiro plutôt que d’offrir la possibilité d’entendre de nouveau la voix d’Atsumi. C’est ce qu’il avait fait à la fin de The Rainbow Seeker et, franchement, c’était un joli moment d’émotion. Là, sans aller jusqu’à dire que la chanteuse chante mal, ça fait hors de propos.
Bref, si l’on peut comprendre la sortie de cet opus 49, il a tout du gadget dispensable. The Rainbow Seeker était finalement plus pertinent dans sa manière de restituer un « esprit Tora-san », et je gage qu’il en ira de même concernant certains films post Tora-san (c’était déjà le cas pour nombre de films se situant avant la saga). Et puis, on a aussi l’impression d’une ultime tentative mercantile de la part de la Shochiku pour s’accrocher à sa poule aux œufs d’or. Détail crispant à la fin : Mitsuo qui dit qu’il ne va pas tout nous dire d’un coup, qu’il va en garder pour une autre fois, manière de sous-entendre qu’il pourrait y avoir d’autres ressorties avec Mitsuo en mémorialiste. On peut être certain que ça aurait été le cas si le film avait eu du succès. Heureusement, il en est allé autrement, les épisodes de Tora-san n’ont pas besoin d’être découverts par le truchement de tels bidouillages.
9/10 (note qui ne prend en compte que l’épisode 25)














