Pleasure Campus, Secret Games (Tatsumi Kumashiro – 1980)

Kinjirareta-Asobi-(1980)

Sachiko, jeune lycéenne bien sous tous rapports, a la malchance d’être née sous une mauvaise étoile et surtout de faire sa scolarité dans un bien étrange lycée. Punie pour s’être dénoncée comme instigatrice d’un chahut (elle s’est en fait accusée pour protéger le réel coupable pour lequel elle en pince sévère), elle se voit contrainte de nettoyer la salle de physique-chimie. Rien de bien méchant mais voilà, alors qu’elle est occupée d’astiquer des éprouvettes, elle s’aperçoit que cette tâche ménagère n’est pas sans lui procurer de curieuses sensations dans son délicat corps de bijin en devenir. Et une idée en amenant une autre, c’est tout naturellement qu’elle plonge une éprouvette dans un endroit pas forcément prévu pour. C’est alors que, stupeur ! entre dans la salle un prof d’EPS fort courroucé de voir que l’apprenante n’a qu’un piètre respect pour le matériel scolaire. C’est le début des malheurs de Sachiko qui, de ce professeur à son papa en passant par le principal et le principal adjoint de son bahut, va comprendre combien le monde des hommes est dur (et raide) mais nécessaire pour qu’une jeune bijin devienne la Japonaise de demain…

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快楽学園 禁じられた遊び (Kairaku gakuen: kinjirareta asobi)

Bon, avec le temps je crois pouvoir me targuer d’avoir vu une jolie collec’ de roman porno. Pas encore du niveau de Thomas Weisser ou de Jasper Sharp mais enfin, sérieux ou bouffons, chefs d’œuvre ou nanars, je pense qu’ils peuvent maintenant se compter par dizaines. On pourrait croire que l’on finit par être blasé et vacciné eh bien pas du tout ! Il est encore des moments où j’en reste comme deux ronds de flan face à ma TV. Et dans le genre WTF à fond les manettes, ce Pleasure Campus Secret Games se pose là.

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Ayako Ohta dans le rôle principal

Improbable mix entre la Justine de Sade et le Harenchi Gakuen de Go Nagai, le film fait défiler des scènes d’un incroyable mauvais goût qui, pour les amateurs, devrait les combler d’aise.

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Ça rentre, ça sort, ça rentre, ça sort…

Pour les autres, ce sera forcément plus grinçant puisque Sachiko, en digne épigone de Justine, ne cesse de se faire violer (si j’ai bien compté quatre fois dans la salle de physique-chimie, une fois par ses parents, une par son petit ami et la fille avec laquelle il la trompe, et enfin une… en public, lors d’une fête scolaire !). Le film reprend un « comique » de répétition qui devait être le lot du manga original de Michio Hisauchi. Pas d’intrigue en particulier, on est dans un univers inversé, un anti-récit d’apprentissage jouant sur le double registre : d’un côté le viol, de l’autre la bouffonnerie des remontrances valant à la pauvre Sachiko ses turpitudes : si elle se fait violer, c’est uniquement pour lui apprendre à devenir quelqu’un de bien.

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La salle des profs du lycée : une salle remplie de « gens bien », entre tronches de yakuzas et prof loubarde s’asseyant les jambes écartées. A noter que le rôle est tenu par Junko Miyashita dans son dernier rôle dans un roman porno. Pour fêter la quille, cela lui vaudra une scène de gang bang avec quatre de ses collègues alors qu’ils devraient être en train de préparer leurs cours. À côté, les personnages de P.R.O.F.S. sont un modèle de professionnalisme.

A côté des infortunes de Sachiko, on assiste aussi à celle de quelques personnages secondaires comme celui de ce prof de chimie en manque de virilité :

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… qui va inventer une potion pour se redonner confiance et enfin faire sa fête à son assistante qui va se retrouver affublée pour l’occasion d’une tenue de bunny girl. Ou encore ce professeur très chiffe-molle qui s’aperçoit que sa femme a une liaison avec un homme masqué qui joue les malfrat violeur pour le plus grand plaisir de celle-ci. Il comprendra que la reconquête de son épouse passera par une ingénieuse mise en scène :

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– Tu vas voir ce que tu vas prendre salope !

– Oh ! Mon chéri !

Bref, on l’aura compris, Pleasure Campus fait partie, dans la vaste galaxie des roman porno, à la catégorie des pelloches que l’on pourrait qualifier de « gratinées ». Il ne faut pas chercher du haut de gamme tant dans la photographie ou la réalisation : jusqu’au bout de la connerie et du mauvais goût est le seul crédo de Kumashiro et il faut reconnaître qu’il excelle assez bien dans ce beau programme.

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Socquettes blanches et cul poilu : tout le film résumé en un seul plan.

4/10

 

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