She Cat (Shingo Yamashiro – 1983)

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Pas évident de résumer l’intrigue de She Cat (Meneko). Commençons peut-être par évoquer le personnage principal, Mineko Kagami (Neko pour les intimes, jouée par Ai Saotome), gynécologue de son état, qui entretient une liaison avec une autre gynéco de la clinique où elle bosse. Jusque là tout va bien. Deux gynécologues saphiques, après tout rien de plus banal, tout pareil que la vraie vie (enfin, telle que je l’imagine). Après, ça se complique lorsque les deux femmes, présentes à une fête gay, se font tirer dessus par une bande de cinglés tirant à travers une fenêtre. On pourrait croire qu’il s’agit d’une poignée d’opposants au mariage pour tous mais non, il s’agit de ces types :

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Grrrr

C’est qu’en fait, la cible n’était pas les deux gynécos et encore moins le gay qui sera touché par une balle et qui mourra peu après, mais une étrange femme trimballant avec elle un étrange sac avec à l’intérieur un objet encore plus étrange ! Tout cela est fort étrange me direz-vous, certes, mais assurément ça l’est bien moins que l’intrigue qui alterne moments comiques, scènes de sexe crapuleux, scènes de sexe romantiques et même à la fin gunfight dans le plus pur style yakuza eiga. Ajoutons à cela un égorgement au scalpel et des flashbacks traumatiques ou l’on voit Neko se faire agresser au couteau par une folle, et l’on obtient un roman porno finalement plutôt atypique et assez accrocheur. Avec raison, Jasper Sharp évoque dans son livre Behind the Pink Curtain Dario Argento pour parler de ce film. Par son mélange d’érotisme et de scènes sanglantes, difficile en effet de ne pas penser au giallo. Et au-delà des scènes de fesse, c’est tout l’intérêt des roman porno que cette aptitude à emprunter à n’importe quel genre. Après, on pourra trouver l’intrigue parfois un peu confuse, mais pour ce qui constitue le premier film d’un réalisateur jusque là surtout connu pour faire l’acteur, l’ensemble, dans sa volonté de sortir des sentiers battus, ne manque pas d’intérêt.

Et puis, il y a Ai Saotome. 1m63, 49 kg et, nous précise le Wikipédia japonais (miracle de l’internet !) un sympathique 80/57/84. Malgré le handicap d’une coiffure et d’un maquillage so 80’s, notre bijin compense par une plastique du plus bel effet dans les scènes de saphisme :

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Gif totalement dispensable, je sais.

… mais surtout dans la fameuse scène de douche où Yonezo Maeda, le chef op’, montre une certaine inventivité photographique, notamment par ces plans où la caméra est fixée au niveau de la pomme de douche. Dans les scènes hétéro, le fils à papa du film (une petite ordure) à toutes les peines du monde à se décrocher de certains globes, on veut bien le comprendre.

Ayant la réputation d’être frigide, son personnage semblera vaincre son problème grâce à une scène érotico-romantique avec le bogosse du film, un restaurateur ancien pilote de course :

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Vous l’aurez compris, Yamashiro aime bien les scènes de malaxage de poitrines, fussent-elles masculines.

À côté de cela, « Neko » se métamorphose au cours du film en redoutable flingueuse et lanceuse de scalpel dans le plus pur style « Sasori ». Tout cela est certes un peu WTF?! mais franchement, si vous êtes du genre à rationaliser pour un oui ou pour un non et à jeter des hauts cris devant des incohérences d’un roman porno, allez donc plutôt geindre du côté des forums d’IMDB.

A côté du personnage d’Ai Saotome, il y a donc celui de son amante et de la mystérieuse femme se trimbalant sa boite. Les deux ont aussi droit à leurs scènes dévêtues. Comme on a bien compris que l’éclectisme est le fort de Yamashiro, je vous prie de croire que ces scènes sont plus portées sur le crapoteux que le romantique. Un peu dommage d’ailleurs, on a l’impression que la scène de viol au milieu du film n’a d’autre but que d’en donner pour son argent à l’amateur d’émotions fortes. De ce côté-là, c’est réussi, mais de l’ignoble au grotesque il n’y a parfois qu’un pas, comme en témoigne ce curieux plan :

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Je vous laisse imaginer quel est le point de vue adopté par la caméra.

Par son atmosphère giallesque, Meneko parvient donc à surmonter ses défauts et à faire passer l’heure et demie (longueur assez inhabituelle pour un roman porno) sans faire bailler d’ennui le spectateur, effet que les productions de la Nikkatsu ont malheureusement assez souvent. Et ça, c’est déjà pas mal pour un réalisateur qui a cru bon de faire apparaître ainsi son nom au générique :

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Amour du bon goût, quand tu nous tiens.

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Meneko est disponible dans la collection « Nikkatsu erotic films collection » chez Impulse. Le transfert est très correct, bien meilleur en tout cas que dans les roman porno de Wild Side qui offrent souvent une image entrelacée.

 

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