(The DC Archives) Le professeur Harada et ses merveilleux fous volants (3ème partie)


 

Dans lequel il sera question de chocolatine, de Finlandais boulangers, de nichons solaires, d’un skieur suisse antipathique, d’un Allemand drogué du sexe et d’un camp d’entraînement catastrophique.

(article paru sur Drink cold le 12 avril 2010)

Stefan Widhoelz est mon maître.

Rocco Siffredi

 

CHAPITRE III

LES 8 CHEVALIERS D’OR DU SKI JUMPING PAIR

Résumé de l’épisode précédent : les frères Harada l’ont fait ! Dès leur premier essai ils ont pu prouver au monde entier que faire du saut à ski en tandem était possible. Le problème, c’est que le monde entier s’en fout, et plus particulièrement le Comité Olympique qui refuse de considérer le ski jumping pair comme une discipline potentiellement olympique. Que va faire le professeur Harada ?

Amère soirée que celle du 15 février 1998. Les crêpes que maman Harada avait préparées n’y changeaient rien : l’injuste flop médiatique de l’exploit réalisé la veille restait au travers de la gorge de tout le monde. Des « pays de merde », « sales bâtards de journaleux » et autres « bande de sous-décérébrés » alcoolisés émaillèrent ce sombre repas. Doc Harada en était à son neuvième verre de shochu, maman Harada boulottait sa douzième crêpe (elle était bien la seule à les manger, ses crêpes) tandis que Michinori et Akinori attendaient sans grande conviction l’émission scientifique de Takeshi Kitano pour voir si on allait parler d’eux. Ajoutons à cela que le matin Harada avait reçu un blâme de la part de sa hiérarchie à l’institut (l’histoire avec le gorille avait fait des remous) et que sa femme s’était fait honteusement éconduire par son amant. Bref, bien merdique, la journée.

Le générique de l’émission de Kitano retentit. Beat débarque, congratule les spectateurs puis donne le programme. Déception. Pas de ski jumping pair.

Dépité, Michinori éteint la TV et prend une chocolatine concoctée par sa mère pour calmer le début faim qui commence à pointer. Il la porte à la bouche, et là…

Ham ! Nani ?                                             Akiiiiiiiiiiiiii !

Choc ! Trait de lumière ! Éclair divin ! Hosanna ! Alléluia ! Ya Allah ! Jingle Bells ! On parle souvent de la « petite madeleine de Proust », sachez que cela n’est que pure imposture à côté de ce qu’il convient d’appeler « la chocolatine de Michinori ». Par association d’idées, la divine viennoiserie lui rappela un camarade de classe qu’il avait bien connu deux ans auparavant. Il s’agissait d’un gaijin, un finlandais nommé Aki Kaurismaeki. Il avait accompagné, avec son frère jumeau Mika, son père boulanger qui était venu au Japon pour parfaire sa technique auprès de Ken Matsushiro, directeur de la chaîne de boulangeries « Pantasia ». Sympathique garçon que cet Aki. Le courant était tout de suite passé entre Michinori et lui. C’est d’ailleurs par lui qu’il découvrit les plaisirs du crack mais ne soyons pas mesquin : ce petit écart de conduite est finalement bien anodin à côté de l’importante révélation qu’il lui fit un jour :

« Tu vois, ton père, eh bien je le kiffe. On se fout de lui mais il y a de la burne en lui. Son projet de saut à ski à deux, je te dis pas le tabac que ça ferait en Europe. Vous les japs, vous êtes bons pour l’électronique, les dessins animés, le riz, le… euh, le… enfin tout ça quoi ! Mais pour le sport, peau d’zob ! Bon, le K1, le Pride, encore, je dis pas, mais pour le reste, z’êtes trop frileux. Non, les vrais chtarbés, tu vois, c’est en Europe que tu les trouves. P’tête pas en France, z’ont toujours été à chier en ski. Mais pour le reste, c’est sésame ! D’ailleurs, le jour où le sport de ton paternel sera au point, fais-moi signe, ça me ferait bien marrer de me viander avec mon crétin de frère ! Fun force mec ! »

Fun Force mec !

Jeunes adeptes des X-games, les frères Kaurismaeki avaient tout à fait le profil pour se joindre aux Harada. Il fallait les contacter et, qui sait ? peut-être qu’en se rendant là-bas ils trouveraient d’autres héros « chtarbés » pour gonfler les effectifs du SJP et ainsi faire parler d’eux. L’essentiel était d’avoir des adeptes, et si possibles des sportifs ayant une certaine renommée.

Michinori parla de son projet à son père. Son regard vitreux ne sembla pas témoigner d’une grande compréhension mais le lendemain, après avoir bien tout vomi l’alcool de la veille, doc Harada réalisa que finalement c’était la seule solution. En deux heures tout fut bouclé : réservations de places d’avion, chambres d’hôtel, valises et lettre d’insulte à destination des vieux barbons qui avaient cherché des crosses au prof. Destination : Finlande, boulangerie Kaurismaeki.

 

Dire que la visite de notre trio infernal fit plaisir aux frères Kaurismaeki serait peu dire. Des gens chaleureux que ces Kaurismaeki, et riches par-dessus le marché, avec leurs baguettes à 6,50 € . Je sais, ici on se dit : « Gasp ! Comment est-ce possible ? C’est le coup de fusil que cette boulangerie !  »

En fait, lors de son passage au Japon, Aki fit la révélation d’un don qui, comme la comète de Halley, n’apparaît sur Terre qu’une fois tous les 76 ans : cet enfant avait les mains solaires !

 

Étant donné qu’un pain ne fermente pas tant qu’il n’est pas chaud, il convient, lors de la première fermentation, de conserver dans la boulangerie une température d’environ 30°C. Mais le boulanger qui a la chance de posséder ces mains solaires n’a pas besoin d’une telle température. En pétrissant la pâte avec ses pognes, il lui transmet aussitôt une douce chaleur bienfaisante qui permet de la bonifier illico. Il pourra rater la cuisson ultérieure, rien à carrer ! son pain sera quand même bon !

Autant vous dire que son pain soutient fort avantageusement la comparaison avec les meilleures boulangeries parisiennes. Poilâne ? Allons, soyons sérieux. Maison Kayzer ? Bon, maintenant ça suffit ou j’appelle les flics ! Nous sommes devant un pain incomparable, grâce à ces mains solaires donc. Et comme cela ne suffisait pas pour écœurer tous les boulangers du monde, Aki épousa Nami, sa petite amie de lycée qui lui fit découvrir les secrets du crack. Et alors ? me direz-vous. Alors ceci : Nami a  les nichons solaires !

 


La chaleur propagée par ses pastèques permet d’achever le travail commencé par les mains de son mari en conférant aux baguettes un croustillant sans nul autre pareil. L’équation est du coup totalement imparable :

Mains solaires d’Aki + Nénés solaires de Nami = 6,5 €

Ici, on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il se passe lorsqu’Aki, au moment du devoir conjugal, pétrit les globes volcaniques de sa douce moitié. Tremblement de terre ? Réaction nucléaire ? Accélération de particules dans les nénés de Nami ? Mystère. Ce que je peux en revanche vous révéler, c’est pourquoi Nami appelle parfois son mari « Spanky » :

De la bonne utilisation de la planche à pain

Bon, vous l’aurez compris, je pourrais parler des heures durant de cette intéressante famille. Je pourrais par exemple parler de Michiko, l’épouse de Mika :

 


… et vous expliquer pourquoi elle pétrit le pain avec le dargif mais non, vous ne saurez rien, on finirait par dire que je glisse facilement dans le racoleur, ce qui n’est pas du tout le genre de la maison.

Revenons plutôt à la proposition des Harada pour dire vite fait qu’elle fut aussitôt acceptée par les frangins avec forces tapes dans le dos. À la bonne heure ! Enfin du challenge !

Cela faisait 4 sauteurs à ski. Restait à en trouver d’autres. 4 exactement. Car entre deux bouchées de pain mammairement modifiées, Harada reçut ce câble :

Méprisons toujours vos essais de SJP  STOP  vous êtes ridicule  STOP  grotesque  STOP  et laid  STOP  mais vous proposons un marché :  STOP  réunissez une équipe de 8 sauteurs min.  STOP  et dans un mois organisez compétition  STOP  objectif : réaliser en 2h 108 sauts de + de 120m  STOP si succès nous ferons du SJP un sport olympique  STOP ce message s’autodétruira dans 5 secondes STOP

LE CIO

PS : votre femme vous trompe avec un certain Clarence Boddicker.

Il fallait se magner. Aki suggéra de se rendre en Suisse pour rencontrer les frères Ammann. Il prodigua au passage ce petit conseil : « Enfin, les frères aînés, surtout pas le cadet ». Les Harada n’en demandèrent pas plus et se rendirent dard dard à ce petit pays fortement peuplé de tennismen français.

Les frères Ammann, Marco et Roger, étaient un peu moins glamours que les autres :

 

Mais que l’on ne s’y trompe pas. A première vue, on a l’impression d’être devant une scène des Bronzés font du ski. En réalité, ces gars-là sont des fauves, des méchants, des brutes qui n’ont qu’une idée en tête : rabaisser l’orgueil de leur frère cadet, Simon. Simon Ammann, vous savez, celui qui a par deux fois fait braire d’extase les journalistes de France 2 lors des dernières olympiades. Cette tête à claques quoi :

Gni ?

Pour faire simple, Simon Ammann c’est Akinori Harada mais en moins sympathique. En CE2 il battit déjà un premier record : le plus grand nombre de bons points récoltés en une année scolaire (682 exactement). En 5ème ce fut au tour du nombre de notes supérieures à 19 d’être explosé. Quant au nombre de petites amies durant ses années de lycée, c’est le grand sujet qui fâche. Tous les petits lots convoités par ses frères leur ont été soufflés et explorés dans tous les coins par ses soins. Le coup le plus dur à avaler fut lorsqu’il s’afficha avec la divine Sabrina :

 

Depuis toujours, Marco rêvait de faire des choses avec elle. C’était elle d’ailleurs qui lui avait fait son dépucelage de crack. Mais cela n’était pas allé plus loin, et cela n’irait jamais plus loin car la voir si heureuse, si épanouie aux côtés de son frère l’écœura définitivement de son amour platonique pour cette sal… pour cette garce. Pour ce qui était des relations fraternelles, la guerre était ouverte.

Aussi, on devine aisément que face à la proposition d’Harada, ils ne firent ni une ni deux. Leur frais visage d’Helvètes élevés à la montagne se teinta aussitôt d’un joli jaune bilieux et leur regard se chargea d’une haine aussi féroce que vindicative.

Cela faisait six.


 
 Finalement, le séjour en Europe se passait plutôt bien. Mais pour finir en beauté, il fallait dégoter LE tueur, l’athlète qui donnerait immédiatement du crédit au SJP. Et pour cela, il n’y avait pas trente-six solutions, il fallait débaucher, le seul, l’unique, le puissant Stefan Widhoelzl aka Tyrant Widhoelzl ou encore Hentaiator (son surnom japonais). Faites gaffe les aminches, on entre là dans une zone minée :

 

Le bunker de la bête

Widhoelz fut pratiqua d’abord la boxe avant d’exceller en saut à ski. On raconte que ses poings avaient la rapidité d’un Messerschmidt et la puissance d’un Stuka. Puis il se lassa, c’était trop facile. Il sa tourna alors vers le saut à ski, comme ça, un peu par hasard. La mayonnaise prit immédiatement et Stefan sillonna presque aussitôt le monde pour glaner plein de médailles, son but avoué étant d’en récolter suffisamment pour pouvoir jouer à l’Othello avec sa femme. Il convient d’ailleurs ici de parler de son épouse tant elle apparaît comme la pierre angulaire de la carrière de Widhoelz.

 

Carla Widhoelz est ce que l’on appelle communément une énorme chaudasse. Au début des années 90, elle commença une carrière d’actrice dans des films allemands réalisés ou produits par Jess Franco. Ce qui surprit tout de suite les fans de l’oncle Jess, c’était sa frappante ressemblance avec la muse n°1 de Franco : j’ai nommé la délicieuse Lina Romay, la brunette au regard de vicieuse. Tenez, un exemple :

 

Ah, tiens ? Mais c’est Lina Romay ma parole ! Ben non, il s’agit de Carla. Un autre exemple ?

Hmmm… Carla… j’aime ta langue solaire.

Vous avez pigé ? Alors que la beauté de Romay commençait à décliner (c’est ça de mettre un peu trop de cœur à l’ouvrage et glisser peu à peu du softcore au hardcore), l’arrivée de Carla Brunischta offrit un grand bol d’air frais aux nanards francosiens. Parallèlement, elle fit la rencontre de Widhoelz, l’épousa et lui apporta tout le confort sexuel qu’un homme de sa trempe était en droit de recevoir. Car Widhoelz, c’est un peu Roland dans les Malheurs de la Vertu, de Sade :

[…] âgé de trente-cinq ans, d’une vigueur incompréhensible, velu comme un ours, la mine sombre, le regard féroce ; fort brun, des traits mâles, un nez long […] des sourcils noirs et épais et [le sexe] d’une telle longueur et d’une grosseur si démesurée, que non seulement jamais rien de pareil ne s’était offert à mes yeux, mais qu’il était même absolument certain que jamais la Nature n’avait rien fait d’aussi prodigieux ; mes deux mains l’enlaçaient à peine…

Insatiable, le père Widhoelz. Et s’il n’a pas sa dose quotidienne de trois Vive Popaul ! par jour, c’est la crise de priapisme assurée puis un incroyable état larvaire. Et le priapisme, quand on doit porter une combinaison moulante en lycra, c’est pas classe. Certains marchent aux récompenses, d’autres à l’argent. Widhoelz ne crache pas dessus, bien sûr, mais lui, ce qui l’amène par-dessus tout à se surpasser, c’est le sexe. Sans lui, il serait tout juste bon à nettoyer les chiottes des vestiaires du grand stade du Bayern.

On s’en doute, on imagine mal le père Harada dépoter du paf avec Widhoelz pour essayer de le convaincre. Il fallait trouver autre chose, d’autant que le maître des lieux refusait de lui ouvrir la porte. Les Harada employèrent alors la bonne vieille technique yakuza du harcèlement sonore :

 

Sept jours durant, Harada chanta à tue-tête des chansons de Mr.Children tandis que ses fils faisaient des trucs bizarres (golden shower ?) devant la porte d’entrée. Les médias allemands s’intéressèrent rapidement à ce trio insolite et, un peu poussé par la honte, Widhoelz leur consentit un entretien.

Vous avez 97 secondes pour me convaincre les mecs, pas une de plus.


Devant la mine renfrognée de l’Allemand qui répondait systématiquement « nein ! nein ! » à leurs supplications, Harada commença à perdre pied. Heureusement pour lui, s’il était un piètre diplomate, il était toujours ce scientifique de génie injustement ignoré. Depuis le début de l’entretien, il avait l’impression que le teuton lui rappelait quelqu’un. Mais qui ? Ses pupilles se durcirent, il le scruta intensément. Voyons… ces vêtements noirs… cette forte carrure… cette pilosité importante… mais oui ! comment ne pas penser à Hanako, la gorille du jardin de Tokyo ? Il fallait retenter l’expérience, vérifier que l’intuition première d’Harada sur la nutrition des gorilles était la bonne et que son échec n’était dû qu’au fait qu’Hanako était conne comme un balai. Il tendit un petit objet à Widhoelz et là :

Hmmm. Sehr gut cette glace au coca ! Vous m’avez eu doc, où est-ce que je signe ?

Et de sept ! Et avec le coéquipier que l’Allemand se chargea de trouver (Martin Hocke) cela faisait 8. Le compte était bon, il fallait maintenant filer au Japon pour préparer l’épreuve et surtout commencer l’entraînement car les frères Harada mis à part, personne ne savait gérer les subtilités du SJP. Heureusement, ces excellents athlètes acquirent rapidement les bases et purent aisément suivre les traces des frangins.

Widhoelz se proposa d’organiser un ultime camp d’entraînement quelques jours avant le challenge. Oh ! Pas quelque chose d’exténuant, juste de quoi garder la forme, d’oxygéner les globules rouges. Harada, tout occupé aux préparatifs de la grande soirée, accepta sans sourciller. Mal lui en prit. Car les 8 athlètes, arrivés sur le lieu de l’entraînement, virent ces créatures les accueillir :

Photo prise avec le polaroïd de Marco Ammann

Fatale erreur du cerveau infaillible d’Harada ! C’était totalement occulter l’appétit sexuel sans fin de l’Allemand. Deux semaines sans sa femme, c’était bien trop pour lui. Pour ce junkie du sexe (qui rencontra d’ailleurs un jour un certain Tiger W.), il était évident qu’il lui fallait à un moment ou un autre sa dose. Pour cela, quoi de mieux que 8 Japonaises pour descendre tout schuss le mont de Vénus ? Les protections avaient été achetées (au condomania de Shibuya), le fart aussi (vaseline de marque Megashiro), il ne restait plus qu’à planter du bâton. Horreur ! Le camp d’entraînement était devenu un camp de traînées !

Petite pause les mecs, là on a le vase d’expansion en surchauffe, on va prendre l’air.

Le pire, c’est que personne n’y trouva rien à redire. Les frères Harada, pourtant investis d’une quête quasi sacrée de la part de leur père, ne résistèrent qu’assez mollement aux invitations luxurieuses de ces mauvaises femmes. In petto, ils se disaient surtout que c’était le moment ou jamais d’appliquer tout ce qui avait frappé leur imagination dans leur jolie collection de doshinjis. « Colère du dard Gon », « La pine the 3rd », « Dragon Balloches », « Touch yourself ! », « Anpineman », « Sussae-zan », « Seins seyants », « Video Girl aïe ! », « Dick in the Shell », « Astro Gode » et le fameux « la chatte à mojos » (parodie d’Ashita no Joe) : tant de chefs-d’œuvres dispensables, tant de pollutions nocturnes qui émaillèrent leurs moites nuits ! C’était l’occasion de faire avec des pros ce qu’ils n’avaient jamais pu tenter avec leurs petites amies. Purges de radiateur non-stop à Panardland !

Pour faire simple, disons que le foutre coula en des cataractes innommables.

Pour faire dans le détail, voici un petit relevé des postures qui furent réalisées durant ces trois jours, postures qui firent d’ailleurs dire à Akinori qu’ils auraient peut-être mieux fait de participer aux championnat du monde de patinage artistique :

Cause-pas-la-bouche-pleine, l’harmonica à moustache, la brouette japonaise (forcément), le braquemard à ressort, le sac de noix rotatif, on purge bébé, pose ta chique sur le radiateur, Tintin dans le milou, Goûte-c’est-pas-des-citrons, l’appareil à cacheter les enveloppes, l’ice-cream soda, la charrette du laitier, la bielle coulée, la guerre de l’étroit n’aura pas lieu, la monichette fantasque et la savonnette bondissante.

(Un petit merci au commissaire San-Antonio pour ce paragraphe)

Sept de nos huit champions (Wiedhoelz était le seul à être frais comme une rose) revinrent livides, maladifs, les jambes flageolantes par excès de pompage de flageolet. Cerise sur la chocolatine : l’épreuve était pour le lendemain. Inutile de dire qu’avec le Trainee Camp ils avaient mangé leur pain blanc. Car voici ce qui les attendait :

 

Extrait du dictionnaire de l’Académie (1762) : renasquer : Faire

certain bruit en retirant impétueusement son haleine par le nez,

lorsqu’on est en colère. Exemple : Quand il vit arriver les huit galopins, le professeur Harada renasqua.

Le méchant quart d’heure qu’Harada leur réserva fut, selon les témoins, une sorte de condensé puissance dix de ce qui se fait de mieux en matière de kung-fu à Hong Kong. Les coups de pieds au cul jaillissaient de partout, on eût alors dit que le professeur avait non pas deux mais dix jambes. Quant aux torgnoles, elles fusaient comme les étoiles filantes de la Grande Ourse du Hokuto de cuisine. Sept carcasses furent laissées gisantes et couvertes de plaies. Quant à Tyrant Widhoelz, il jugea plus prudent de s’éclipser discrètement. Costaud mais pas fou !

À cause de ces marie-couche-toi-là, c’était la chattastrophe. Le big challenge devait avoir lieu le lendemain. Impossible avec cette armée de zombis. Même un bain de Mandom n’aurait pu les requinquer. Machinalement, Harada prit son répertoire téléphonique et le feuilleta fébrilement pour trouver un sauveur. Sa femme ? Sa mère ? Le doyen de l’université ? Son garagiste ? Malgré le -15°c qui sévissait, le prof suait à grosses gouttes, tout cela commençait à puer méchamment. C’est alors qu’il tomba sur un nom : Antonio Inoki.

Ils étaient sauvés !

À suivre…

 Prochain épisode :

Pains dans la gueule ! Gloire ! Mort d’un héros !

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