Obituari (un peu tardif) : Yoshito Usui

Voilà une nouvelle qui n’en est pas vraiment une puisqu’elle date du mois de septembre. Mais à part auprès de ceux qui suivent l’actualité manga de très près (ou l’actualité japonaise), elle avait de fortes chances de passer inaperçue dans nos contrées. En tout cas, sa découverte aujourd’hui m’a attristé puisqu’elle signifie l’arrêt d’une série sympathique et anti-conformiste : Crayon Shin-Chan.

Avant d’évoquer cette série, deux mots sur la disparition du mangaka. Son corps a été retrouvé sans vie le 19 septembre dans une montagne du centre du Japon. Une semaine auparavant, il avait annoncé à sa famille qu’il allait faire une excursion en montagne (chose habituelle pour lui)  et qu’il serait de retour dans la soirée. Ne le voyant pas revenir, ses proches ont évidemment rapidement alerté la police mais il aura fallu attendre une semaine pour qu’un alpiniste découvre son corps. L’endroit où il a été découvert et les nombreuses fractures ont indiqué qu’il a vraisemblablement été victime d’une chute mortelle. Il avait 51 ans.

Yoshito-USUICommencée en 1987 dans l’hebdomadaire Weekly Manga Action, Crayon Shin Chan est de très loin son manga le plus connu. De très loin car il est vendu dans le monde entier et on ne compte pas, un peu à l’instar d’un Doraemon, ses nombreuses adaptations pour le petit ou le grand écran. Pourtant, c’est bien là le seul point commun avec le petit chat robot. Car pour ce qui est du contenu et, surtout, de l’esprit du manga, on est à des années lumières. « Shin Chan » est en fait le diminutif (chan étant une particule affective que l’on peut placer après un prénom) du personnage principal, Shinnosuke Nohara, un garçonnet de cinq ans. C’est le prototype du sale gosse, le cauchemar sur pattes que tout parent redoute d’avoir : impertinent, provocateur et… obsédé. C’est un tel mauvais exemple que beaucoup de mères japonaises interdisent leur progéniture de lire le manga ou de regarder l’anime. Il faut dire que la mimique la plus célèbre du Shin Chan est tout simplement de baisser son froc pour montrer son derrière.

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A côté de cet aspect qui est somme toute assez réjouissant, le manga trouve aussi son intérêt, comme avec Mes Voisins les Yamada, dans son ancrage dans la vie quotidienne japonaise. Le père est un salary man, la mère est au foyer, il y a une petite soeur, un chien et une gallerie de personnages (l’institutrice, le docteur…) qui gravitent autour. Cela donne lieu à une multitude de variations dans les situations et évite unen lassitude qui aurait inévitablement pu s’installer avec ce type de personnage.

Ce manga a commencé sa carrière avec une édition assez calamiteuse chez J’ai Lu. Elle a été depuis reprise de manière plus heureuse par Casterman.

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2 Commentaires

  1. Un des meilleurs manga pour commencer à lire en version originale. Et comme il s’agit de scènes de la vie quotidienne locale, on peut apprendre des expressions et du vocabulaire vraiment utile une fois sur place.
    Chose plus difficile quand on s’entraîne au japonais en jouant à des RPG par exemple.
    Par contre je trouve que l’humour perd beaucoup de son charme dans la traduction (oui je suis un connard prétentieux).
    Les long-métrages sont dans l’ensemble très bons et même beaux. Ca mériterait un article ça d’ailleurs…

    • Je ne sais pas trop où en est la traduction française de ce manga. Lorsqu’il était édité chez J’ai Lu, j’avais l’impression qu’elle était très bof. Maintenant, chez Glénat, y a-t-il un mieux, j’avoue que je n’en sais rien.
      Sinon, il est certain que l’on perd beaucoup en finesse et en « couleur locale » dès que l’on traduit (cf. la traduction cata. de Kimengumi chez Tonkam) mais certaines traductions arrivent tout de même à faire plus que limiter la casse. Je pense à la récente traduction de Mes Voisins les Yamada.
      Concernant les longs métrages, l’adjectif « beaux » que tu utilises m’interpelle car je dois dire que je n’ai jamais été attiré par eux. Il va peut-être falloir que je fasse un effort…

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