Tora-san 44
C’est dur d’être un homme : La Confession (Otoko wa tsurai yo: Torajirō no kokuhaku)
Yôji Yamada – 1991
Liaison Mitsuo-Izumi, troisième acte… et un peu le début de l’ennui pour moi tant l’épisode ne propose rien de neuf. L’épisode 42 avait le mérite de prendre un tournant original. La surprise était déjà moins présente dans le 43. Mais là, je dois dire que je n’ai guère ressenti de sympathie pour le jeune couple. J’avais évoqué le Vicomte de Bragelonne pour un épisode précédent, à propos du vieillissement des personnages, je pourrais de nouveau l’invoquer, mais cette fois-ci pour ces jeunes générations qui peuvent paraître bien fades dans leurs amourettes. Mitsuo et Izumi, c’est un peu Raoul de Bragelonne et Louise de la Vallière. Ils sont bien mignons, bien gentillets, mais au bout du compte… on s’en fout un peu. Il n’y a qu’à fermer les yeux et se souvenir des débuts amoureux entre Sakura et Hiroshi pour se rendre compte que la génération précédente avait plus de coffre et suscitait davantage la sympathie.
Sympathie que je n’ai donc pas complétement pour les deux tourtereaux, en particulier pour Mitsuo dont le faciès acnéique et son étrange manière de sourire m’ont donné des envies de mornifles. J’espère que le personnage se bonifiera pour les ultimes épisodes.
Un qui se bonifie en revanche, c’est Hiroshi. Après plusieurs épisodes où il apparaissait en père crispé, le voilà qui ouvre le film en faisant un jogging le long de l’Edogawa et qui retrouve le moelleux de l’Hiroshi d’avant. Sa présence fait du bien, surtout avec un Tora-san toujours sur un mode plus sage, plus en retenue. La bagarre (ou plutôt le semblant de bagarre) avec Tako ne fait pas illusion : c’est du déjà vu un peu poussif qui n’est là que pour être fidèle à une certaine tradition. Il y a bien quelques scènes amusantes, mais pour moi, « amusantes » ne suffit pas pour une saga comme Tora-san qui m’a plus d’une fois fait éclater de rire.
Encore quatre épisodes avant le décès d’Atsumi et j’ai l’impression qu’il n’y aura guère de sursaut (même si j’en espère un avec le retour de Lily). Ce qui me donne à penser que Yamada et la Shochiku ont peut-être raté le coche. Plutôt que de s’obstiner à maintenir une recette (les voyages aux quatre coins du Japon, la rencontre déceptive avec une madone) avec un Kiyoshi Atsumi de plus en plus affaibli, Yamada aurait dû permettre à Tora de prendre femme depuis longtemps. Cela n’aurait pas signé la fin de la saga, au contraire ! Parce que Tora qui fonde un foyer avec une femme (ce qui n’aurait d’ailleurs pas empêché des voyages ailleurs), qui a un gosse, une maison et ce, dans le quartier de Shibamata (avec un triangle magique constitué de la maison des Suwa, celle de Tora et la confiserie Kuruma), j’aurais tout donné pour voir cela. Assurément plus captivant que les déboires amoureux d’un post ado boutonneux. Enfin, c’est ainsi, à quatre épisodes de la fin, ce n’est pas maintenant que je vais flancher.
5/10














