Hyuga hyottoko natsu matsuri

Le matsuri de Hyuga n’est pas le plus fameux des matsuris d’été. De fait, bien qu’il y ait du monde, rares sont les touristes gaijin qui font le déplacement pour y assister. Il faut dire qu’il faut en vouloir : Hyuga se trouve à mi-chemin entre Miyazaki et Oita. Pas d’aéroport, juste des routes ordinaires pour y accéder (même pas sûr qu’il y ait une autoroute à proximité) et un tortillard longeant les côtes :


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Mais voilà, comme beaucoup de petites villes, Hyuga a su se doter en 1984 d’un matsuri à la fois modeste et unique en son genre. Tellement unique qu’il est considéré comme le matsuri le plus célèbre de la préfecture de Hyuga. Pas d’éparpillement, juste un thème lié à un personnage que ceux qui sont allés au Japon ne connaissent peut-être pas de nom mais ont vu au moins une fois par le biais d’illustrations ou de masques : 

Hyottoko

Appartenant au folklore, Hyottoko est sans le plus célèbre personnage de bouffon. Venant de « Hi » (le feu » et d' »otoko » (l’homme), il est à l’origine une sorte de dieu du feu. Sa bouche tordue, souvent représentée par deux points rouges, évoque la pipe qu’il y avait toujours vissée et par laquelle il soufflait du feu. Traditionnellement, dans une danse appelée dengaku, il est associé à un autre célèbre pesonnage : 

Okame

Divinité de la bonne humeur qui, par une danse érotique, est parvenue à faire sortir d’une caverne la déesse Amaterasu. Peut-être ici vous dites-vous : « une danse érotique ? super ! y’a bon! ». Auquel cas je me dois de réfréner vos ardeurs en vous avertissant que vous ne trouverez pas dans cet article de danse du ventre, de strip tease ou de poll dance shinjukesque. Imaginez juste une bonne femme joufflue engoncée dans des vêtements par forcément saillants et avançant sans le moindre déhanchement lascif, le tout ponctué de gestes du style « viens donc chez moi, on va se boire une tisane ! ». Non, en fait de bijin, il faut attendre patiemment ou les Hyuga girls fassent leur speech sur scène :

Vé la pitchoune !

Bref ces deux personnages, associés à celui de Kitsune le renard :

… forment le trio thématique du festival. Et ce qu’il propose est archi-simple : rien moins qu’un concours de danse. Chaque participant endosse le costume et le porte le masque du personnage de son choix, choppe un numéro de participant et, avec ses concurrents, monte sur scène pour montrer durant dix minutes sa maîtrise de la danse de Hyottoko, d’Okame ou de Kitsune. Le tout sur toujours la même musique, à savoir celle-ci :

Imaginez, des heures en plein cagnard avec cette musique ! Croyez-moi, même si vous n’assistez qu’une seule fois à ce matsuri, la ritournelle vous hantera encore bien des années après. De quoi vous demander si le matsuri n’est finalement pas un peu lassant sur les bords. Disons plutôt qu’il est répétitif, avec ce que cela suppose de vertu hypnotique. La danse obscène de Hyottoko, ses vigoureux mouvements de hanche comme s’il donnait un coup de bite dans le vent amuse d’abord. Et puis très vite on s’en détache, on oublie et on va voir ailleurs. Et cet « ailleurs » a bien peu de choses à offrir : stands de bouffe, de masques joliment confectionnés par des artisans locaux, et c’est tout.

Et certains canaris aux jolies jambes.

On comprendra du coup que le festival, malgré les milliers de visiteurs qu’il draine chaque année, semble plutôt réservé aux habitants et à ceux de la préfecture. Reste que j’ai fait deux fois ce festival et à chaque fois avec un certain plaisir. Pour la deuxième, je venais en connaissance de cause mais sans déplaisir que je retrouvai la ribambelle de masques grotesque et la ritournelle entêtante qui accompagne leur sarabande. Magie du matsuri, quelle que soit la saison, on s’y love, on vaque à ses occupations photographiques, on déguste de temps à autre une cochonnerie, on sympathise gentiment avec l’autochtone bref, on passe un moment sympa et on en oublie qu’il doit bien faire 35°C.

« Matez les mecs comme le gaijin transpire à grosses gouttes ! – Oh, le con! »

Oui, même si l’intérêt va commencer à devenir limité, bien plus en tout cas que l’Erekocha matsuri de Miyazaki, j’y retournerai, ne serait-ce pour assister cette fois-ci à la parade nocturne de tous les participants dans les rues de Hyuga. A un moment où les corps sont fatigués et en même temps repus de bière japonaise pour se désaltérer, je gage que le spectacle offre un surplus de folie forcément photogénique.

Je termine avec une vidéo perso. Dans le fatras de bouts de vidéos que j’ai pu récolter, faire un truc un minimum construit n’a pas été évident. On essaiera de faire mieux la prochaine fois.

Du même tonneau (ou presque) :

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2 Commentaires

  1. Il est super ton montage, y’a pas de quoi être aussi modeste ! La musique est bien en rythme avec les danseurs, et l’ensemble transcrit bien l’ambiance de Matsuri avec grillades à gogo et gens assis par terre.
    Ayant fait Kagoshima-Beppu en train, je confirme en tous cas qu’il faut de la motivation pour aller dans ce coin. Quoi qu’avec le Shikansen jusqu’à Kumamoto c’est plus accessible maintenant peut-être…

  2. Merci pour le retour. Effectivement, ce montage est meilleur que pas mal de trucs sur youtube mais ça reste encore truffé de défauts, notamment au niveau de la prise d’images (faut que j’arrête de filmer en marchant) et de la qualité (pas de miracle avec une pauvre petite Aiptek). Mais j’aime de plus en plus la vidéo et je me promets de faire mieux à coups de gambarimasu (un de ces reflex faisant de la vidéo ne serait pas non plus de refus) !

    Pour le Shinkansen, c’est vrai, j’avais oublié ça. Après, à partir de Kumamoto je sais pas du tout ce que la kyushu railway propose…

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