Super Express 109

Super Express 109 (Shinkansen Daibakuha)
Junya Sato – 1975

Bonne petite surprise assez inespérée. Pensez, 2H30 de film catastrophe, ça incitait à la prudence. Mais justement, après une demi-heure de visionnage, j’ai compris que la durée allait constituer la force et le charme d’un film généreux qui combine adroitement trois intrigues.

D’abord celle propre à la catastrophe, avec ce shinkansen dans lequel a été posée une bombe qui explosera si jamais il descend en dessous de 80 km/h. On a la panique à bord, avec des passagers loin de la maîtrise de soi à la japonaise, mais aussi avec un conducteur joué par Chiba qui passe son temps à transpirer et à regretter le temps où il conduisait de modestes locomotives. Le même conducteur qui fera preuve d’héroïsme quand il s’agira de désamorcer la bombe, dans des circonstances forcément compliquées.

Deuxième intrigue, celle concernant l’enquête policière visant à mettre la main sur les malfrats qui ont mis au point la combine. Le programme est juteux : course poursuite, piège en pleine nature (avec une scène WTF – et elle est loin d’être la seule – faisant débouler en pleine forêt un groupe de judokas faisant leur footing matinal) ou encore prise d’assaut de la tanière d’un des complice qui défendra chèrement sa peau à coups de dynamite.

Enfin l’intrigue sociale, puisque le chef des criminels, joué par Takakura, est l’ancien patron d’un modeste garage qui a dû mettre la clé sous la porte à cause du contrecoup économique du choc pétrolier, conséquence très répandue au Japon à cette époque et qui avait titillé la fibre social de Sato. On se doutait bien qu’un criminel joué par Takakura ne pouvait être odieux (tout comme ses complices), et plusieurs flash-backs nous plongent donc dans leur histoire, histoire faisant parfois dans un pathos assez sombre (comme sa femme qui projette de « suicider » sa famille, lasse qu’elle est de vivre dans la misère). Même chose pour les complices qui sont davantage des laissés pour compte que des criminels endurcis.

Du coup, si la trajectoire du shinkabnsen est rectiligne, celle de l’intrigue est plus sinueuse, propice à la variété de ton, ce qui fait que je n’ai pas (trop) vu le temps passer. D’autant que la réalisation est à l’image des productions coups de poing de la Toei de l’époque, c’est-à-dire nerveuse, avec notamment une caméra portée et de violents effets de zoom. Le tout porté par une musique groovy et des trucages utilisant des maquettes finalement pas vilains du tout.Cerise sur le gâteau, le casting pléthorique se transforme en jeu du type « sauras-tu reconnaître cet acteur et cet actrice vus dans plein d’autres films?  » Et le final annonçant celui de Heat de Michael Mann n’était pas dégueulasse non plus.

Oui, vraiment une bonne surprise qui me donnerait envie de mettre la main sur cette perle des films catastrophes nippons : Prophecies of Nostradamus. On va quand même attendre qu’une copie digne de ce nom fasse un jour son apparition car ce qui est dispo pique méchamment les yeux.

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