Chasseur de Vierges (Kurahara Koretsugu – 1977)

Se mater du bon vieux pinku made in Nikkatsu tient souvent du quitte ou double. Ou bien l’on abdique au bout de vingt minutes, sûr que, non, rien décidément dans le film lèvera en vous un un quelconque intérêt (et lèvera encore moins autre chose), ou bien justement un élément pas vu dans d’autres films de ce type vous apparaît et là, la courte longueur du métrage aidant, vous vous décidez à aller jusqu’au bout. Pour ma part, ce désopilant Chasseur de Vierges appartient à la seconde catégorie. Et pourtant, rien a priori ne plaidait en sa faveur. Jugez plutôt :

le thème : pas le plus primordial pour aimer un pinku mais enfin, on peut avoir plus d’affinités pour certains que pour d’autres. Ici il s’agit du thème des amours lycéennes (perso, voir des actrices jouer les nunuches en sailor fuku, bof) et… du viol. Pour ce dernier, on sait ce que certains réalisateurs de roman porno ont pu faire, alternant entre le film coup de poing pas forcément inintéressant, et la daube où la leçon crapoteuse serait « de toute façon, elles n’attendent que ça ». Bref, rien de bien aguichant en ce qui me concerne.

l’histoire : Misa, star et sportive number one de son bahut est bien embêtée : Ryu, un nouvel élève, a la manie de violer systématiquement les reines de beauté des multiples établissements où il traîne ses guêtres, et est bien décidé à lui faire subir le même sort. Bon, évidemment, présenté comme cela, on se dit que l’on a affaire à une daube insondable à la limite du supportable. Mais attendez un peu, ce n’est pas fini, laissez-moi explorer encore plus en avant.

Le bon Doktor Olrik examinant un pinku eiga pour le bonheur de ses lecteurs.

le potentiel bijinesque : pour ma part très important ! De belles scènes de fesse, c’est bien. Mais avec une Nikkatsu queen, c’est mieux. Las, la petite Asami Ogawa, alors âgée de 22 ans, est bien mimi mais n’a évidemment pas le même magnétisme d’une Naomi Tani. A côté d’elle, citons malgré tout la présence de Tamaki « gros lolos » Katsura, malheureusement le temps de deux courtes scènes.

les scènes de fesse : justement, parlons-en. Ou plutôt, n’en parlons pas tant la chair est triste et sans imagination. Ça copule frénétiquement et ça ne sait pas. Tout comme le réalisateur, Kurahara Koretsugu, alors à son dernier roman porno (il n’était que trop temps que ce tâcheron arrête le massacre), qui n’est manifestement pas un Masaru Konuma. Amateurs de parties de jambes en l’air cinégéniques, passez votre chemin !

Comme je le disais donc plus haut, dans 90% des cas, quand je tombe sur un roman porno qui présente un aussi sinistre tableau, j’arrête au bout de quelques minutes. C’est arrivé récemment avec Pink Tush Girl de Koyu Ohara. Mais là, comment dire ? impossible d’appuyer rageusement sur le bouton stop de la télécommande. Au contraire, dès les premières scènes j’ai capté que le film allait être pour moi tant derrière les maladresses de ce butor de Kurahara planait l’ombre d’un fou furieux à binocles bien connu, j’ai aimé Go Nagai !

Coucou c’est moi ! Toujours un plaisir d’être cité sur ce site !

Go Nagai et plus particulièrement son mythique Harenchi Gakuen qui lui valut les foudres des enseignants et des associations de parents d’élèves (précisons ici que le titre original de Chasseur de Vierges est Erosu Gakuen : kando batsugun ce qui, traduit avec mon prodigieux talent dans ce domaine, signifierait : le lycée érotique : Dieu que c’est bon ! le clin d’oeil avec le manga de Nagai est en tout cas très clair). Déjà évoqué dans mon article sur le mekuri (que je réuploderai bientôt, promis !), ce manga mettait en scène un collège délirant peuplé de professeurs pervers et d’élèves pas forcément plus sages :

Et encore, vous voyez là une journée soft.

Dans la foulée du grand succès de ce manga auprès des kids, en dépit des grincements de dents parentaux, furent tournés quatre films par la Nikkatsu avec rien moins que le grand Joe Shichido :

Le thème de l’établissement scolaire partant totalement en vrille connaissait alors ses lettres de noblesse et l’on devine bien ce que lui doivent des mangas tels que Kimengumi (un Collège fou fou fou) ou Urusei Yatsura (Lamu), avec pour ce dernier le personnage d’Ataru, élève libidineux que l’on croirait tout droit sorti d’Harenchi Gakuen :

Bref, tout cela pour dire que ce Chasseur de vierges est à la jonction de deux univers, celui de Go Nagai et celui du roman porno. Et c’est sans doute là, pour l’amateur de manga et de fiction érotique nikkatseque, l’unique intérêt du film. Que ceux qui n’aiment pas les films jouant ouvertement la carte de la débilité fuient ! Que les autres se frottent les mains, ils vont assister à un invraisemblable spectacle où il ne faudra pas chercher la moindre once de rationalité chez les personnages et encore moins la moindre moralité. Tout est prétexte à la cocasserie, à l’humour du type « poil de bite dans le potage ». Une des amies de Misa veut-elle aller tranquillou aux gogue pour faire la grosse commission (et ôter un tampon qui semble avoir absorbé un litre de raisiné) que…

Kyâââ ! Qu’est ce que c’est que ça ?! On dirait une reproduction du vit d’Olrik !

Et je vous passe le plan quelques secondes plus tôt où l’on voit un manche à balai glissé en dessous la cloison, manche surmonté d’un gode lui-même recouvert d’une capote (en fait non, après réflexion, je ne vous le passe pas) ! Ceci est un exemple parmi tant d’autres. J’aurais pu citer celui de la vieille prof qui, choquée après être tombée sur Ryu en train de baisotter avec une des amies de Misa, s’empresse de filer à la salle des profs pour raconter ce qu’elle a vu en reconstituant la scène avec force pelotages de ses collègues. J’aurais tout aussi bien pu vous narrer un combat de judo qui évidemment vire au 69. Et que dire d’un des soupirants frustré de Misa qui, tout déconfit d’avoir vu sa place ravie par Ryu, va tourner son dévolu libidineux sur un objet de désir fort incongru ? Vous l’aurez compris, plutôt que d’érotisme, on devrait plutôt parler ici d’obscénité. Montrer l’acte sexuel de manière sophistiquée, esthétisante, n’est absolument pas le propos (les copulations sont peu nombreuses et ne durent que quelques secondes), ce serait plutôt de faire une tambouille obscène où le mauvais goût est roi. Et magnifiquement incarné par Ryu, ce serial violeur se vantant d’avoir un « taux de 100% en matière de possession des reines de beauté des établissements qu’il a fréquentés », et qui a tout du croisement entre Clint Eastwood et le bouseux japonais :

Il faut ici évoquer une constante : la nullité des personnages masculins. Entre ceux qui soignent leur libido désespérément vide en faisant des rêves érotiques, en jouant les voyeurs ou en se tapant la truie de Ryu, et ledit Ryu certes sans problème de ce côté-là, mais obligé de jouer de sa force, parfois joliment joué par la bande de Misa et franchement ridicule avec son côté Belphégor à la grosse quéquette :

Tremblez viles pucelles ! Le règne de Membrax arrive !

… entre ces deux types de personnages donc, Misa atteint une certaine hauteur, acquiert une force tranquille bien résumée par cette scène, elle aussi d’un goût exquis :

Venant d’être violée par Ryu, la jeune femme s’assoit sur ces marches. Elle s’aperçoit alors qu’un filet de sang coule entre les jambes, sang que le goret vient lécher (burp). Munie d’un vêtement rouge et or évoquant le fundoshi de Ryu, la bête apparaît alors comme l’incarnation de la libidinosité masculine. Et Misa peut en effet être tranquille. La perte du pucelage a été rude mais lui a offert deux leçons : tout d’abord que les hommes sont des porcs (mais ça on l’avait compris dès le début du film). Ensuite que ce sont des porcs  qui ne demandent qu’à être domestiqués. Ryu peut dominer par la force, il restera un faible, un dominé, une brave bête d’homo japonicus perdant finalement tous ses moyens devant une bijin.

Girls rule !

Sur ce, les notes, hop !

notes-olrik-chasseur-vierges

Terminons avec une nouveauté : L’OLRIK AWARD de la meilleure scène ! Pas facile de la décerner avec un tel film tant le WTF?! est cultivé avec allégresse par Kurahara. Cela dit, si comme moi votre fantasme n°1, du genre à peupler vos rêves humides, a toujours été de voir Tamaki Katsura dévaler une pente à vélo les mamelles au vent, ce film est pour vous !

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2 Commentaires

  1. Bon ! Je ne sais par où commencer. De toute façon, c’est à chaque fois la même avec ce genre de prod’… par où commencer ? Si ce n’est que mes yeux sont restés vierges de cette peloche et c’est sans doute tant mieux. D’autant plus qu’avec ton award, on a vu le meilleur et même si je ne l’ai pas vu, j’annonce que c’est la meilleure des scènes. Une Tamaki Katsura à oilpé et à vélo, ça vaut son pesant de cacahuète.
    Par contre, j’apprends au passage qu’il faut passer son chemin devant « Pink Tush Girl » avec Kaori Takeda. Damn ! Comme dirait un amerlock en loque.
    Sans ça, je me le note tout de même sur mes tablettes… damn ! Ce que j’aurai donné pour que le bahut prenne de ces allures obscènes.

  2. « Si ce n’est que mes yeux sont restés vierges de cette peloche et c’est sans doute tant mieux. »

    Was ? C’est un expert en zéderies hongkongaises qui dit cela ? Ma parole ! on nous a changé notre I.D. !

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