[DRAMA] Otoko Meshi (2016)

Avec le voyage au Japon, je n’ai pas vraiment eu l’occasion de me tenir au courant des dramas de l’été, on fera mieux pour ceux de l’automne. J’ai néanmoins fait l’effort de m’en mater un, intrigué que j’étais par les images promotionnelles montrant un certain visage patibulaire balafré :

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Ça sentait évidemment bon l’histoire de yakuza et, ma foi, s’il fallait consacrer un peu de temps juste à un drama, autant que ce soit ce genre-là. J’entame le premier épisode et là, Ô surprise, le générique me montre ceci :

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Manifestement l’histoire allait nous montrer des yakuzas balançant comme à l’accoutumée une pléthore de mornifles dans la gueule de leurs adversaires mais on allait aussi les voir se mettre à préparer de bons p’tits plats ! On se retrouvait donc face à un drama deux-en-un, à la fois un drama de yakuza et un drama culinaire, genre populaire au Japon mais débouchant parfois sur des séries un brin ronronnantes. Ainsi Kodoku no gurume, pourtant une excellente série mais qui m’a un peu ennuyé lors de la dernière saison malgré sa recette éprouvée. Il faut dire aussi que voir le scénariste Qsumi, habituellement jovial, manger piteusement les plats à la fin de chaque épisode, sans s’enquiller la moindre goutte d’alcool – lui qui finissait si souvent limite rond comme une barrique – contribuait à terminer chaque épisode sur une note morose. Manifestement Qsumi était malade et quelque chose semblait brisé dans cette perpétuelle fête des papilles qu’était Kudoku no Gurume. De même Shinya Shokudo, drama plaisant au début mais parfois franchement soporifique à la longue. Avec un drama culinaire dynamisé par des personnages de yakuzas, au moins, ça promettait d’être un peu plus pêchu :

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Faites pas chier !

… surtout lorsque ledit drama était estampillé drama24, c’est-à-dire avec peut-être la promesse de voir quelques boobs. Bon, pour cela, autant le dire, l’excitation ressentie est plus en rapport avec les scènes de cuisine qu’avec le personnage d’Haruna, la petite amie du personnage principal. Mais ce n’est pas grave car, après avoir vu hier le dernier épisode, je puis le dire maintenant : Otoko Meshi s’est avéré être un excellent petit drama. D’abord grâce à son improbable histoire :

Ryota, un étudiant avec une bonne tête d’ahuri (il faut dire qu’il est interprété par Tokio Emoto), est désespérément en quête d’un travail sérieux. Revenant un soir d’un entretien d’embauche qui s’est de nouveau soldé par un échec, il tombe sur une méchante rixe entre yakuzas. A deux doigt de se prendre une balle, il est sauvé par l’un deux, Ryuichi Yanagiba. Dans la confusion de l’action, Ryota ramène ce dernier et son compère dans son appartement avant de leur demander de dégager. Mais voilà, recherchés par la police, ils ne l’entendent pas de cette oreille. C’est le début d’une étrange cohabitation entre les trois personnages, cohabitation qui évoluera grâce au don particulier de Yanagiba : sachant qu’il peut mourir à chaque instant, il a décidé que le moindre repas qu’il ingurgiterait dans sa chienne de vie se devait d’être excellent. Formidable cuistot, l’homme est passé maître de transformer le plomb en or, comprenez faire d’une poignée d’ingrédients –plus ou moins de la première fraîcheur – dont on ne sait quoi faire dans le frigo, un plat qui saura regonfler à bloc ceux qui auront le privilège de les déguster.

L’intrigue principale liée au sort des deux yakuzas est soutenue par d’autres intrigues parallèles. Ainsi la capacité de Ryota à mûrir et enfin trouver un travail ainsiotoko-meshi-personnages que sa relation avec la belle Haruna pour laquelle il en pince. Tout cela pour un format de trente minutes contribue à faire d’Otoko Meshi un drama efficace, très plaisant à regarder, et soutenu par une interprétation parfaite. Emoto Tokio trouve un rôle moins ingrat que d’habitude (souvenez-vous, le crétin qui se cure le nez dans la version drama de Minna Esper Dayo, c’était lui) et on a un peu de peine pour son personnage à l’épisode 11 lorsqu’il traverse une phase de dépression.

Rio Uchida dans le rôle d’Haruna est pleine de fraîcheur, en tout cas bien plus fraîche que les denrées utilisées Yanagiba. Il faut dire que la donzelle a aussi une activité de gravure idol ce qui contribue certainement à rendre les chaires appétissantes :

Photo sans rapport avec le drama mais qui présente l’avantage de fournir sans trop se fouler un argument efficace pour le regarder.

Masaki Miura joue le rôle du bras droit de Yanagiba. Son visage m’a parfois évoqué Susumu Terajima en plus jeune. C’est dire si l’homme et ses magnifiquesotoko-meshi-gif chemises (une par épisode) ont su avoir toute ma sympathie. A voir absolument : l’épisode où il prend en charge la scène de cuisine et dans laquelle on le voit balancer des parpaings à de pauvres nouilles déshydratées avant de les mélanger en vrac avec d’autres ingrédients dans un sac en plastique et de les remuer de toutes ses forces pour les servir tels quels aux invités. A la maison, Madame a testé la recette… il s’avère que c’est vraiment excellent !

Enfin, il y a Katsuhisa Namase dans le rôle de Yanagiba. Pas de chemises chamarrées pour lui. Immuable dans sa chemise blanche et l’unique expression de son visage, Namase est parvenu à camper une figure de yakuza convaincante et rassurante. Les autres personnages peuvent être tous en trente-sixième dessous, quand il prononce sa fameuse phrase (« meshi ni suru ka » soit « cuisinons ! ») et qu’il se met à l’œuvre, on n’en mène pas large. On regarde, on admire et on se sent pris d’un grand respect pour ce diable d’homme qui, tout en côtoyant la mort chaque jour à cause de son métier, apparaît comme un magicien qui sait redonner vie aux âmes en plein doute existentiel. J’ai beaucoup donné ces dernier temps avec les dramas dans lesquels jouait Hiroshi Abe. Après Otoko Meshi, j’ai tout à coup l’envie de regarder d’un peu plus près la carrière de Namase.

Comme je n’ai rien vu d’autre, je ne dirai pas qu’il s’agit du drama de l’été mais Otoko Meshi est assurément un drama très sympathique et qui vaut le coup d’oeil, avec la promesse de plein de délicieux coups de fourchette (ou coups de baguettes) s’il vous prend l’envie de reproduire chez vous les plats concoctés par Yanagiba-san. A noter que sur le site officiel, on trouve une section détaillant toutes les recettes du drama. Avec tout cela, plus aucune excuse : meshi ni suru ka !

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2 Commentaires

  1. Je vais y jeter un œil…

    Par contre, si je te rejoins sur le côté ronronnant à la longue de « Kodoku no Gurume » (il vaut mieux ne pas enchaîner les épisodes trop rapidement), je te rassure sur la santé du scénariste. Pour avoir vu les saisons 3 et 4 et les 2 SP, le bougre est toujours connu comme le loup blanc et se fait servir de l’alcool en grande quantité et à toute heure.

    J’en profite pour te conseiller « Yume wo Ataeru », un drama en 4 épisodes avec un bon casting (sauf un franco-japonais inconnu au bataillon) et un sujet qui devrait t’intriguer (la chute d’une idole) : http://asianwiki.com/To_Give_a_Dream

    • Attention, je parle de la saison 5 ! Je ne crois pas qu’on le voie une seule fois en train de boire un verre d’alcool et il apparaît parfois vraiment terne, éteint. Il essaye de faire du Qsumi mais la bonne humeur est beaucoup moins communicative.
      Je note ton conseil, la série est courte et le casting sympa, ça peut effectivement me plaire.

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