Erotic Ghost : Siren (Satoshi Torao – 2004)

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Erotic Ghost Siren, c’est un peu comme Reservoir Dogs sauf que vous remplacez Tarantino par Satoshi Torao (un seul film au compteur avant de se volatiliser dans la nature) et le personnage du flic à l’oreille tranchée par…

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Sora Aoi (que l’on voit ici avec sa manière toute personnelle – et néanmoins imparable – de faire de l’auto-stop).

A part ça, c’est tout pareil, la qualité en moins, certes, mais…

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Les boobs en plus.

On est dans un de ces films avec Sora Aoi où clairement, le réalisateur semble l’avoir embauchée avec la ferme intention d’en avoir pour son argent et pour en donner aussi largement au spectateur amateur de la plastique de la drôlesse avant tout habituée à s’exhiber dans des productions pornographiques. Ça tombe bien, le scénario va permettre moult effeuillages tout le long du film :

Cinq malfrats viennent de réussir un casse et fuient Tokyo pour se partager le gâteau. Sur leur route, ils croisent une jolie fille qu’ils embarquent avec eux car elle a aperçu un sac rempli de billets. En attendant sans doute de se débarrasser de ce témoin gênant, ils décident d’en profiter en la jouant au poker. Problème, le vainqueur de la partie, après avoir profité de son cadeau, est retrouvé mort le lendemain, vraisemblablement d’un arrêt cardiaque. Puis c’est au tour d’un deuxième, lui aussi après avoir passé une nuit avec la jeune femme. Très vite le ton monte et les survivants en viennent à se suspecter mutuellement d’avoir éliminé les autres pour augmenter leur part du magot. À moins que…

Oui, on l’a compris, à moins que la jeune Yumi ne soit une succube où, pour reprendre le titre, une sirène qui s’empare délicieusement de la semence de ses proies avant de prendre leur vie. Dans ce registre, Sora Aoi multiplie les petits sourires enjôleurs, les poses gentiment délurées et les passage de langue sur les lèvres :

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Le gif hypnothique du jour

Cela change un peu des personnages de dinde qu’elle a coutume de jouer et, conjugués aux scène de sexe et aux scènes d’engueulade entre les malfrats…

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Avec une citation directe à Reservoir Dogs,

leur attitude de bad boys du dimanche ou encore ces manières de tenir des flingues aussi « cool » que ridicules, bref, tous ces gimmicks bon marché permettent finalement au spectateur de prendre son mal en patience et de supporter les 80 minutes même si, il faut bien le reconnaître, l’ennui guette parfois et l’on se prendrait presque à avoir envie de dormir pour être visité par une succube qui aurait l’apparence de Sora Aoi.

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 Après tout, quitte à être visité nuitamment, autant que ça se passe ainsi.

Film mineur on l’aura compris. Mais à tout prendre, dans le film mêlant monstre et érotisme, je préfère toujours ça aux bouses du type Big Tits Zombie où l’intérêt ne va pas plus loin que les belles affiches.

4/10

Bonus track :

Du neuf sur Bulles de Japon ! Toujours soucieux de manger à tous les râteliers pour étendre davantage mon lectorat, et compte tenu de la droitisation ambiante qui sévit dans notre beau pays, j’ai décidé de tenir compte des vives inquiétudes morales d’une frange considérable de mes concitoyens (peur des gays, peur de la théorie du genre, peur des livres pour enfants du type « tous à poil ! », etc.) en donnant à chaque article pinku un avis qui fera le contrepoint du mien. Après avoir écouté la semaine dernière un excellent numéro de Mauvais Genres, il m’est très vite apparu que ce contrepoint ne pouvait qu’émaner de cette personne :

France.Paris.L'Abbé Bethléem lacérant des journaux licencieux, années 1920

L’abbé Bethléem, ici en train de déchirer une publication coquine.

L’abbé Bethléem, le pourfendeur des mauvais livres, le fossoyeur des idées amorales, l’encenseur de Bécassine et de saints livres que l’on pourra mettre dans les mains de nos petites têtes blondes sans craindre que ces mêmes mains quittent l’ouvrage pour aller en saisir un autre dans le pantalon. Auteur d’un fabuleux Romans à lire & Romans à proscrire (ouvrage drôlissime que je recommande ardemment), le bon abbé n’a eu de cesse de lire des dizaines de milliers de kilomètres de lignes imprimés pour bien dissocier le bon grain de l’ivraie. A côté de cela un bon mètre quatre-vingt, raciste, antisémite et délateur à ses heures (mort en 1940, heureusement). Bref, on l’aura compris, un personnage hors norme que notre abbé et assurément la personne la plus à même de ravir d’aise par ses avis éclairés nos compatriotes les plus angoissés par le laisser-aller politique et moral de nos gauchos socialistes de dirigeants.

Problème : on l’a dit, l’abbé est mort en 1940. Pas de problème car c’est là qu’intervient une autre personne, bien vivante celle-là (ô combien !), je veux parler de  :

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Soeur Alice

Soeur Alice (Arisu en fait), est la religieuse qui, une fois par mois, vient dans les locaux de Bulles de Japon afin de permettre au patron de passer à con-fesse. Pas toujours agréable, c’est vrai mais que voulez-vous, on a le souci du salut de son âme ou on ne l’a pas. Bref, une fois les Seins Sacrements donnés, je demande à soeur Alice, grâce à des invocations dont elle a le secret, d’entrer en contact avec l’âme de l’abbé (qui d’ailleurs, à ce qu’elle m’a dit, ne se trouve pas au Paradis mais est en train de rôtir en Enfer, une erreur administrative sûrement) afin de lui donner connaissance de mon article et de lui demander en retour son avis. Je précise que l’invocation ne peut fonctionner que si certaines conditions – un peu scabreuses il est vrai, je vous les expliquerai peut-être un jour – sont réunies. Le résultat ? Dans l’heure qui vient, grâce aux pouvoirs ésotriques de soeur Alice, un curieux papier sort de notre imprimante laser. Rien moins qu’un court article, une notice de l’abbé dans laquelle le brave homme montre combien l’existence de personnes telles que Sora Aoi, Dan Mitsu et autre Hisayasu Sato doit lui être douloureuse.

Bref qu’on se le dise : l’abbé Bethléem n’est pas mort ! Revenu d’outre-tombe et délaissant cette fois-ci la littérature, l’abbé va dorénavant se lancer dans un nouveau travail de titan : s’attaquer à toutes les saletés issues du monde du pinku. 

Sur ce, je vous laisse, mon cour de catéchisme avec soeur Alice m’attend..

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Du même tonneau (ou presque) :

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6 Commentaires

  1. Amen !

    Après ça mon cher Olrik, on vous décernera le titre de Docteur en Sora Aoirie/Spécialiste à inviter sur tout les plateaux TV comme « Ce soir (ou jamais!) ». Vous la mettez fort bien en valeur à défaut d’avoir là une production de qualité sur laquelle s’attarder.

    Quant à l’idée de mettre en scène René par le biais de Sœur Alice, c’est bien poilant. Il nous manque (ou pas – du tout).

    Et vu qu’on cause bouquin à proscrire ou non, j’ai justement vu hier « Library Wars », le live. Des bibliothécaires qui se foutent sur la gueule avec une espèce de comité à la sauce abbé Beth’ autour d’une loi censurant des œuvres littéraires jugées impures. J’y ai découvert Nana Eikura, une actrice fort sympathique…

    • on vous décernera le titre de Docteur en Sora Aoirie/Spécialiste à inviter sur tout les plateaux TV comme « Ce soir (ou jamais!) »

      Me manque un titre de gloire : que la belle vienne glisser un commentaire dans ces pages. Tiens ! C’est une idée ça. Faut que j’imagine une tentative d’approche sur Twitter ou FB…

      J’avais vu un ou deux épisodes de la version anime de Library Wars et ça ne m’avait pas convaincu des masses. Peut-être que le live est meilleur.

      • Y a moyen ! Son compte FB semble un fake. Par contre…

        Va falloir te mettre au kanji, si ce n’est déjà fait.

        « Library Wars », y a rien d’exceptionnel. C’est sympa mais sans plus. Pas forcément le film que je conseillerai de prime abord. Ça reste du film mainstream avec tout les poncifs attrait à ce genre de prod’, même s’il y a une touche violente indéniable.

        • Il y a 36 comptes FB à son nom mais j’en soupçonne un d’être le bon. Pour ce qui est de sa maîtrise de la langue de Shakespeare, effectivement c’est pas gagné si j’en juge son dernier message sur Twitter. Mais à coups de messages parfumés au Mandom, je veux y croire. Tiens, depuis mon dernier article voici la gueule de mon dernier abonné :

          Si ça c’est pas le signe que je suis sur la bonne voie !

          Pour Liberty, ouais, je sentais l’adaptation très lisse, très drama, un peu à la Gantz donc je ne m’y suis pas trop risqué.

  2. J’aime bien l’ambiance du Mercredi moi. Ca me redonne la foi. En quoi, je ne suis pas trop sûr (…. boobies ?…..), mais j’aime bien l’ambiance. Et puis ça fait patienter les yeux avant de me lancer dans la lecture de l’article avec moins de boobs et plus de plésiosaure, vu que je n’ai pas encore pris le temps de voir le film, ce qui ne saurait tarder. Je peux passer dix minutes au confessionnal ?

    • Yep, tu peux, j’ai fini. C’est fou comme un rien peut faire changer du tout au tout votre perception d’une expression péjorative. Soeur Alice est un merveilleux « cul béni » assurément :
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