Tora-san 47
C’est dur d’être un homme : La Dame du lac (Otoko wa tsurai yo: Haikei, Kuruma Torajirō-sama)
Yôji Yamada – 1994
Le générique de cet épisode possède un tempo plus lent qu’à l’accoutumée (croyez-moi, pour avoir entendu le générique un bon paquet de fois ces derniers mois, j’ai l’oreille), donnant d’emblée au film un aspect pesant, poussif. Aspect que l’on avait dès l’affiche. Bon, les affiches de Tora-san n’ont jamais été des modèles d’originalité, mais enfin, voir Tora-san souriant, tout sourire, la peau presque aussi tendue qu’époque de ses vingt ans alors qu’Atsumi commence à être au plus mal physiquement (visage gonflé, cancer qui se propage aux poumons…) n’était pas pour me rassurer. De même, Mitsuo dans une position grotesque, comme pour indiquer que désormais, le facteur comique lui incomberait (de fait, il a particulièrement ici un côté Gaston Lagaffe)…
Bref, ça commençait mal. Mais il faut croire que c’est toute la force de l’univers construit patiemment par Yamada durant presque vingt-cinq ans. Ça tient encore, et oui, il est possible d’avoir encore du plaisir devant ce 47ème opus.
Alors certaines choses ne sont plus possibles. Ainsi l’habituelle violente altercation avec la famille qui annonce le départ de Tora. On ne le montre plus car Atsumi n’a plus l’énergie pour. Elle sera racontée par Sakura au téléphone à Mitsuo. De même certains monologues enfiévrés du colporteur. Dans l’une des meilleures scènes du film, Tora montre à sa famille son art du bagou pour refourguer n’importe quelle marchandise. Avec l’Atsumi plus jeune de dix ans, ça aurait été irrésistible. Là, c’est juste amusant. Mais, encore une fois, « ça tient ».
En tout cas il ne faut plus espérer une intrigue faisant la part belle au colporteur. Dorénavant, il sera surtout une sorte de bon génie qui contribuera à influer positivement sur les personnes qu’il croise. Et finalement, on en fait son affaire tant on s’amuse de retrouver les autres personnages, notamment Mitsuo kun. Il est maintenant un jeune employé dans une entreprise et, comme c’était à craindre, n’est guère heureux de son sort. Il rencontre une jeune madone, la sœur d’un senpai de l’université, Nao (Riho Makise), et le duo fonctionne de nouveau parfaitement, bien aidé par le cadre enchanteur de la petite ville de Nagahama et du matsuri qui s’y déroule. Après quelques sombres nuages sur leur liaison, le film se termine sur une note positive, laissant supposer aux spectateurs de l’époque que Mitsuo ne connaîtra sans doute pas les mêmes déconvenues amoureuses de son oncle.
Episode satisfaisant donc, mais, encore une fois, je regrette que Yamada n’ait pas cherché à davantage fructufier son univers, par exemple en jetant un sort particulier sur un de ses personnages (Hiroshi, Sakura, Tako…) le temps d’un épisode. Je me suis habitué à Mitsuo parce que je sais qu’il n’y a pas tant d’épisodes que cela axé sur ses déboires. Mais si j’avais découvert les films au moment de leur sortie, j’aurais peut-être davantage maugréé.
7/10














