The Virgin Psychics (Sion Sono – 2015)

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Alors qu’il était en train de se masturber, Yoshiro, un lycéen, découvre tout à coup qu’il possède le don de télépathie ! Ce super pouvoir vient de la conjonction très improbable d‘événements, à savoir le fait d’être puceau et de s’être fait mousser popaul pile poil au moment où les astres de notre système solaire étaient dans un alignement particulier et envoyaient sur Terre un étrange rayon cosmique. Évidemment, Yoshiro n’était pas le seul et très vite il va découvrir que d’autre camarades ont développé un super pouvoir que l’on ne verra probablement jamais dans les productions Marvel ou DC comics.

Son nouveau don, il pourrait s’en servir pour séduire Sae, la fille de ses rêves, mais il a en tête un but autrement plus noble : être un vrai super héros et protéger la planète des super vilains. Ça tombe bien, un mystérieux groupes de trois bombasses (dont la leader se nomme Polnareff) vient de débarquer et, par on ne sait quelle influence mystérieuse, est parvenu à transformer la ville en lupanar géant.

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映画 みんな!エスパーだよ!(Eiga Minna ! Esper Dayo !)

Bon, je viens de voir Virgin Psychics, énième film tourné par Sono en 2015, film qu’on attendait comme le loup rose puisqu’il s’agissait d’un reboot du drama du même nom effectué par Sono l’année précédente. Pourquoi tant d’impatience ? Tout simplement à cause de ça :

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Scène dans une arcade commerciale japonaise. Pas de problème, tout va bien.

Si on a souvent dit de Kubrick que sa marque de fabrique était de porter au plus haut point un genre, on pourra dire de Sono qu’il aura réussi cet exploit dans un genre bien particulier, celui du bikini movie. Love Exposure était le chef d’œuvre du pantsu movie, Virgin Psychics en est son digne héritier si on se situe uniquement l’art de montrer des formes absolument sidérantes moulées dans un bout de tissu. Avec Love Exposure il nous avait montré le bas avec les photos de tosatsu, avec Virgin c’est le haut qui y passe…

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Bon, et le bas aussi par la même occasion.

Autant dire que mater ce film c’est courir le risque d’endurer une épistaxis à chaque instant. On est absolument subjugués par les premières minutes qui nous projettent dans la psyché du héros sur l’air du Boléro. C’est tout bête, on voit les minois de ses plus jolies connaissances (une camarade de classe, sa prof, la libraire du quartier…) en train de lui sourire, mais dès ces premières minutes on sait que l’on est face à du Sono, de par ce dynamisme particulier propre au montage qui permet d’envelopper le spectateur et de luis imposer sans sourciller de longues séquences narratives. Bref, cette intro est chouette et dvant tant de beautés, on est au bout d’un quart d’heure déjà trempé de sueur et le souffle court :

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Et de se demander : est-il bien raisonnable de continuer le visionnage ? Regarder des jolies filles en bikini ou ne pas les regarder, là est la question. Pour ma part, je vous avouerai une chose :

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J’ai continué à mater !

Mais il faut dire que ce visionnage est intervenu dans un contexte particulier. Non, ce n’est pas comme si ma femme m’avait plaqué et que j’aurais eu besoin d’un peu de réconfort, c’est juste que je venais de voir un très dispensable Batman V Superman et qu’il était rigolo par contraste de voir un film de super zéros. Une envie de Z, c’est parfois irrépressible et dans ces conditions, vous êtes mûrs pour vous enquiller n’importe quoi. Le visionnage s’est donc plutôt bien passé même si j’avoue avoir ressenti le besoin de jeter un œil à ma montre. C’est tout le problème de ces histoires qui s’étalent sur deux heures et dont on connaît les versions pour la télévision. Ce qui est réjouissant le temps de vingt minutes devient alors lassant au-delà d’une heure, d’autant que le film est un reboot dans sa première partie. On découvre donc des personnages et des pouvoirs que l’on connaît déjà. Il y a bien çà et là quelques petites nouveautés à se mettre sous la dent (comme la nouvelle déco du restau de l’inénarrable Nagano san) mais pas non plus de quoi fouetter une bijin. N’eussent été les bikinis qui permettaient de relancer mon attention, j’avoue que j’aurais trouvé le temps long. Diable de Sono qui, à chaque fios où je sentais mon attention faiblir, me livrait une scène faite pour m’écarquiller les yeux et faire tomber la mâchoire façon Tex Avery. Prenez le cas de la professeur de Yoshiro. Déjà, à la base, elle ressemble à ça :

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Autant dire que les bases sont saines.

Mais après l’arrivée de Mme Polnareff (décidément impossible de s’habituer à ce nom), comme tout bon personnage de Shonen (rappelons que Minna Esper Dayo est un manga à l’origine) elle subit sa transformation. Oubliez les ennuyeuses transformations de Freezer dans DBZ, kiffez celle de Shizuka sensei :

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– Olrik kun, au tableau, hop !

– Oui Madame ! Avec joie Madame ! C’est un honneur Madame !

Voit-on un brave professeur s’échinant à corriger des copies dans le calme que tout de suite une collègue arrive et fait rien que de le perturber. Le même professeur veut boire tranquillement un café pour se requinquer après toutes ces émotions que tout de suite s’agglutinent devant la vitrine…

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Horreur !

Etc. Etc. Autant dire que les spectatrices peuvent royalement s’emmerder devant un spectacle assurément navrant (enfin, « navrant », je ne trouve pas, moi) mais qui, sous la caméra de Sono, peut devenir grisant. Cela reste un film mineur dans sa filmographie mais on le conseillera malgré tout, aussi bien pour les bikinis et les gros seins que pour l’appréciable dose d’imagination et le côté « Love Exposure du pauvre » qui opère des renvois avec le chef-d’œuvre de Sono. L’obsession pour certaines formes évidemment, mais aussi les deux personnages principaux qui ont un sein Graal pardon, un Saint Graal à trouver : leur « Maria », la fille pour laquelle ils savent qu’une destinée a été tracée pour eux. Le thème de la secte se retrouve aussi avec le pouvoir particulier d’une jeune fille que je vous laisse découvrir.

Enfin, argument définitif, si je vous dis qu’on y trouve une certaine Megumi Kagurazaka, vous comprendrez combien cet OFNI (Objet Filmique Non Identifié) est finalement hautement recommandable. Tendu par une kyrielle de péripéties…

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Tendu.

Epousant parfaitement les courbes généreuses du scénario…virgin psychics 13

Courbes.

Disposant d’une photographie agréable  aux couleurs chatoyantes…

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Couleurs.

Bref, Virgin Psychics, c’est comme le dernier Wonderbra, l’essayer, c’est adopter.

Les notes :

Si on aime les bikinis movies : Bonnet Z

Si on aime Sono : Bonnets C à F (soit entre 5 et 7).

Pour les autres : ?

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14 Commentaires

  1. En matant (verbe finement choisi) ce film, je me suis dit que Sion Sono avait vraiment le carnet d’adresses idéal pour participer à la relance du Roman Porno de la Nikkatsu.

    Espérons qu’il reprenne le même casting, le salaud n’a pas dû s’emmerder sur le tournage.

  2. Je m’étais infligé la série et c’était aussi perché que ça manquait de budget. Malgré tout, mon appétence pour les films nippon olé olé (surtout quand y’a du bouncing boob et de la cuisse galbée) m’y fera certainement jeter un oeil.

    Toujours dans le genre barré j’ai eu la grande joie de regarder Hentai Kamen récemment. C’est d’une stupidité jubilatoire. Ils vont commettre un second film cette année et je trépigne d’impatience de le voir.

    • La série était un peu lassante à la longue mais je me souviens d’épisodes qui me faisaient sourire jusqu’aux oreilles.
      Tu m’encourages du coup à voir Hentai Kamen pour lequel j’hésitais. Très Go Nagai comme humour, ça devrait passer. Comme Virgin Psychics d’ailleurs, le bahut qui nous est montré vient tout droit du Harenchi Gakuen du vieux maître.

      • Hentai Kamen il ne faut pas le louper, c’est le sommet du bon gout.
        Comment aller si loin tout en n’étant pas vulgaire, c’est une référence.
        Dommage pour le passage à vide vers la fin, mais c’est un film à découvrir avec madame.
        Pour vouloir faire une suite, il faut vraiment être hot.

  3. J’ai pas résisté, j’ai jeté un œil. Y’a un côté intéressant à voir comme Sono a tourné l’histoire du drama en un film de deux heures, en allégeant la partie extraterrestres un peu trop abusée, mais au final c’est quand même grave dispensable…

    Par contre, y’a pas à dire, ce type sait choisir ses actrices, heureusement que je suis à sec, j’étais à deux doigts de me prendre un billet direct pour le japanisthan…

    • Moi c’est pour le ratio de Megumi que je suis un peu à sec. OK, on reluque ses imposants oppai mais son visage bien sérieux est un peu ennuyeux. Hâte de le revoir dans le film de S-F que lui a concocté son mari…

      • Effectivement Dr Olrik. J’aimerai surtout revenir sur le cas de la patiente, délicieuse et rare Megumi Kagurazaka. Oui, rare. Trop rare. Beaucoup trop. Que devient-elle ? A croire qu’elle a disparue de la circulation. Et ce que tu nous écris là sur sa présence communique une certaine frustration. Vivement ce film de SF parce que nous n’en pouvons plus !

        • J’évite de lire trop de retours sur Whispering Star. Impossible avec la B-A mystérieuse de déterminer s’il s’agit d’une chef d’oeuvre ou d’un nanar. Mais j’ai hâte, beaucoup plus que pour Love & Peace que je n’ai toujours pas vu.

  4. Oui, c’était un peu mon visage lors des 5 premières minutes.

  5. Alors la, j’ai enfin eu ma dose de jupette de mes rêves, respect.
    Sono est parfait pour survitaminé l’office du tourisme du Japon.
    Tourner de telles séquences en restant sérieux ne doit pas être bien facile,
    j’aimerai bien voir le bêtisier.

    Désormais je pense même l’appeler Sono Fion.

    • « Sono est parfait pour survitaminé l’office du tourisme du Japon. »
      Clair que leur concept du « cool Japan » trouverait avec Sono un réel moyen de booster encore plus les chiffres du tourisme.

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