(The DC Archives) : Playlist #10 : La coinche diabolique


(article paru sur Drink Cold le 18 février 2011)

lucien

Sale ambiance à la buvette. Ouais, tout cela va mal finir, croyez-moi. Et ce n’est pas cette fois-ci le fruit d’un article sur l’histoire japonaise écrit par Haran banzaï. D’ailleurs, ce dernier a été puni par le boss ! Puisque la moquette à l’arrière-salle doit être intégralement changée (pensez, avec les litres de bile et de raisiné qui ont été versés à flots continus dessus à cause de son premier article…), l’affreux polémiste a été chargé de la remplacer par un parquet flottant. À l’heure où commence la sinistre scène, il est en train d’atomiser la moquette à la ponceuse (je vous dis pas le bordel).

Non, la cause de cette détestable atmosphère est à chercher ailleurs. N’importe où qu’à la buvette, la situation aurait débouché sur une grande claque virile dans le dos mais voilà, en ce lieu où les égo sont sans limites, une chose aussi inoffensive qu’une partie de cartes peut très vite déboucher sur les pires humiliations. Laissez-moi vous présenter l’affaire :

UNE PARTIE DE COINCHE EN 2000 POINTS.

 

DEUX EQUIPES. D’un côté la paire Meganekun / Boddicker. Arrogants, chambreurs, sûrs d’eux bref, des salopards, des affreux, des vilains quoi !

megane coinche clarence coinche

“Dans l’cul Olrik !”

De l’autre, la sympathique paire des extrêmes, paire bien pourvue constituée de votre serviteur, joueur expérimenté et modeste, et d’A.rnaud, novice à la coinche mais ayant fait ses preuves dans un autre jeu tout en subtilités.

olrikarnaud

Du calme A.rnaud, tout va bien se passer.

L’ENJEU: c’est très simple, les vainqueurs, accrochez-vous à votre fundoshi, auront droit à un buffet spécial artistement composé par Petter Hegre (devenu depuis peu accro à notre buvoche) sur les personnes de Lulu et Konata :

hegre-sushis

Avis aux amateurs : ceux qui supporteront ma team auront droit à une petite bouchée trempée dans la sauce soja intime de Konata. Eh ouais, je suis comme ça moi !

Quant aux perdants, ils auront l’honneur et la douleur de se faire épiler les testicules, à la pince à épiler, donc poil par poil (j’explique hein), par Steve Osada himself, le fameux maître ès shibari, venu ici en compagnie de deux démones sexy en diable (forcément) :

Steve Osada

Peasu les kids ! Bon Olrik, elles sont où les balloches à éclaircir ? Hin hin !

Maintenant, LE SCORE : 1600 à 1990 pour nos senpai ! Vous comprenez maintenant pourquoi mon pote A.rnaud à l’air un peu dans tous ses états. J’avoue que moi aussi, même si je n’en ai pas l’air derrière ma Dunhill, je n’en mène pas large. Bon, de vous à moi, il faut vous dire ici que j’ai un peu des couilles de gorille, grosses et velues à souhait, et que le supplice promet d’être fort long !

Autant être clair pour ceux qui ne connaîtraient pas le noble art de la coinche (lecteurs gones – et certains lecteurs tourangeaux de ma connaissance, ceci n’est pas pour vous) : même si l’on gagne la prochaine partie, nos adversaires n’ont qu’à faire un pli, même avec peu de points, pour nous la mettre in ze babe. La solution serait de faire un capot ou une générale mais faut pas trop rêver non plus. Bref, il faut bien le reconnaître, la situation n’est pas loin d’être désespérée. Dans ces cas-là, je n’hésite pas : je fais appel non pas à l’Agence tout risques mais à une carte, enfin une playlist que je garde toujours au chaud dans mon calebar en cas de coup dur, la fameuse…

PLAYLIST #10

(download, euh… bittche !)

 

Véritable martingale, cette playlist m’a toujours porté chance au jeu (par contre, je la déconseille formellement pour emballer une loute).  J’insère la K7 SONY dans notre vieille mini chaîne, j’appuie sur PLAY, c’est parti pour 8 morceaux et 8 plis qui nous mèneront soit au paradis, soit à un enfer épilatoire sous le regard humiliant de deux bijins (tout mais pas ça).

Les cartes sont distribuées, on fait un tour de table pour les enchères. Evidemment, nos deux adversaires, horribles jusqu’au bout, se gardent bien de proposer quelque chose. Ils visent le pli péteux gagné en loucedé pour dépasser les 2000 points les miches bien au chaud (dans tous les sens du terme). Courageux les mecs, mais c’est de bonne guerre, j’aurais fait la même chose. Bonne surprise : entre deux tremblements A.rnaud annonce un « 90 sans atouts ». Mon partner doit avoir un ou deux as. Moi par contre, je la sens bien à cœur. Je pose ma tige, j’exhale longuement la fumée et je laisse tomber dans un souffle mesuré mais plein d’assurance un « 140 cœur » viril que m’envierait même Paul Newman dans l’Arnaque. Que voulez-vous, on n’est pas fan de John Milius pour rien, hein ! On en a ou on en n’a pas et moi, que voulez-vous, clairement, j’en ai. Bref allez, c’est à moi de partir…

PLI N°1 : Mets la clim’ A.rnaud !

coinche pli 1

Un coup d’œil à mon partenaire me fait comprendre qu’à tout moment il risque l’infarctus. Il faut très vite lui détendre ses petits nerfs. J’abats ma première carte :

coinche valet-de-coeur

Le valet maître, évidemment. Ça le décrispe un peu mais ce n’est pas suffisant. Heureusement la playlist commence avec Strange New World de Lucy Monostone. Connaissez pas ? C’est normal,mpd psycho vol.1 cet artiste est un fake sorti tout droit de l’imagination d’Eiji Otsuka, le scénariste de MPD Psycho, manga violent à souhait dont l’intrigue tourne autour d’épouvantables meurtres en série, d’un détective schizo et d’un mystérieux musicien gourou, Lucy Monostone. Le manga fut adapté en drama par Takeshi Miike, drama d’où vient évidemment cette chanson. Le résultat de cette série n’est pas parfait mais forcément novateur par rapport à l’habituelle soupe que nous offre le petit écran nippon.

Bon, la musique a fait son effet, A.rnaud m’a l’air d’avoir desserré les fesses, c’est le moment d’accélérer :

PLI N°2 : Sortons nos gros psychoguns A.rnaud !

coinche pli 2

cobra ostDes cordes virevoltantes et, sans transition, une ambiance disco d’où transpire le souffle de l’aventure. On reconnaît bien là la patte de Kentarô Haneda et, surtout, l’OST la plus cool pour l’anime le plus cool de tous les temps : Cobra, bien entendu. « Rush hour »… avec un tel titre, je dégaine illico non pas mon psychogun en plastique acheté sur ebay mais ma deuxième carte :

coinche neuf-de-coeur

Le neuf maître bien sûr, qui permet au passage de croquer l’as de cœur que ce canaillou de Clacla espérait garder pour plus tard. A.rnaud est sur un nuage. Qu’il en profite car il va devoir agir au prochain pli.

PLI N°3 : Joue-la autoritaire A.rnaud !

coinche pli 3

Je suis obligé de jouer à une autre couleur pour préserver mes autres atouts. Au pli précédent, A.rnaud a balancé le sept de pique, j’en déduis que c’était un appel pour me signifier qu’il possède l’as de cette couleur. Mais comment en être sûr ? Comme tous les joueurs débutants, A.rnaud ne maîtrise pas tout à fait la science de l’appel. Mais comment lui en vouloir ? Bon, essayons tout de même :

coinche sept de pique

Gagné ! Frère A.rnaud balance l’as. Troisième pli d’affilée, tout baigne. Par contre, pour A.rnaud, c’est surtout dans sa sueur qu’il joue au petit baigneur. Le fait de prendre latomokawa-kazuki main a instantanément créé en lui comme un petit problème de sudation. Merde, la pression est revenue et ce ne sont pas les vociférations de Kazuki Tomokawa et ce « Kanata » qui vont améliorer les choses. Nous, on a le « fou chantant », les Japonais, eux, ont le « philosophe hurlant ». Aucun rapport avec Trénet. Charly, c’est le petit vin blanc dégusté avec modération. Kazuki, lui, c’est plutôt la grosse boutanche de saké pour l’aider à transpirer ses chansons (le gars est connu pour son alcoolisme latent).

Pour ceux qui n’aimerait pas, réfléchissez tout de même avant de le huer, m’est avis qu’il faut pas trop le chauffer. Beaucoup l’ont découvert dans IZO, le film de Miike (décidément) dans lequel on le voit aboyer des chansons inextenso. Beau et sauvage, mais spécial, les chansons de ce poète vagabond demandent indéniablement un peu d’habitude. Et A.rnaud en manque manifestement. Totalement bloqué le gus ! Un peu comme un mec qui aurait radiné une superbe gonzesse et qui s’apercevrait au moment de passer à l’acte qu’elle a en fait un vit plus gros que le sien. J’interviens gentiment : « Réfléchis bien A.rnaud kun, y’a une couleur à jouer ». Merde, que n’ai-je pas dit là ! On dirait l’homme de fer sous crack. Bon, pas de panique, c’est le moment d’utiliser notre code convenu à l’avance :

coinche-fumée

Et ouais, un p’tit coup de fumée de cigarette dans la trombine pour lui faire comprendre qu’il doit jouer trèfle, seule couleur que je n’ai pas en magasin (et cela m’évite l’embarras de pousser un vigoureux pet pour lui faire comprendre de jouer carreau). Bon, son asthme fait un peu la gueule mais le bougre en a vu d’autres, vous pouvez me croire. Avec ce trèfle, sûr qu’on va se poiler les aminches (et se mettre bientôt à poil, z’allez comprendre…) ! A.rnaud joue le 8…

PLI N°4 : Hmmmm… kimochi A.rnaud kun !

coinche pli 4

À la coinche, les chiennas sont mes amies surtout lorsque…

coinche dame de coeur

Elles me permettent de couper l’as de trèfle de Clacla en beuglant « BELOTTE ! »

Je raboulle recta le pli tout en me caressant discrètement la verge de la main gauche. Faites pas attention, c’est l’effet ordinaire qu’ont sur moi les vocalises humides de Sandrasandra jullien Jullien (en duo avec Miki Sugimoto !), égérie du grand Max Pécas qu’ont su apprécier certains réalisateurs japonais, notamment Norifumi Suzuki cher au cœur de Megane. Ce dernier a d’ailleurs l’air parti dans d’étranges rêveries, sûrement peuplées de bikeuses et de loubardes aux seins nus. Hé !  n’y aurait-il pas un peu de déconcentration dans l’air ? Profitons-en… Comment ? Le titre du morceau ? « Live Sex »


PLI N°5 : Pense à Akagi A.rnaud !

coinche pli 5

Fin de la 1ère mi-temps. Plus que quatre plis à encaisser. Et je vais devoir repasser la main à A.rnaud, c’est pas gagné : à cause de ma fumée, il a les yeux aussi rouges que les fesses de Naomi Tani dans un film bondage. Comment faire pour le galvaniser ? Mais, suis-je bête ! en laissant ma playlist martingalistique faire son effet bien sûr !

Un jour, je me suis réveillé en me disant : « tiens, j’aimerais bien voir un anime sur le Mah-jong et qui aurait un beau générique avec une chanson folk des 70’s ». Sazame ! Je fus exaucé le jour même en découvrant cette série géniale qu’est Akagi Yami No Maiorita Tensai Akagi, le génie descendu dans les ténèbres ), dont le personnage principal est peut-être le héros avec la plus grosse paire de couilles que j’aie jamais vue dans un anime (ex-aequo avec Kenshirô quand même, faudrait voir à pas déconner).

Mention spéciale aux épisodes dans lesquels il ne joue pas son argent (trop simple) mais son sang (là c’est sport) ! Vous n’y connaissez rien au Mah-jong ? Moi non plus mais,furuido lorsque l’animation japonaise magnifie une histoire par la qualité de son graphisme, de sa réalisation et de son ambiance sonore, cela n’a aucune importance. Nantokanare, la ballade du générique, vient de Furuido, honnête groupe de folk ayant eu un succès certain au début des 70’s. Ce duo comprenait Reichi Nakaido, sans doute plus connu pour son intégration par la suite dans le fameux groupe RC Succession.

Bref, A.rnaud, qui a toujours étrangement ressemblé à Kaiji, l’ultimate gambler inventé par Nobuyuki Fukumoto, doit maintenant s’inspirer de l’infaillible Akagi, personnage du même mangaka, si on ne veut pas se retrouver les balloches aussi lisses que le crâne de Brando dansApocalypse Now. Je balance un huit de carreau et je croise les miches bien fort (je suis le seul à réaliser ce tour de force)…

coinche as-de-carreaux

As de carreau !

Gagné ! Bordel à queue, je le savais ! J’étais sûr qu’avec son « 90 sans atouts » A.rnaud kun avait deux as dans son escarcelle. Hey ! Pour un newbie à la coinche, le petit a plutôt bien assimilé le système des enchères. Je suis fier de toi fils et oui, tu peux commencer à sourire. Par contre, chez nos adversaires, ça commence à être le ramen à la grimace.


PLI N°6 : Fais comme moi A.rnaud, déhanche-toi à fond les manettes !

coinche pli-n°6

queen-bee-hotwax1Aïe ! Megane sort de sa torpeur, les mâchoires crispées, prêt à dégainer un de ces coups géniaux dont il a le secret et qui permettent de renverser les pires situations. Heureusement pour nous, c’est groove time ! Ou plutôt, Hotwax time ! Extrait de la B.O. de Girl Boss Blues : Queen Bee Honey’s Challenge (1972), de Norifumi suzuki…

queen-bee

Film charmant où les héroïnes boivent frais

… ce morceau le replonge illico dans sa rêverie toeiesque. J’avoue d’ailleurs que c’est un peu duraille pour moi. Ces cartes qui n’incitent pas à la concentration, un morceau qui balance et, surtout, tous ces petits culs qui se trémoussent autour de nous, tout cela me donne très envie de prendre la température entre les cuisses de ma voisine :

queen bee


A.rnaud comprend que je suis en pilote automatique, les coups de tiags qu’ils me balancent sous la table ne suffisent pas à me faire remonter mon esprit des paluches. Il n’a d’autre choix que de jouer la sécurité en lançant son :

coinche 10 de carreaux

La sécurité ? Dans une autre situation j’aurais serré le sphincter car le drôle à la fâcheuse habitude de ne pas compter les atouts. Il emporte malgré tout le pli. C’est bien normal, hé hé !


PLI N°7 : N’entrevois-tu pas une bienfaisante lumière A.rnaud ?

coinche pli-7

Heureusement, l’univers cotonneux de Shugo Tokumaru fait descendre la tension et je peux remettre ma pogne flasque et humide sur mon jeu. « Rum Hee », j’aime bien cetteshugo tokumaru rum hee chanson. La palette sonore de ce petit génie, faite d’une multitude instruments de musique pour enfants, évoque pour moi la symphonie des jouets de Léopold Mozart qui aurait été passée à la moulinette de ce que peut faire de plus mélodieux la pop japonaise. Enfin… bon, j’me comprends mais jetez donc un œil à cette belle version live :

À deux plis de la fin de cette coinche diabolique, les notes de Shugo ont une douceur balsamique sur mon coéquipier. Je vois clairement qu’il commence à croire que la victoire est à portée de main. Je pense surtout qu’il a pigé que tant que je suis aux commandes de cet article, on est sûr de gagner. Un vigoureux coup de tatane dans la rotule (autre signe convenu à l’avance) lui fait comprendre qu’il peut désormais jouer n’importe quoi. Il étouffe un gémissement de douleur et s’exécute en se malaxant le genou. T’en fais pas A.rnaud, tu pourras te mettre de la pommade avec la carte qui va dans quelques secondes couvrir le huit de pique que tu as lancé :

coinche as de pique


Le fan n°1 de Ryoko Ikeda se fait péter une veine orbitale de bonheur. Il va être temps que cette partie se termine.


PLI N°8 : Et maintenant… le HOME RUN A.rnaud !

coinche pli-8


Et ouais, osons deux morceaux de Cobra dans la même playlist ! J’imagine que ça ne doit pas trop  vous poser de problème. Sinon, ben allez donc vous faire cuire un yakitori. Récapitulons :

 Cobra est donc l’anime le plus cool de tous les temps.

– L’OST de Cobra est la plus cool de tous les OST d’anime.

Ajoutons une nouvelle assertion absolument irréfutable : ce morceau, shi no kôshin, est le plus cool de l’OST de Cobra. Si l’on était un tant soit peu logique dans ce monde merdique, on devrait le jouer tous les dimanches à chaque messe pour attirer les pélerins, sûr que ça en aurait de la gueule. Une simple question : qui parmi vous, alors qu’il matait après l’école un épisode de Cobra en boulottant une tranche de Nutella amoureusement préparée par sa maman, n’a jamais ressenti un délicieux frisson lorsque retentissait cette musique ? Moi, perso, j’en mouillais mon pantalon de plaisir à chaque fois et je me disais Cobra était infiniment plus classe et viril que cette fiotte de Jayce. Souvenez-vous, cette musique retentissait toujours soit lorsque ça allait chier pour le matricule des bad guys, soit quand, justement, ça avait chié pour eux. Rappelez-vous l’arc du rugball lorsque Cobra réalise un « sayonara home run » et fait son tour de piste triomphal devant l’air déconfit de l’ignoble Rand. La trique les enfants !

Déconfits, Megane et Clacla le sont car ils savent qu’une certaine carte n’a pas été jouée.  J’écluse tranquillement mon shochu Kagoshima, j’élève haut, très haut ma main tenant l’ultissimus cartus entre l’index et le majeur puis, avec la même force mêlée de décontraction que Cobra lorsqu’il effectue ce fabuleux home run, je l’abats rageusement en beuglant :

coinche roi-de-coeur

REBELOTE ! (poil  à la motte)

Pendant un temps, un ange passe.

Mais juste un temps car il est aussitôt abattu par Dimsum qui a dégainé sa vieille MP40.

dimsum

(à l’arrière plan, Maryvonne, notre nouvelle barmaid)

C’est le prélude à une autre explosion, plus festive celle-ci, explosion de nos hurlements de bonheur et de notre tour d’honneur dans la buvette :

coinche cobra

2010 à 1990 !

140 (le pari) + 250 (capot non déclaré) + 20 (belote) = 410 points ! 410 PUTAINS DE POINTS ! On l’a fait A.rnaud ! Et ils sont refaits ! Et Hegre qui immortalise la scène avec son Phase One ! C’est trop de bonheur, j’écrase une larme et je prends dans mes bras A.rnaud qui pleure comme dans un shojo de Lady Ikéda. Et comme cela ne suffisait pas, la playlist continue ! Mais cette-fois ci, c’est…

coinche-party

PARTY TIME !


#9 Hard Gay : Young Man

hard gayRazor Ramon a bien compris la consigne. Il a sagement attendu dehors nos braillements pour débouler dans la buvette aussi vite que Garrincha dans une surface afin de se poster à 30 cm du visage de Clacla pour faire son fameux déhanchement en balançant un humiliant « OK la défaite Clacla, FOOOOOOOO ! ». Puis, sans attendre la réponse, il file à la salle où se trouvent Lulu et Konata pour proposer à nos supporters qui attendent leur dû la bave aux lèvres, son propre buffet sushis :

hard-gay-sushis

J’ai fait mes sushis avec des nenfants FOOOO !

Sacré Hard Gay !


#10 Kiyoshi Hikawa : nijiiro no baiyon

Une nouvelle fois, je refais le coup de l’enka kitsch et festive avec le « prince de l’enka », j’ai nommé Kiyoshi « zun zun » Hikawa. Chaque année, c’est toujours un peu fébrile quenijiiro no bayon j’attends le Kouhaku Uta Gassen, la grande messe cathodique du jour de l’an, car je suis sûr d’une chose : Hikawa va rappliquer à un moment accompagné d’une meute de délicieux petits lots qui vont se dandiner en mesure avec sa voix d’or. Ça n’a pas raté cette année avec ce Nijiiro no baiyon (check la prestation) aux sonorités arabisantes et au refrain simplissime, pour ne pas dire simplet, mais que l’on retient dès la première écoute. Moi, tout ça me donne envie de manger un couscous avec plein de tempuras dedans.

Cerise sur le gâteau : les quelques jeunes femmes aux traits asiatiques présentes à la buvette se pâment aussitôt d’aise et se mettent à danser. Si j’étais vous les mecs, je les rejoindrais, j’ai cru voir quelques décolletés assez émouvants…

Au fait, faudrait pas que ceci me fasse oublier le gage pour nos deux larrons. Et il est où A.rnaud ? Bon, je n’ai pas besoin de lui après tout. Je fais un signe à Steve Osada qui se rapproche avec sa pince à épiler près de la table. J’ai beau savoir que ça me fait énormément plaisir, j’ai du mal à réprimer un frisson d’angoisse à l’idée de ce qui va se passer. Enfin, je n’ai jamais craché sur les nouvelles expériences et celle-ci promet d’être aussi instructive que divertissante. Clarence se met alors à claquer des doigts devant le jukebox. Curieux, la chanson de Gainsbourg ne fait pourtant pas partie de ma playlist ! je ne tarde pas à comprendre : ses deux porte-flingues tombent sur le paletot d’Osada pour jouer au malheureux  le concerto pour poing américain de Ludwig Van Beethocirage. Au moins de cinq secondes, ça fait crac ! boum ! hue ! et il ne manque plus à notre maître ès shibari d’être ficelé comme une de ses patientes pour ressembler à un gigot de bœuf charolais :

boeuf

Et encore ! Cette bien belle photo a au moins le mérite d’être appétissante.

Alors que je proteste énergiquement, Haran Banzai se radine avec sa ponceuse pour se proposer de les leur mettre à l’air. J’avoue trouver l’idée amusante, pleine d’attrait, mais un regard injecté de sang du boss lui fait comprendre qu’il a plutôt intérêt à aller poser la sous-couche de son parquet flottant. Il commence à me les hacher menues le boss…


#11 Shoukichi Kina and Champloose : Haisai Ojisan

shoukichi kinaJe suis sur le point de lui faire un bon gros german supplex de derrière les fagots quand retentissent des notes au shamisen. Haisai Ojisan de Shoukichi Kina, tube parmi les tubes de l’année 1972 ! Icône du paysage musical d’Okinawa, Kina n’a eu de cesse de jouer une musique emplie de joie de vivre, faite pour être consommée avec force verres d’awamori. Je me sens instantanément propulsé à des milliers de kilomètres de là, dans une buvette de Naha. Oubliant ma rancœur, je décide de savourer ma victoire en enquillant justement les verres d’awamori. Que ce mauvais perdant de Boddicker aille au diable ! Je songe à Porthos dans les Trois Mousquetaires :

S’il gagnait, on le voyait insolent et splendide ; s’il perdait, il disparaissait complètement pendant quelques jours, après lesquels il reparaissait le visage blême et la mine allongée.

J’esquisse un sourire et, un peu gris, j’entreprends de traverser la buvette pour aller rejoindre A.rnaud. La voix chaleureuse de Shoukichi et les miaulements sautillants des chanteuses d’Okinawa me font esquisser quelques pas de danse maladroits mais totalement euphorisants. Je fais malheureusement éclabousser un peu d’awamori sur la mini-jupe d’une Japonaise rembourrée juste comme il faut à cet endroit. Je ne me fais pas prier pour essuyer la tache avec un mouchoir, et ce malgré ses récriminations effarouchées – mais enjouées. Je continue en titubant vers l’arrière-salle où m’attend ma récompense. Le chemin est long, on n’arrête pas de me congratuler, je passe d’un groupe à un autre sans trop comprendre ce qu’on me dit. I.D. me parle d’un film HK, puis c’est Martin qui me dit qu’il a vu Love & Loathing & Lulu & Ayano. Tout en l’écoutant énumérer les mérites du dernier Satô, j’entrevois à un coin la sage Emi, assise en train de terminer un Tony Duvert tandis qu’à côté j’aperçois en grande discussion Megane avec la jeunette sosie d’Ike qui se trémoussait derrière moi durant le morceau de Queen Bee Honey. Je quitte Martin pour tomber sur Dimsum qui me détruit l’épaule d’une tape amicale (mais bien virile) et qui me dit qu’il va faire une petite virée dehors pour claquer quelques cônes de signalisation avant de revenir.

Toute cette agitation distinguée, toutes ces silhouettes familières… n’eussent été les roploplos bondissants et les petits culs qui se trémoussent sur la piste de danse, j’aurais vraiment l’impression de me trouver à une réception chez la duchesse de Guermantes. Ne serait-ce point elle d’ailleurs qui sort des gogues pour hommes ? Ah non, c’est Maryvonne (WTF !?).

J’arrive enfin à la fameuse salle où m’attendent mes sushis sur canapé de bijins. Je m’approche la bave aux lèvres et la goutte ailleurs lorsque soudain…

coinche olrik

ENFER ET DAMNATION !

Je m’aperçois qu’il ne reste plus une seule bouchée ! Lulu et Konata sont toujours là, mais ne subsistent plus que des filets de sauce soja qui dessinent de curieux motifs des tétons jusqu’à la moniche !

Des rots et de vils borborygmes à ma droite me font piger la cause de ce beau désastre : le sieur A.rnaud, mon compère, celui que je viens de sauver d’une abominable séance d’épilation, n’a rien trouvé de mieux pour me remercier que de boulotter tous les sushis ! Je le vois ventru, repu, pansu et joufflu. Et rond comme une pelle encore ! si j’en crois la bouteille de Leffe, mais aussi celles de Pelforth, de Grimbergen, de Guinness, de Kilkenny et de Gueuze qui jonchent le sol à ses pieds. Je remarque parmi cette fête du houblon une bouteille de Cacolac. Je soupire : cet homme me sera décidément toujours une énigme.

Bref, l’homme n’est que flatulences odorantes et rots disgracieux. Honni soit-il ! Qu’il ne compte pas sur moi pour le tournoi de petits chevaux prévu la semaine prochaine, qu’il se démerde tout seul, on ne m’y reprendra plus ! j’en suis là de mon ire lorsque retentit l’ultime musique de ma playlist.

#12 DC 7 JEUX !

Les premières notes ont tout du serpentin moqueur. Génial, ça fait plaisir, tiens ! N’importe, saurez-vous me dire de quel film est extrait cette musique parfaitement ridicule mais totalement dans l’esprit de cette œuvre d’un certain J.T. ? Comme je suis sympa, je vous file un indice : il ne s’agit pas d’ Il était une fois dans l’ouest. Ne traînez pas pour répondre : je laisse au gagnant la sauce soja sur le corps de Lulu. Moi, je choisis Konata, y’a plus de surface à lécher. Ça ne me remplit pas le bide mais ça me met un peu de baume au cœur.

10 cl de sauce léchés et 3 poils de mouluche collés au menton plus tard, je décide de mettre les adjas. Non, décidément, cette maigre récompense me laisse un goût amer. On a beau s’appeler Olrik, j’ai l’impression que le Diable m’a lâché ce soir (j’ai léché mais on me lâche, quel intérêt ?). Le Diable ? Au fait, où sont donc passées les deux démones qui accompagnaient Osada ? C’est une idée ça ! Inspecter le four à 37°C de deux diablesses, ça doit valoir le détour. J’aperçois Haran en train d’écluser un Ricard, sa ponceuse trône sur le comptoir. Le pauvre me fait penser à un méchant dans Scoubidou : suant, haletant, totalement recouvert de particules de moquette, très « abominable homme des Castoramas ». Tout en lui payant un autre riri pour l’aider à se refaire la frite (entre victimes de l’horrible Boddicker, on s’entraide), je lui demande s’il n’a pas vu les deux donzelles à cornes.

« Les diablesses ? Elles étaient là y’a encore deux minutes. Elles viennent juste de partir avec Clacla.»

vieilles

Ouaip, le Diable m’avait bien lâché. Savez ce qu’on dit : heureux au jeu… Ça se vérifie ce soir. À défaut des succubes, j’enfile mon manteau et prend la direction de la sortie. Je tombe alors abdomen-à-nez (elle ne fait qu’1m50) sur la demoiselle à la mini-jupe parfumée à l’awamori, et qui s’apprêtait elle aussi à partir. Je lui propose de laver sa jupe chez moi. Je la baratine un peu… j’ai la dernière machine Laden à double pistons rotatifs qui lave et sèche en même temps. On a tout juste mis les fringues qu’on peut les sortir toutes fumantes. Entre les deux on pourra tout de même siroter un Dom Pérignon avec une portion de bélouga. Promis, je ne regarderai pas sa culotte. Alors ?

Je suis fébrile, j’ai l’impression que se joue une porte de sortie qui me permettra de finir la soirée moins guignard et surtout de mettre fin à un article que je ne maîtrise plus depuis longtemps. Une réponse positive me comblerait. Ça et peut-être aussi un ultime calembour. Oui, je crois qu’un jeu de mots débile et bien lubrique, ça me ferait plaisir. Je la regarde :

La môme opine du chef…

… en attendant de me chauffer la pine.

Yosh !

coinche-commentaires-1

coinche-commentaires-2

g-taste

coinche-commentaires-3

coinche-commentaires-4

coinche-commentaires-5

coinche-commentaires-6

coinche-commentaires-7

coinche-commentaires-8

coinche-commentaires-9

coinche-commentaires-10

coinche-commentaires-11

Lien pour marque-pages : Permaliens.

3 Commentaires

  1. Bonjour,

    Je trouve que les perdants vont vraiment avoir mal avec ce type d’épilation. Je ne voudrais pas être à leur place.

  2. De toute façon, brutale ou en douceur, l’épilation est toujours dangereuse :

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.