Tora goes to Miyazaki !

Tora-san 45
C’est dur d’être un homme : C’est dur d’être Tora-san (Otoko wa tsurai yo: Torajirō no seishun)
Yôji Yamada – 1992

Suite de la liaison Mitsuo / Izumi. De quoi devenir franchement lassant, mais pour le coup, la pillule est nettement mieux passée. Ça commençait pourtant fort mal, avec Mitsuo qui, dans sa chambre, croyait bon de décorer un mur avec…

Un putain de portrait de Luc Besson !

De quoi sortir violemment du film et d’appuyer recta sur la touche « STOP » de la télécommande. Heureusement, l’épisode s’avère très plaisant – en dépit d’un Kiyoshi Atsumi toujours en veille (1), tenez, comme Djokovic face à Alcaraz dans les deuxième et troisième sets de la confrontation du jour. Plusieurs raisons à cela.

D’abord, une madone réussie en la personne de Choko, coiffeuse-barbière jouée par une excellente Jun Fubuki. Il n’y a pas de secret, un bon épisode de Tora-san passe souvent par une excellente madone, et c’est plutôt le cas ici, à tel point que j’aurais apprécié davantage de scènes entre les deux personnages.

L’autre raison est le choix géographique concernant l’escapade amoureuse, choix qui me fait chaud au cœur, puisque pour cet épisode, Yamada a décidé de se rendre à Kyushu, plus précisément dans la préfecture de Miyazaki. Joie de voir des plans de l’aéroport de Miyazaki, de voir lors du générique l’île d’Aoshima, mais aussi le château d’Obi ou encore ce restaurant reconnaissable (dans lequel j’ai mangé deux fois) situé sur la route 377 face à l’océan, au sud de Miyazaki. Plaisir aussi de voir des endroits que je connais pas, mais que je me promettrai de découvrir lors du prochain séjour. Mais même sans cette proximité avec la région, le plaisir aurait été là je pense, tant la saga profite bien des couleurs vives d’un lieu ensoleillé.

Enfin, il y a l’ultime apparition de Ryû Chishû. C’est son dernier film, et quand je dis dernier ça ne concerne pas uniquement la saga. Il s’éteindra trois mois plus tard, à 88 ans, mettant fin à une prodigieuse carrière constituée de plus de 350 films. De nouveau, on le voit discuter gentiment avec Sakura, cette fois-ci avec Gen occupé à lui raser le crâne avec un rasoir. Comme il est tout de  blanc vêtu, j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose d’une touchante toilette pré-mortuaire. Il est en tout cas magnifique et, avec le cadre solaire de Miyazaki et la liaison Izumi-Mitsuo donnant lieu à une jolie scène de séparation sur le quai de la gare de Tokyo (avec enfin un baiser), son ultime prestation conclut à merveille une carrière qui aura duré qui aura duré 65 ans. Chieko Baisho va encore devoir s’employer avant d’atteindre le record.

8/10 (7,5 + 0,5 de bonus pour Miyazaki)

(1) On le voit plus souvent assis ou allongé que debout. Finalement, sa posture sur l’affiche est assez significative.

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