Les Vacances de Tora-san (Tora-san 43)

Tora-san 43
C’est dur d’être un homme : Les Vacances de Tora-san (Otoko wa tsurai yo: Torajirō no kyūjitsu)
Yôji Yamada – 1990

Arc Mitsuo, deuxième épisode. Toujours plaisant, même si l’effet de surprise n’est plus là et que l’histoire est moins enlevée que la précédente. En fait, l’amourette naissante entre Mitsuo et Izumi m’a moins intéressé que les relations entre l’enfant terrible et ses parents qui, par contrecoup, bénéficient de davantage de temps de présence à l’écran. Hiroshi m’amuse beaucoup dans sa posture de père bourru qui essaye de se poser en père de famille sérieux, accroché à son quotidien. Il pichte aussi pas mal, mais c’est touchant car comme Mitsuo kun a la permission de boire, cela donne lieu à des scènes où le langage universel de l’alcool permet au père et au fils de se rapprocher. Quant à Sakura, elle excelle dans son rôle de mère poule qui dit n’importe quoi (« Ces derniers temps, tu fais n’importe quoi. As-tu discuté dernièrement société et économie avec papa ? ») pour essayer de raisonner son fils. La famille Suwa prend le pas sur la famille Kuruma (apparitions mineures de l’oncle et de la tante) et ça me va, cela permet de de donner plus d’authenticité au couple Sakura/Hiroshi.

En fait, le problème vient surtout du peu de temps de présence de Tora. La maladie d’Atsumi se faisant à cette époque bien plus invalidante, on peut penser que Yamada a encore plus écrit son script de manière à privilégier Mitsuo plutôt que son oncle. Reste qu’Atsumi, en dépit d’une flamme vacillante, parvient encore à illuminer les scènes où il apparaît. Ajoutons aussi la présence de deux personnages secondaires intéressants : le père d’Izumi, joué par Akira Terao dont la douceur fait un joli contraste avec la fièvre du matsuri de la petite ville de Hita, et Mari Natsuki, la mère (Reiko). J’étais un peu sceptique par son personnage dans le précédent épisode, mais finalement il prend de l’épaisseur, donnant lieu à deux excellentes scènes.

Cependant Tora-san peut-il enfin trouver Sa madone ? C’est que le vieux colporteur se fait vieux. Si Mitsuo sort en courant d’un onsen pour dire au revoir à Izumi déjà dans le bus avec sa mère, Tora ne fera rien quand, durant la nuit, il entendra Reiko pleurer. Il y avait pourtant de quoi tenter quelque chose, Tora ayant cette faculté inconsciente de faire battre le cœur aux bijins. Mais il n’en fera rien peut-être parce que, après tout, il est trop vieux pour cela et qu’il compte sur son double juvénile qu’est Mitsuo pour trouver cette forme de bonheur. Ce qui donenra lieu à un ultime dialogue bref mais poignant entre l’oncle et le neveu qui, par un monologue en voix off, demande en pensées à son oncle s’il est vraiment heureux. Si la série avait toujours effectué de mini-resets tous les six mois, resets qui faisaient que la perception du temps qui passe était minime, on est maintenant dans un temps où vieillesse et la possibilité d’un arrêt brutal sont perceptibles. Ces derniers épisodes, ce sont un peu Le Vicomte de Bragelonne de Yamada.

7/10

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