Angoulême 2020 : 20/20

Achevée le week-end dernier, la 47ème édition du FIBD m’a laissé retrouver mes pénates dimanche soir totalement éreinté. Ereinté mais satisfait aussi avec le net sentiment d’en avoir bien profité puisque j’y ai cette fois-ci traîné mes basques non pas une journée comme c’était l’habitude mais trois (jeudi, samedi et dimanche). Et ça change tout. Oubliées les expos visitées en coups de vent parce que j’avais à me rendre à telle heure à un stand pour une dédicace. Là, j’ai pu pleinement explorer les différents lieux du festival, faire un max d’achats, glaner un nombre appréciable de dédicaces et surtout m’en mettre plein les mirettes aux différentes expos. Si je devais parodier l’énumération de Goscinny sur la couverture d’Astérix et Cléopâtre, voici ce que ça donnerait :

3 jours de festival. 23 heures cumulées. 34614 pas. 7 livres dédicacés. 6 expositions. 250€ d’achats.

Oui, avec ces 250€ je crois pouvoir affirmer que j’ai dû en cours de route griller un fusible mais d’un autre côté aucun remords, l’envoi aux urgences de ma carte bleue pour soins intensifs ne pèse pas lourd dans ma conscience, tout à ma joie de trouver une place dans ma bibliothèque à la quinzaine de bouquins rapportés. Comme disait Goethe, les collectionneurs sont des gens heureux, il avait raison.

Rangeons tout de même ce volume dans un coin caché de la bibliothèque, faudrait pas que les kids tombe dessus. Très “âmes sensible s’abstenir !”

En fait c’est plus ce chiffre de 7 livres dédicacés qui me surprend. Si faire le pied de grue pour récupérer un dessin a pu autrefois m’intéresser, j’ai par la suite dédaigné cette activité sur le mode « I’m too old for this shit ». Rester une heure dans une file d’attente alors que l’on pouvait utiliser cette heure pour prendre son temps dans une belle exposition, je ne comprenais pas. Le changement a commencé à se faire l’année dernière, avec le cirque pour récupérer une dédicace de Taiyou Matsumoto. Avec cette opération chronophage, j’avais vu le temps à consacrer aux autres activités se réduire drastiquement et c’est alors que je me suis dit que deux journées à consacrer au festival ne serait pas du luxe. Ce que j’entrepris de faire cette année et même avec un bonus, avec cette journée préliminaire le jeudi.

Avec ces trois journées, autant dire que l’immersion a été totale et sans qu’il y ait forcément eu une impression de redite. Avec en fil rouge la petite excitation de mettre la main sur l’exemplaire d’un titre dédicacé. Les dédicaces n’ont pas été non plus une obsession, mais un fil rouge lors des deux premières journées assez plaisant.

Si je me souviens bien, je crois avoir eu ma première dédicace en 1983, à Angoulême. Ecolier, j’avais accompagné mon père au festival et j’avais rapporté un Ric Hochet dédicacé par Tibet et Duchâteau (exemplaire qui a d’ailleurs depuis longtemps mystérieusement disparu de ma bibliothèque, je soupçonne mon frangin de me l’avoir emprunté et de ne me l’avoir jamais rendu). Le dessin était quelconque, Ric Hochet rapidement dessiné de profil mais qu’importe, ç’avait été un instant magique. Il y a eu d’autres trophées depuis, dont Moebius (deux trophées rien que pour lui) ou donc Matsumoto l’année dernière. Le mot « trophée » convient d’ailleurs assez bien. Avec les dédicaces, on peut en effet être amené à faire une partie de chasse. D’abord vous prévoyez les horaires afin de savoir quel sera le meilleur moment pour cueillir ces bêtes discrètes que sont les dessinateurs. Puis vous vous rendez sur le terrain, en tenue adaptée car vous savez que vous allez marcher beaucoup et devoir parfois vous tenir longtemps immobile. Avec si possible un peu de victuailles dans le bissac, pour reprendre un peu de force et se remonter le moral. Ne pas hésiter non plus à être matinal et arriver en avance par rapport aux heures choisies. Sur le terrain, on tombe inévitablement sur d’autres collègues chasseurs, on se raconte de vieux souvenirs de chasse. Et puis, à un moment, vous vous trouvez face à votre proie. Il faut avoir alors le réflexe sûr. Vous dégainez votre album et le tendez d’un geste sûr vers votre proie qui n’aura d’autre choix que d’appliquer sur la page de garde un magnifique dessin. PAN ! PAN ! Voilà, c’est fait, vous ne rentrerez pas bredouille et serez fier de montrer le soir venu à vos proches le trophée du jour.

Il faudrait que je comptabilise mes trophées. Par rapport à d’autres, le chiffre doit paraître ridicule mais quand même, depuis le temps ça doit quand même ressembler à quelque chose. Et avec donc le désir maintenant d’en augmenter le nombre, un des symptômes de la collectionnite. Nous verrons cela pour Angoulême 2021 car je n’ai guère d’autres opportunités là où je suis de chopper d’autres dédicaces. En attendant cela, retraçons donc le fil des festivités du festival le W-E dernier, avec un article récapitulatif qui est devenue une habitude depuis quelques années et qui promet de l’être encore durant bien d’autres.

Si vous avez un peu suivi l’actualité du festival vous le savez, concernant les mangas le festival s’organisait autour d’une sainte trinité : TSUGE – KISHIRO – ASANO.

Dès la première journée j’avais pour programme chargé de voir les expositions consacrées aux deux premiers et de chopper une dédicace du troisième. Histoire de gagner du temps en évitant la galère de trouver une place pour la voiture, j’eus l’idée de me rendre au festival en car. Une heure de route, 2 euros le voyage, ça me semblait intéressant pour gagner du temps. En fait mal m’en a pris : en plus de NRJ et de sa musique de merde que j’ai dû me farcir tout le long, à l’arrivée on a dû se cogner un embouteillage monstre du fait de l’arrivée de Macron qui avait décidé de montrer qu’il kiffait la BD. Ça commençait mal et c’est à 10H20 que j’ai pu descendre de l’Espace Franquin. Ça allait vite s’arranger avec une rapide visite à mon cousin. Fantasio a son cousin Zantafio, moi j’ai mon cousin Rikol. A la différence qu’il n’est pas tourné vers le mal mais vers le bien, en particulier celui du festivalier puisqu’il est à la tête d’une des activités proposées lors du festival. J’en avais déjà parlé, l’homme est généreux et sait rendre service à la familia :

Ma Olrik ! Tou es dé la famille ! Tu peux mé démander ce que tou veux, tu sais bien que jé té lé donnerai !

Et un peu magicien avec ça, le cousin Rikol. Il n’a juste qu’à plonger sa main dans sa poche pour qu’imméditement, HOP ! surgisse non pas un lapin mais…

Un pass VIP !

Mesdames les lectrices, admirez au passage la pilosité virile, très Sean Connery dans Goldfinger, de votre serviteur.

Mon cousin, c’est un peu un de ces bons mages que l’on rencontre dans des RPG vidéoludiques. Je sais à chaque fois que je ne repartirai pas les mains vides puisqu’en plus du précieux pass l’ami me donne un sac avec quelques albums ayant concouru pour un des prix du festival. Moi, maintenant je prévois le coup, je mets une bonne bouteille dans mon sac pour la lui filer en échange de ses bons procédés.

Le quart d’heure de causette passé, je le laissai à son programme chargé (dans les différents sens du terme d’ailleurs, quand je le revis samedi après-midi, il était effectivement bien chargé des nombreux verres de champagnes engloutis lors de moult buffets mondains) pour me rendre recta à la bulle du Nouveau Monde. Un objectif, confirmer au stand du Lézard Noir que les horaires de dédicaces de Hisao Eguchi.

J’aime bien le Lézard Noir, leurs publications sont certes un peu chères mais comme ce sont des titres atypiques avec en plus la volonté de proposer un format plus grand, je suppose que les tirages et les coûts de fabrications ne permettent pas de descendre sous la barre des 10€. En tout cas ajouter Eguchi à leur catalogue est un joli coup. Pour ma part j’ai regretté de ne pas avoir acheté lors de mon précédent séjour au Japon son dernier artbook, STEP. J’avais failli l’acheter et puis, comme j’avis déjà énormément dépensé en bouquins, j’avais laissé tomber. C’est dommage car plutôt qu’un exemplaire de Stop ! Hibari Kun, je le lui aurais volontiers fait dédicacer. Bref, au stand je demandai eu gérant barbu les conditions de la dédicace : pas de tickets, on achète un exemplaire au stand et normalement c’est bon, les mangakas étant rapides pour dédicacer, tout le monde devrait trouver son bonheur. J’achetai en prévision de la dédicace (qui aurait lieu samedi matin à 10 heures) le tome 1 de Hibari kun puis filai vers l’espace « le monde des bulles » (communément appelé la bulle du champ de Mars ».

Il y avait déjà un peu la queue à l’entrée, à cause des multiples fouilles pour le plan vigipirate. C’était sans compter sans le pouvoir de mon pass VIP, coupe-file magique qui me fit instantanément gagner 10 minutes d’attente. A l’intérieur les habituels éditeurs franco-belges mais aussi Urban Comics et autre Panini Comics. Un coup d’œil au programme des dédicaces chez Dargaud : Clérisse-Smolderen à 15H. Bon, pourquoi pas ? On verrait cela. Passage sinon obligé chez Casterman qui depuis quelques années fait régulièrement venir un mangaka. Cette année c’était Sansuke Yamada, prix Osamu Tezuka 2018 avec Sengo. Dédicaces à 17H, comme le dernier car était à 18H15, ça pouvait le faire.

Par la suite direction l’Espace Franquin pour une des grosses expos, celle consacrée à Gunnm.

Je la fis un peu rapidement, me disant que de toute façon j’aurais d’autres occasions durant le week-end pour l’apprécier davantage. Mais pour l’évoquer maintenant dans l’article sans y revenir, c’était une très belle exposition. Le commissaire de l’exposition, a en effet bien fait les choses : scénographie élégante et surtout rien moins que 150 planches originales. Le fan de Gunnm n’ayant pu venir au festival n’a que ses yeux pour pleurer car Kishiro lui-même a été vivement impressionné par le résultat. Pour l’amateur de manga de S-F c’était assurément ZE expo à ne pas rater. Elle rendait pleinement justice au travail de l’auteur, les planches choisies montrant la beauté du trait, des ancrages, un travail sidérant de précision, avec parfois des passerelles allant aussi bien du côté d’Otomo que de Moebius. Le tout avec parfois cette rage, cette violence que Kishiro sait rendre dans son trait et ses compsoitions. Seule réserve : l’espace alloué était quand même un peu étroit, y aller le samedi était juste impossible mais d’un autre côté, comme il s’agit d’une œuvre populaire, pas sûr que lui consacrer un espace plus grand aurait changé grand-chose. À noter que la boutique Gunnm au sous-sol offrait un shikishi pour l’achat d’un livre, ce que je fis : 

 

Ensuite direction le musée d’Angoulême avec le gros morceau de l’édition 2020 : l’exposition Yoshiharu Tsuge. Là aussi, je l’ai faite rapidement, me disant que je retournerai la voir plus tranquillement le dimanche. J’en vis cependant assez pour me faire une idée assez juste de la collection de planches rassemblées à grand frais (on parle de plusieurs millions d’euros pour l’assurance de l’exposition) : cette expo était juste une tuerie absolue. Je ne vais pas mentir en affirmant que je connaissais déjà très bien l’art de Tsuge. Je savais que c’était un nom important du manga, qu’il avait été un des piliers du magazine Garo, que son histoire intitulée La Vis était considérée comme une date dans l’histoire du manga, mais c’était à peu près tout. J’avais récupéré sur internet des versions pirates traduites en anglais mais je n’avais jamais pris le temps de les lire. Là, j’ai très vite compris à quel maître j’avais à faire. Je garde surtout en mémoire un stupéfiant travail concernant le rendu des textures. Qu’elles soient minérales, végétales ou liquides, elles dénotent à chaque fois une parfaite possession des moyens techniques. Le genre d’exposition qui fait tomber les barrières du côté de ceux qui ne jurent que par la BD franco-belge ( ou américaine) et qui auraient tendance à prendre de haut le manga. En voyant l’expo, impossible de ne pas se dire que l’on est juste face à un génie du dessin, qu’importe sa nationalité. À ce sujet, dimanche matin une délégation triée sur le volet a pu tranquillement admirer l’expo. Parmi les privilégiés, Tsuge lui-même, Stéphane Beaujean, le directeur artistique du festival, mais aussi Charles Burns et Inio Asano venus vérifier par eux-mêmes que le génie Tsuge n’était pas une légende, qu’il existait encore bel et bien. Imaginer le prodige Asano dans ses petits souliers face au maître en dit assez sur la portée artistique de ce dernier. Petite vidéo sur cette visite ultra VIP (là, mon bracelet n’aurait été d’aucune utilité je pense) :

Une bonne nouvelle pour ceux qui n’auraient pu venir au festival : comme pour les expos Tezuka et Matsumoto, l’exposition sera au musée d’Angoulême jusqu’au 15 mars. Vu que les possibilités de mettre en place ce genre d’exposition étant aussi rares que la venue de la comète de Halley, pas impossible que j’y retourne avec Olrik senior qui ne jure que par la BD franco-belge old school. Je l’avais déjà amené à l’expo Tezuka et il avait rendu les armes rapidement devant la maîtrise technique.

Ensuite, direction Manga City. Là, j’ai un peu merdé. Pensant que le chapiteau avait été dressé à côté du musée de la BD, comme l’année dernière, je suis descendu à pinces le long des remparts pour me rendre compte qu’en fait, non, il avait été délocalisé à côté de la médiathèque. Erreur de débutant, cela m’apprendra à ne pas mieux planifier mes journées. Bref, après une bonne demi-heure de marche j’arrivai au Manga City. On ne va pas faire la fine bouche, l’endroit était plutôt sympa. Je craignais un de ces cirques avec les inévitables cosplays d’ados qui me gonflent bien à chaque fois. En fait de performance, c’était plus sobre et en même temps bien plus classe : Baron Yoshimoto exécutait une gigantesque fresque juste à côté du stand ATOM qui l’avait fait venir.

Le magazine se démerde bien, déjà plusieurs années d’existence au compteur, un nombre considérables de légendes interviewées, il est devenu une valeur sûre pour les amateurs avides d’informations prises à la source. La petite nouveauté cette année venait de la collaboration avec Baron Yoshimoto qui dessinait donc cette fresque tout le long du festival mais qui dédicaçait aussi sur le stand son artbook.

45€ pour un auteur relativement confidentiel, ça me semblait un peu chaud. Mais comme je savais que son nom était à associer à de glorieux magazines (Manga Action, Big Comic, Shônen Sunday, Shônen Jump…) et que samedi, en fin de festival, alors que mon cerveau était un brin grillé, je l’avoue :

J’ai complètement craqué !

Et je ne le regrette pas. Moi, je voulais à la fin juste prendre une photo souvenir du baron mais c’est alors que ce dernier a insisté : « Allez Olrik kun, fais pas ta timide, viens prendre la pose à côté de moi ! » Bon, ben d’accord alors (au passage remarquez mon précieux t-shirt Gegege no kitarô qui augmente automatiquement de 80% le capital sympathie des auteurs pour ma modeste personne. Im-pa-rable).

Bref un moment sympa et qui n’a pas été bien énergivore. Moins le cas en revanche pour l’obtention d’une dédicace d’Asano. Comme pour l’obtention de Matsumoto l’année dernière, il fallait d’abord acheter une nouveauté de l’auteur au stand Kana afin de participer ensuite à un tirage au sort. C’était quelque chose comme 40 tickets gagnants parmi 80 tickets. Bref, une chance sur deux. L’année dernière j’avais à mes côtés le sergent Olrik jr et le caporal Olrik the 3rd qui avaient maximisé mes chances. Là, je ne pouvais compter que sur ma bonne étoile Bref, après 45 minutes à poireauter dans la file, le moment décisif arriva, moment qui me vit avoir en ma possession un ticket…

Ami lecteur fan d’Asano qui tuerait père et mère pour avoir une dédicace de ton magaka préféré, je sais ici ce que tu penses : que je suis un sacré enfoiré de veinard. J’avoue moi-même que je n’en reviens toujours pas. Peut-être que le pass de mon cousin Rikol avait des pouvoirs magiques que je ne soupçonnais pas ? En tout cas c’est la bave aux lèvres et limite avec une érection que je pris ma euh la queue pour cette fois-ci m’approcher de l’auteur de Solanin. Une heure d’attente, le temps que la star arrive et que vienne mon tour. Après un peu de retard par rapport à l’heure indiquée, nous vîmes arriver une silhouette longiligne avec une tignasse blonde et une chemise à fleurs très stylée : c’était lui. Pour l’occasion, j’avoue avoir beaucoup hésité concernant le titre sur lequel il allait apposer sa griffe. Il fallait acheter une nouveauté mais rien n’interdisait d’acheter un autre manga pour le faire dédicacer. Finalement je me contentai de l’intégrale d’ Un Monder formidable, sa première série alors qu’il n’était âgé que de 22 ans. Le format était plus grand que celui des volumes de Bonne nuit Punpun, la dédicace n’en serait que plus belle. Quand vint mon tour, je n’eus guère le temps de causer, l’homme exécutant son dessin en deux temps trois mouvements. J’évoquai tout de même l’excellent épisode de Manben, la série de la NHK présentée par Naoki Urasawa, qui lui avait été consacré. Pour ceux qui ne connaitraient pas, c’est à voir : on y découvre la technique d’Asano associant photographie et informatique dans un processus créatif qui permet de transformer la photographie d’un bête ustensile de cuisine en une partie de vaisseau spatial. Tenez, voici l’épisode :

Le dessin achevé, je remerciai chaleureusement et m’empressai de me rendre dans un coin pour admirer le résultat :

Voilà qui ne ferait assurément pas tâche dans ma collection. Après un tel coup d’éclat, il ne me remontait plus que remonter vers le centre pour flâner et aussi me rendre à la bulle du champ de mars pour Sansuke Yamada. Là-bas, j’allai quand même jeter un coup d’œil du côté de chez Dargaud : quasi personne pour Clérisse et Smolderen ! J’avais beaucoup aimé leur Été diabolik et son ambiance vénéneuse et colorée, du coup je m’empressai d’acheter Une Année sans Chthulhu pour le dédicacer. Amateur de Lovecraft et ayant fait autrefois mes délices de parties de l’Appel de Chthulhu cette histoire de lycéens durant les 80’s s’adonnant aux joies de ce jeu de rôles avait tout pour me plaire.

Après opération Sansuke Yamada donc. Il était 16H30, le temps d’acheter le tome 1 de Sengo, j’arrivai à la file d’attente (raisonnable, sept personnes avant moi) dix minutes plus tard. Cela devrait être les doigts dans le nez pour le car de 18H15. On arrive rapidement à 17H… 17H05 (toujours pas de Yamada ?)… 17H10 (bon…)… 17H10 (mais qu’est-ce qu’il branle bordel !). À 17H10 une personne du stand Casterman nous explique son retard : comme c’est la première fois que le dessinateur participe à une séance de dédicaces, il avait oublié au Japon tous ses outils ! Du coup il était à la librairie de la galerie commerciale située sous la bulle pour en acheter d’autres ! C’était plutôt drôle et il n’y avait rien à redire à cela. Au pire, il devait y avoir d’autres séances lors des journées suivantes donc je pouvais rater celle de vendredi. J’attendis néanmoins et c’est vers 17H25 qu’il radina. Cinq minutes par dédicaces, c’est à 17H50 que vint mon tour, ce serait bon pour le dernier car. L’homme était souriant et affable, durant l’exécution de la dédicace, j’ai pu échanger un peu par le biais du traducteur sur le magazine dans lequel il était publié (Comic Beam) et sur les autres noms qui s’y illustrent. Quelques minutes plus tard j’obtins ceci :

Trois dédicaces dans le sac, voilà qui allait dégager du temps pour les expos lors des journées suivantes. Au passage, je viens de finir le premier tome Sengo, je pense que c’est une série que je vais suivre jusqu’au bout (on parle de huit ou neuf tomes). Joli trait rond, ambiance d’après-guerre avec soldats et prostituées qui m’a fait penser à certains films, le titre est sans doute la nouveauté la plus intéressante du mois. Le dernier numéro d’ATOM consacre d’ailleurs quelques pages à Sansuke Yamada.

Après un retour à la base dans un car lui aussi diffusant non pas un adagio sur France musique mais une émission débilitante sur NRJ (pléonasme – au passage je conchie ces compagnies de transports  en commun – ici la CITRAM – qui permettent à leurs conducteurs d’imposer aux voyageurs leurs goûts de merde, et de les empêcher de faire une sieste durant le voyage). Cela m’acheva un peu mais moins tout de même que de me lever le lendemain à 6H20 pour une journée de boulot entre deux journées de festival. Je passe sur ce pénible moment pour les dernières festivités du samedi et du dimanche. Dimanche je m’y rendis cette fois-ci en voiture et avec de la bonne musique. Finalement, arriver tôt pour se rendre au parking du champ de mars est une solution pratique. Olrik jr, 14 ans, élève de troisième, m’accompagnait pour une partie de la journée avant d’accompagner des amis. Arrivés bien en avance avant l’ouverture des bulles, nous allâmes prendre un café et un chocolat chaud à un bar situé devant le bulle du Nouveau Monde et le pass du cousin aidant, nous arrivâmes au stand du Lézard Noir avec déjà un peu de monde pour les dédicaces d’Eguchi mais c’était loin d’être la mort.

Hisashi Eguchi est moins un mangaka qu’un illustrateur. Il a certes commencé au Weekly shonen Jump avec Stop ! Hibari Kun ! mais c’est surtout pour son chara design pour Roujin Z et ses nombreuses illustrations publicitaires montrant de jeunes femmes très stylées qu’il est connu. Lors d’un séjour au Japon, j’avais eu la chance de tomber sur une expo qui lui avait été consacré au musée du manga à Kyoto. Un chouette souvenir même si je me maudis de ne pas avoir pris un des beaux ouvrages qui étaient disponibles à la boutique du musée. Une dédicace pleine page sur un artbook, c’est tout de même sacrément classe. Néanmoins, en plus du premier tome de Hibari Kun, je projetai de lui demander une petite signature sur deux cartes postales que j’avais achetées lors de l’expo à Kyoto :

Pour celle de gauche, je lui demandai s’il n’avait pas eu de problèmes avec Moulinsart. Le traducteur avait à peine fini la traduction de ma question qu’Eguchi se marra : oh que si ! Il n’entra pas dans les détails mais apparemment, les sbires de Nick Rodwell lui étaient rapidement tombés dessus. A part ça je posai la question même si la réponse me semblait évidente, à savoir s’il aimait le travail d’Hergé. Son « oui » avait tout d’un oui définitif. Eguchi et Hergé ont en commun une expérience dans l’illustration et la ligne claire d’Hergé ayant la capacité à faire œuvre indépendamment du contexte de la planche, on peut aisément comprendre l’intérêt d’Eguchi pour le Belge.

Après mon tour arriva celui d’Olrik jr qui avait acheté le tome 2 pour le dédicacer puis nous sortîmes de la bulle du Nouveau Monde pour d’autres aventures. Ici je ne vais rentrer dans les détails. J’allai découvrir la sublime expo consacré à Wallace Wood que je ne connaissais pas mais sinon, il y a donc eu l’excellent Baron Yoshimoto en fin de journée et une quantité d’achats déraisonnables. Passons plutôt à l’ultime journée, passée en la compagnie d’un vieil ami et de son fils que descendent chaque année de Tours pour passer le samedi soir à la maison avant de faire le festival le dimanche.

Magnifique expo Wallace Wood !

Cette journée est infiniment plus propice à la visite des expositions. Il y a toujours du monde, mais moins que pour le jeudi (journée des scolaires) et le samedi (il me reste à tester le vendredi). Du coup j’ai vraiment profité des expos Gunnm et Tsuge. Olrik the 3rd, qui accompagnait cette fois-ci son grand frère, désirait se procurer une dédicace de l’auteur de Yakari. Mais comme Derib n’était pas là, il a fallu trouver une solution de remplacement. Je songeai aussitôt au magnifique Wasterlain et son Docteur Poche qui avait fait mes délices à l’époque où je lisais le journal de Spirou. Wasterlain n’est plus vraiment un perdreau de l’année mais il a toujours une main sûre. Olrik the 3rd n’a en tout cas pas perdu une miette (et moi non plus) du beau dessin qui s’est réalisé sous ses yeux.

La journée s’est terminée au Manga City puis à la médiathèque afin de voir l’expo consacrée à Robert Kirkman, l’auteur de Walking Dead. Pas fan du tout de la série mais je reconnais que la scénographie de l’expo était attrayante. Pour ce qui était de la violence, j’avoue que celle de Kishiro me semble plus percutante.

Par la suite, direction le vaisseau Moebius pour une chouette expo consacrée à Jean Frasetto, puis le musée de la BD où Olrik jr put admirer un joli coin dédié à Yakari. Je passe sinon sur l’expo Trondheim que j’ai laissé tomber deux minutes (certains traits ne se prêtent absolument pas à une expo, celui de Trondheim est de ceux-là) pour l’expo Calvo. Un peu rude de terminer un festival avec de ces œuvres appartenant à la préhistoire de la BD. Néanmoins, les deux gros livres sous verre rassemblant les planches originales de La Bête est morte permettait de conclure dignement ce 47ème FIBD.

Le 47ème FIBD est mort, vive le 48ème ! Pour l’heure pas d’informations sur les futures expositions ou sur la venue éventuelle de mangakas. Mais comme c’est parti depuis pas mal d’années maintenant, je gage que l’on devrait être encore rassasié.

 

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Un Commentaire

  1. Çà fait du bien de revoir ces images… J’ai l’impression qu’il va falloir dorénavant plusieurs jours pour profiter pleinement du festival avec des expos d’une telle qualité !!

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