Takeshi conchie les gamers

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GTA V, 2DS, PS4, Xbox One, n’en jetez plus ! A une période de l’année où les mêmes consommateurs vont évidemment tomber dans les mêmes pièges tendus par les industriels du jeu vidéo, foutez donc à la benne vos consoles et vos jeux pourris pour vous procurer à la place je ne sais pas moi, deux-trois Pléïades, l’intégrale de Scarlatti ou des DVD de grands maîtres du septième art avant d’avoir le cortex aussi desséché que les miches de Brigitte Bardot aujourd’hui. Ouais, arrêtez donc de vous décalquer la rétine sur du vide, de vous décérébrer sur des histoires débiles où se dandinent grotesquement des héros sans charisme et mettez à profit votre temps pour vous farcir la cafetière des splendeurs d’autres moyens d’expressions qui peuvent prétendre au statut d’art sans faire ricaner, eux. Et au moins vous ne perdrez pas votre temps. Ce n’est pas moi qui le dit mais, une fois n’est pas coutume, le père Kitano qui, en plus de vomir les jeunes, a envoyé au milieu des 80’s un bon coup dans les roustons des gamers avec ce jeu :

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Takeshi no Chousenjou (le challenger de Takeshi, 1986)

Pourquoi tant de haine ? Allons, allons, si vous êtes un habitué de ce blog et que vous avez lu mon papier sur Kids Return, on peut raisonnablement imaginer que ce divertissement a tout pour être parfaitement antipathique à Kitano. On peut certes penser que le slogan publicitaire qui accompagnait le jeu et qui clamait qu’il avait été créé par quelqu’un détestant les jeux vidéo n’était juste qu’une formule publicitaire comme une autre pour accrocher le chaland (1). Mais on peut aussi la prendre au pied de la lettre tant on imagine volontiers Kitano conchier royalement tous ces jeunes claquemurés dans leur chambre passant leur temps et leur fortune à consommer et à s’abrutir devant des jeux. Face à l’activité créatrice des deux gus de Kids Return doués pour le manzai, on se retrouve face à des jeunes dont la seule activité est de cliquer nerveusement sur des boutons, les yeux rivés sur un écran. Et une fois le jeu terminé, que feront-ils ? Ils en achèteront un autre, le consommeront et par la même occasion des tranches de temps non négligeable qu’ils auraient pu utiliser pour faire du sport, lire ou aller renifler le derrière des filles, choses à mes yeux bien plus essentiels. Pour Kitano, l’argument du pur moment de divertissement ne compte pas. Seuls comptent l’absurdité de ce que proposent ces jeux (absurdité relative bien sûr, mais rappelons qu’on est alors à l’époque du 8bits) et le temps qu’ils bouffent.

Ici petite pause  musicale : Firecracker (aka Computer Games)

On pourrait ici s’embarquer sur une vaste digression autour de la fameuse question : le jeu vidéo est-il un art ? On va tout de même éviter et essayer de faire court. J’ai un peu planché sur la question avant de faire cet article et je dois dire que rien ne m’a paru bien convaincant dans les arguments en faveur du jeu vidéo comme dixième art. Rapidement, il y a l’argument qui veut que le jeu vidéo soit une fusion d’autres arts (so what ? est-ce que cela en fait quelque chose de profond pour autant ?), celui qui souligne les émotions que ressent le joueur (mais quand je joue à la coinche aussi je peux aller de la joie au désespoir, surtout avec les affreux qui sont mes partenaires de jeu) ou encore celui qui évoque la présence de véritables artistes parmi les créateurs de jeux. Certes, on ne va pas nier le réel talent artistique de certaines personnes. Après, j’aimerais qu’on me dise où sont les Balzac, les Shakespeare, les Proust ou les Debussy du jeu vidéo.  Et que l’on ne vienne pas me faire chier avec Suzuki et son Shenmue ou les émotions de midinettes qu’ont pu procurer les Final Fantasy. J’aime bien Shenmue, les premières heures à y jouer ont été un émerveillement mais à aucun moment je n’ai vu de la profondeur dans ce jeu, de cette profondeur qui peut m’amener, à n’importe quel moment de ma vie, à redécouvrir un livre ou un film avec la certitude d’y trouver une richesse supplémentaire. Quant au personnage principal… comment espérer avoir la moindre empathie pour un mec qui donne l’impression de se mouvoir avec un bokken dans le cul ? Quand je lis Oliver Twist, les ignobles Faggin ou Sikes s’imposent à moi en quelques phrases avec toute la force de leur ignominie. Et même quand le livre sera refermé, ils seront des êtres qui continueront de vivre en moi. De même pour Cottard, Oriane de Guermantes ou un Charlus. Face à cela, qu’avons-nous ? Le héros de Shenmue ? Les persos de Final Fantasy ? GTA et ses petites frappes qui sous l’impulsion du joueur vont agir comme des débiles ? C’est bien là tout le problème, cette sacro sainte liberté tant vantée mais qui par un retour de manivelle tue toute profondeur artistique à l’œuvre ludique alors que la linéarité d’un roman ou d’un film (on va se limiter à une œuvre narrative) imposera au lecteur sa richesse, richesse que le lecteur/spectateur aura toute sa vie s’il le désire pour la décrypter, l’enrichir de sa propre sensibilité. Là se trouve à mon sens la seule « liberté » qui permet de transformer une œuvre en « art ». Pour le jeu vidéo, je crois qu’on va devoir attendre quelques années, voire quelques décennies (peut-être jamais ?). Pour l’instant, j’y vois moins un art qu’un medium avec des potentialités artistiques (ce qui n’est déjà pas si mal).

https://www.youtube.com/watch?v=k5AExNY5p8Q

Exemple de vrais gangsters « charismatiques » (terme hélas vu pour qualifier les fantoches de GTA V)

Bon, je voulais faire court dans ma digression et j’ai échoué. Réellement, il y aurait beaucoup à tartiner et il le faudrait car en faisant court je prête évidemment le flan à des critiques qui seraient parfaitement justifiées. Mais je vais plutôt préciser ma position en évoquant ma position personnelle par rapport aux jeux vidéo. J’ai été un dingue de tout cela, mais si j’apprécie encore certains de ces jeux il n’est plus question pour moi d’y passer des après-midi entières. Quand je pense aux nombre d’heures aspirées par eux durant mon enfance et mon adolescence, difficile de ne pas grincer des dents. Y en a-t-il eu des milliers ? Des dizaines de milliers ? Mieux vaut ne pas trop chercher à faire le calcul, cela pourrait être douloureux. Et pourtant, indéniablement j’ai pris du plaisir à toutes ces parties, de mon vieil Atari 2600 à mon premier PC en passant par l’Amstrad CPC 464 (monochrome, hélas !) et la Mégadrive. Le plaisir de surmonter les passages ardus (et Dieu sait s’ils étaient nombreux à une époque où les programmeurs n’allaient pas avec le dos de la cuillère en matière de difficulté), d’affronter les copains ou d’aller à la fin du jeu, autant de bons moments finalement. Mais quel gouffre ! Je peux encore continuer à jouer mais hors de question dorénavant de dépasser le cadre de la demi-heure. Et ce n’est pas l’expérience du jeu de Kitano qui va me faire changer d’avis, ça non ! Bien au contraire, ce sale jeu m’a définitivement ancré dans ce principe. Allez, il est temps de parler de ce Takeshi no Chousenjou et de vous présenter ça :

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Le bonhomme est le ridicule héros du jeu. Dire qu’il s’agit du pire jeu vidéo serait excessif tant ça doit se bousculer au portillon pour acquérir ce titre de gloire (2). Par contre, pour ce qui est d’être le plus grand anti-jeu, là faut voir, ça se discute, on peut en tout cas faire conscience à Kitano pour avoir pondu un truc hors norme. Qu’il ait pu s’investir dans un jeu est déjà en soi, on l’a dit, forcément cocasse. Mais aussi intéressant car on se doute que le jeu sera l’occasion de se moquer des gamers pour leur faire prendre conscience de la vacuité de leur occupation. Et là, le jeu va constituer une magistrale démonstration par l’absurde. Je viens de le finir et je puis vous le dire : j’ai morflé. Enfin, je me vante en disant que je l’ai fini puisque j’ai en fait abandonné aux deux tiers à cause d’un piège diabolique. Et ne me sentant pas le courage de recommencer, je me suis contenté d’une vidéo sur youtube pour voir à quoi ressemblait la dernière partie. Quel est le thème du jeu ? En gros, imaginer Shenmue (ou Yakuza) en un jeu 8 bits mâtiné de GTA pour le côté permissif. Vous incarnez un salary man qui va devoir vivre sa vie. Vous pouvez faire de la lèche ou vous engueuler avec votre patron, aller dans un karaoke, vous battre avec bobonne, mettre une racée à fiston, boire jusqu’à faire un comas éthylique ou encore boxer le nez des passants ou des yakuzas.

Apparemment, c’est fun. Mais ça ne l’est pas. En tourne très vite en rond en se demandant dans quelle direction où aller pour progresser dans le jeu. Je précise que j’ai joué en suivant les instructions d’un walkthrough (une solution) trouvé sur le net. Sans lui, j’aurais pu jouer des heures sans progresser d’un iota. Car la clé pour réussir est toute simple : il suffit d’être un crétin fini, chose que je ne crois pas être (en tout cas pas totalement). Takeshi  no chousenjou pourrait être vu comme le pendant vidéo-ludique de Getting any ? et de son héros dépensant des trésors d’imagination loufoques pour atteindre son but (pour rappel : baiser). On est exactement devant le même type de logique : pour progresser et permettre au salary man de mener une vie heureuse il faut, dans l’ordre :

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Aller à la banque pour retirer tout votre pognon

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Se rendre à un centre culturel pour y apprendre les rudiments du… shamisen.

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Aller au karaoké pour s’y beurrer la tronche.

Puis se réveiller chez vous et là, attention ! bobonne et fiston sont très mécontents  de vous et vous sautent dessus pour vous bourrer de coups (lors de ma première partie je suis d’ailleurs mort à ce passage). Pour s’en sortir, il faut tout simplement demander le divorce :

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Vous vous rendez alors au bureau pour donner au patron votre lettre de démission. Puis direction une nouvelle fois au centre culturel pour y suivre un cours de deltaplane (ça fait sens) et y apprendre une langue : l’hintoba (ne me demandez pas ce que c’est).

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Au passage voici un exemple de la magnifique ambiance urbaine de Takeshi no Chousenjou.

Arrivé là vous vous dites qu’aller dans une agence de voyage pour se payer un séjour onéreux dans une île perdue du Pacifique serait une riche idée, puis vous vous rendez au pachinko :

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Après y avoir déclenché une baguarre contre des yakuzas, vous vous retrouvez avec 5000 billes que vous allez échanger contre… un shamisen bien sûr ! Direction alors le karaoke pour cette fois-ci non plus taquiner les bouteilles mais bel et bien le micro :

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Il faut ici préciser que la Nes disposait d’un micro intégré dans la deuxième manette, vous pouviez donc vous amuser à brailler des chansons pour essayer d’enchaîner trois réactions enthousiastes de suite auprès du public. Après le troisième vous vous dites : « Tiens ! Ce serait marrant si je bottais le cul à toutes les hôtesses du bar ! ». Ce que vous faites (car sinon impossible de progresser dans le jeu), de même pour les yakuzas qui jaillissent pour essayer de vous arrêter. C’est alors qu’apparait un vieil homme qui va vous donner un vieux papier :

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Ce qu’il faut faire ? Le tremper dans l’eau :

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Et là attention ! Vous devez attendre au moins 5 minutes (réellement, vous attendez comme un con devant votre écran cinq minutes) puis vous dites n’importe quoi dans le micro pour sortir le papier de l’eau (plus de dix minutes et il est définitivement foutu et vous n’avez plus qu’à recommencer la partie) pour qu’apparaisse une carte au trésor :

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C’est le point de départ de la deuxième partie du jeu, celle ou notre salary man va troquer son costume pour une panoplie d’Indiana Jones du dimanche, faire du deltaplane (3) et affronter des sauvages. Rassurez-vous, je n’irai pas plus loin. Vous aurez compris ce que Kitano a voulu faire avec ce jeu. Que celui-ci soit techniquement une bouse ou au contraire possède des petits machins qui en font un jeu pas si mal pour l’époque n’a aucune espèce d’importance. Ce qui compte, c’est cette démonstration par l’absurde de l’accaparement par un jeu, quand bien même serait-il du dernier débile, de l’esprit des joueurs. C’est toute la saveur de cette déclaration de Kitano en 2010 à Libération :

 J’ai créé un jeu vidéo il y a des années de cela. C’est le pire de toute l’histoire du jeu vidéo. Un jeu terrible ! Les parents qui l’ont acheté en croyant faire plaisir à leurs bambins l’ont vite regretté. Devant leur console, les enfants étaient terrorisés. Ils ne bougeaient plus. Ils étaient totalement abrutis par ce jeu débile. Des mères ont appelé le fabricant. Leurs enfants pleuraient. Tant mieux, non ? Au Japon, les enfants sont trop gâtés. Un peu de torture ne leur fait pas de mal.

Attaque mentale des mioches trop gâtés, déjà, c’est beau. Mais là où c’est magnifique c’est que le jeu s’en prend aux autres, aux gamers de plus grande envergure qui ne lâchent rien et qui vont tout faire pour arriver à la fin du jeu. Tout faire, c’est-à-dire passer des dizaines d’heures à s’énerver, essayer une multitude de pistes pour progresser, repartir à zéro pour enfin trouver le trésor et voir apparaître à l’écran Beat Takeshi vous dire :

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Pourquoi as-tu pris au sérieux un jeu aussi pourri ?

Sous-entendu : ne regrettes-tu pas ces dizaines d’heures à t’escrimer sur du vide ? Le jeu entre alors en résonnance avec tous ces personnages peuplant ses films et essayant de trouver un sens à leur vie en pratiquant le surf, le base-ball, la boxe, le manzai ou en cherchant l’amour (ou la mort). Parfois ils réussissent, le plus souvent ils échouent. Mais même dans ce cas l’échec est magnifié car se faisant à travers une contemplation forcément enrichissante mais aussi par le prisme de l’art, celui du réalisateur Kitano ainsi que celui du compositeur Hisaishi. Chose à laquelle le gamer, terré chez lui, devant son écran à jouer compulsivement en bouffant de la junk food,  sera très éloigné… et après réflexion, un gaijin occupé pendant plusieurs heures à taper un article sur ce jeu aussi. Décidément j’ai été eu ! Il est plus que temps pour moi de reprendre une vraie vie.

Pour les curieux, voici une vidéo qui permet de découvir le jeu du début jusqu’à sa fin :

Pour les plus courageux, voici un lien qui permet d’y jouer en ligne.

Enfin pour ceux qui n’en ont rien à foutre des jeux vidéo, voici de la new wave :

https://www.youtube.com/watch?v=-m8IOD-wk9g

Oh ! Je m’aperçois que j’allais oublier les pubs d’époque :

(1) La boîte du jeu insistait sur son côté exécrable visuellement mais aussi sur sa très grande difficulté.

(2) Le jeu était néanmoins placé en première position dans le classement des kuso gemu (les jeux de m…) établi par le magazine Famitsu. Néanmoins le jeu a suffisamment marqué les esprits pour apparaître comme un jeu hors norme finalement digne d’intérêt.

(3) dans un shoot’em up diabolique : comme vous êtes sur un deltaplane vous ne pouvez que baisser d’altitude petit à petit (et donc mourir à la fin) si vous ne prenez pas des courants ascentionnels qui apparaissent de temps en temps. Ajoutons à cela que des oiseaux, des OVNI et des avions veulent votre peau et qu’il faut piger qu’il faut atterrir lorsqu’apparaît la troisième île. Chose que je n’ai pas comprise et je me suis vu condamné à me crasher plus loin sur une montagne qui occupait tout l’écran. Evidemment, la sauvegarde avait été faite juste après le survol de l’île en question. Du coup game over et obligation de recommencer à zéro, chose que je me suis abstenu de faire.

Du même tonneau (ou presque) :

Lien pour marque-pages : Permaliens.

25 Commentaires

  1. Le Joueur du Grenier s’est récemment attaqué à ce monument de trollage en règle, c’était comme d’hab pas toujours super fin mais assez drôle quand même :

  2. Putain ! Ils ont dû passer plus de temps à faire ces vidéos que les programmeurs pour pondre le jeu !

    • Bon j’ai passé un peu de temps à mater des vidéos d’Usul et du joueur du grenier. Verdict : Usul big winner ! Et sans forcer. Comment en pourrait-il en être autrement lorsque l’on tombe sur ça :

      A aucun moment le nom de Topor n’est mentionné. Le geekisme dans tout ce qu’il peut avoir de plus navrant. Retourne dans ton grenier à jouer à Megaman et nous fais pas chier à parler de ce que tu ne connais pas mec.

      • Ah c’est drôle, la première fois que je suis tombé sur le JdG, cétait justement là-dessus, et moi aussi j’avais été consterné. Après j’ai été voir un peu ailleurs, et force est de constater que si c’est souvent pas très fin, y a quand même parfois des trucs vraiment assez drôle quand il s’escrime à démonter les mécanismes des jeux les plus pourris du monde.
        Mais ouais, sur Téléchat il s’était gauffré sévère. J’étais fan quand j’étais gamin. En revoyant aujourd’hui, faut bien dire qu’il y avait un côté quand même assez glauquasse, vraiment freaks quoi. Et moi qui m’enregistrait les émissions sur des cassettes audios que je m’écoutais sur mon walkman (jaune, forcément). Ca pouvait pas tourner bien.;)

        • Glauque, ce n’était pas mon impression. Sans non plus tout saisir, je suivais les 5 minutes de Téléchat avec un certain plaisir.

          Par contre, écouter des épisodes de Téléchat sur un walkman, WTF ?!

  3. Ah tiens. Fallait quand même que je tombe sur un article avec lequel je suis en total désaccord.
    Bon je parle pas de (l’anti)jeu de ce farceur de Takeshi, mais de ton opinion sur le jeu vidéo.

    Si tu t’es arrêté à la Megadrive après surdose je peux – un peu – comprendre. Mais du coup c’est toujours dommage de parler d’une chose qu’on ne connaît pas (ou plus) de manière aussi péremptoire (et un peu méprisante).
    Le débat art ou pas est vaste et le jeu vidéo contemporain un vaste foutoir guidé majoritairement par des considérations économiques. Mais quand même, il y a une part de création non négligeable pour qui daigne s’y intéresser un minimum.

    Et le résumer à un loisir addictif et inutile c’est un peu un discours d’arrière-garde, non ?
    T’as jamais tâté du Journey, du Ico ou du Last of Us, par exemple ?

    Pour expérimenter de jeux, mais à un rythme raisonnable, j’ai franchement pas l’impression de perdre mon temps.
    Pourquoi un média offrant tant de possibilités ne pourrait-il pas être vecteur de créativité ? Et prétendre, dans certains cas, à des ambitions artistiques ?
    Pourquoi devrait-il être stigmatisé à ce point parce que son interactivité entraine chez certains cas une « addiction » ? (faiblesse humaine et généralisation facile)

    Vu que le jeu vidéo est le premier loisir de nos jours, qu’est-ce qu’on est mal barrés ! 🙂

    Ah moins que tu te sois mis dans la peau de Takeshi et que tout ça soit du second degré (mais le peu de chroniques Jeu me fait penser le contraire)

  4. Non, non, pas de second degré, je pense réellement que le jeu vidéo est un art mineur destiné à la consommation de masse.

    Après, j’ai l’impression que tu généralises des propos qui, il me semblait du moins, étaient plus nuancés. Encore une fois je ne nie pas le réel talent artistique et la créativité de certains (dont tu fais partie), je remarque juste que malgré tout le plaisir que j’ai pu avoir à passer un nombre colossal d’heures devant mon écran (ne crois pas qu’il s’agit de l’avis de quelqu’un qui s’est contenté de quelques parties sur Megadrive, on est loin, très loin du compte), l’émotion, le questionnement et l’enrichissement que les jeux ont pu me procurer n’arrivent pas à la cheville de ceux que m’ont donné la musique, la littérature et le cinéma. C’est tout. Que d’autres soient sûrs du contraire, que les jeux aient changé leur vie, grand bien leur fasse. Après, ça me fait un peu rire sous cape et donc passer pour le gars méprisant. D’un autre côté, comme mon métier me met aux premières loges pour savourer l’excellence du niveau culturel actuel, c’est un peu inévitable.

    Il y a de beaux jeux, il y a des jeux intelligents, il y a des jeux créatifs. C’est entendu. Mais par exemple je ne comprends pas que l’on puisse dire que le jeu vidéo est amené à remplacer un jour le cinéma tant les volontés du jeu vidéo d’empiéter sur les plates-bandes du 7ème art me sont toujours apparues comme un bredouillis sans âme. Et je n’ai pas l’impression que les moyens technologiques, toujours plus importants, y changent quoi que ce soit.

    Enfin bref, tout cela pour dire qu’on peut sortir de la spirale du jeu video, j’en suis la preuve vivante ! Certains se plaisent à perdre leur temps et à être humiliés par l’I.A.:

    Moi, j’ai préféré faire comme MacReady :

    Depuis, je lis Proust en me beurrant au J&B, c’est bien plus fun !

    • Je ne défends absolument pas qu’un média/art en remplacera un autre. Et je comprends tout à fait qu’un media ayant aussi rapidement évolué en laisse quelques-uns sur le carreau. ^^ Je veux dire par là qu’il a si vite évoluer technologiquement (en parallèle du développement informatique) que cela s’est fait à ses dépends : course à la technologie = peu de temps pour des artistes pour exploiter toutes ses possibilités avant la nouvelle avancée technique (la course des bits, la 3D, le photoréalisme, etc…). D’où un média un peu bâtard, trop lié à son succès commercial massif, mais terriblement diversifié pour peu qu’on s’y penche un peu. Il y a vraiment de quoi faire, de quoi ressentir, et, oui, parfois, de quoi réfléchir. Et y revenir. Je sais aussi de quoi je parle, de par mon métier. 🙂
      Mais pour s’en rendre compte, comme toujours, il vaut mieux ne pas le prendre de haut.

      Le jeu est encore jeune, et sa maturité artistique arrive tout juste.
      Comparons l’évolution artistique et technique du jeu et du cinéma après 40 ans d’existence. Le jeu a avancé bien plus vite techniquement (entre le cinéma des années 30 et le jeu d’aujourd’hui), il faut maintenant que des créateurs l’utilisent en masse à bon escient. Et ça fait un bail qu’il y a quelques noms récurrents. On va pas aller jusqu’à parler d’auteurs, l’analogie n’étant pas si simple, mais ces créateurs existent, avec leurs genres, leurs esthétiques et leurs thématiques récurrentes. Et vu la démocratisation des outils, le succès des indépendants, et le très large public, ils seront de plus en plus nombreux.

      Et ils tueront le cinéma, la littérature et le water polo ! 🙂

      • Tout à fait d’accord. Beaucoup joué jusqu’à 2001 puis laissé de côté pour des raisons circonstancielles, jusqu’à ce que la découverte tardive de GTA San Andreas (chef d’oeuvre) me rappelle à quel point j’avais raison d’aimer ça. Je devrais m’y remettre pour ma midlife-crisis tiens !
        Et sinon, le regretté 36-15 Usul traitait du sujet avec une rare intelligence. L’épisode sur le Scénario est celui qui correspond le plus au petit débat qui à lieu ici :

        • Très bon cet Usul, et excellente vidéo qui illustre parfaitement mes griefs envers certaines prétentions du jeu vidéo. Et comme pour prouver que je ne suis pas totalement de mauvais fois, ce qu’il dit sur Metal Gear Rising m’intéresse (même si je reste prudent). Sortir de l’adolescence pour l’âge adulte, c’est tout l’enjeu. Mais pas sûr que les producteurs et la majorité des joueurs en aient forcément envie.
          GTA et tous ces jeux actuels qui te font balader dans des univers immersifs sont effectivement bien sympa (jusqu’à un certain point). Mais tout cela n’est rien comparé à leur ancêtre, le seul, l’unique, le préhistorique Sapiens, sur Amstrad CPC. Imagine, tu es un homme de cro-magnon et tu te promènes dans un lieu illimité pour te friter avec d’autres guerriers, chasser du gibier pour bouffer, trouver de la femelle pour développer ta tribu (je ne suis plus trop sûr pour ce dernier point) :

          L’inconvénient lorsque l’on passe des heures sur ce genre de jeu, c’est qu’on est assuré d’avoir sa mémoire polluée avec des trucs inutiles. Ainsi la musique, que j’avais réussi à oublier (du moins c’est ce que je croyais) et qui est remontée illico à la surface dès les premières notes. Terrible.

          • Ouais c’était très bien 36-15 Usul. Le gars a arrêté d’un coup en pleine gloire (relative), mais son collègue Dorian continue apparemment, mais j’ai pas trop suivi. C’est moins drôle et beaucoup plus pointu dans le côté purement décryptage quasi scientifique des mécanismes de jeu (j’avais vu l’émission brillante où il expliquait comment marchait le jeu à la con sur Facebook qui fait que plus tu joue, plus tu attends de jouer, tout ça pour forcer les gens à dépenser de l’argent réel pour pouvoir progresser dans le jeu. Bref, c’était assez compliqué mais lui mettait tout ça à plat très bien).

            Mon premier souvenir de jeu c’est un truc où une chenille consitutée de @ devait manger des salades, des @ en fait, grossissant à chaque unité avalée et devenant du coup de plus en plus difficile à manoeuvrer dans un paysage (un rectangle quoi) avec de plus en plus de rochers (des gros pixels carrés) au fil des niveaux (en 7 couleurs, téma les graphismes). Sans compter qu’il ne fallait pas que la chenille se marche sur la queue sinon c’était mort aussi. C’était y a plus de 30 ans. Ca nous rajeunit pas…

            • Ta description me fait penser à Nibbler (pas une chenille, plutôt un serpent) :

              J’ai dû en faire une ou deux partie à l’époque où j’étais en culottes courtes.
              Mon premier souvenir… Pong évidemment, sur cette console de ma mère grand :
              null

      • « Et y revenir. »

        Souvenir de la découverte de Captain Blood sur mon amstrad quand j’étais collégien. Impression confuse alors que le jeu vidéo ouais, c’était bien loin de pong, qu’on avait là un truc original, neuf, quasi artistique. Bien des années plus tard, j’y rejoue et là atroce, je n’ai pas tenu cinq minutes. Et je pourrais multiplier les exemples par dizaines. Je ne vais pas cracher sur les vertus du retrogaming qui peut encore procurer un peu de plaisir (ainsi les quelques parties de SFII en ce moment avec Olrik Jr) mais on ne va pas me faire croire que les jeux, au-delà du simple plaisir ludique qui peut être réel et rester terriblement accrocheur, se bonifient avec le temps en terme de profondeur. O.K., Des films, des livres, des oeuvres musicales ont pu au fil des décennies tomber dans la désuétude mais encore une fois, il me semble que l’on parle de choses radicalement différentes et que le jeu vidéo est encore loin, trrrrès loin de procurer le dixième de possibilités qu’un artiste, un vrai, c’est-à-dire coupé de toute nécessité immédiatement commerciale, peut offrir. Ça viendra peut-être, et je suis sans doute obtus, mais ton « de quoi réfléchir » me laisse bien perplexe. Mais je ne demande qu’à avoir des exemples…

        « Le jeu est encore jeune, et sa maturité artistique arrive tout juste. »

        Le souci est que c’est une rengaine que j’avais déjà l’impression d’entendre quand j’étais ado.

        « On va pas aller jusqu’à parler d’auteurs, l’analogie n’étant pas si simple »

        Décidément je ne comprendrai jamais. D’un côté on nous dit « les inventeurs de jeux vidéo, ce sont de vrais artistes ». De l’autre on nous lance un prudent « attention ! ce ne sont pas non plus des auteurs ! ». Créateurs, concepteurs, inventeurs, artistes, auteurs, il faudrait une bonne fois pour toutes statuer de la portée du talent, du « génie » de ces personnes. Est-ce que c’est si intéressant, un « créateur » avec son « genre », ses « thématiques », son « esthétque » sans qu’il parvienne à faire autre chose qu’un univers sensoriel dans lequel le joueur va se balader ? On pourra dire que oui, mais s’en contenter (je parle en général, je ne dis pas que ce sont tes mots), c’est à mon avis passer à côté de l’essentiel.

        • Hmmm, le sensoriel est une grande partie de l’art, qui ne fait pas systématiquement appel à un intellect pur. C’est là qu’on diffère je pense.

          L’interactivité enrichit au niveau du sensoriel, ce que l’on perd au niveau du discours (et encore, je schématise un peu), puisque le jeu est guidé par l’action du joueur, même si celle-ci est encadrée par des règles.
          Bon, c’est nouveau (enfin… plus vraiment), c’est problématique quand on a une idée trop préconçue de l’Art. Mais je pense que l’Art est mouvant et qu’à partir du moment où il y a création, moyen d’expression, il y a Art. Après, les classements, les arts plus ou moins importants, auteurs ou créateurs, on s’en tape un peu (en fait quand je ne voulais par parler d’auteurs, c’est par rapport à la définition des Cahiers du cinéma, je ne voulais pas tomber dans ce genre de comparaison).

          Je ne comprends simplement pas le rejet en bloc d’un media qui n’a dans l’absolu pas moins à apporter que les autres. Je pense que la participation du public le vulgarise trop auprès des « puristes », alors que c’est un atout considérable (souvent mal utilisé certes).
          Qu’on me dise que le jeu vidéo est encore de nos jours davantage un divertissement qu’un art ok, ça me paraît évident. Mais le laisser de côté en méprisant ses possibilités, et sa réalité, c’est un peu dommage (pour rester soft ^^).
          Ca va c’est pas du cricket non plus ! des univers entiers sont créés, des personnages, tout un imaginaire, et des manières d’y inclure le joueur de plus en plus variées et intelligentes. La mise en abyme d’un Bioshock. La coopération silencieuse d’un Journey qui fait passer nombre d’œuvres d’art contemporain interactives pour des jouets de maternelle. The Last of Us, qui transcende la Route (film comme bouquin) par sa durée et le fait de vivre cette histoire de survie aux personnages dépeints au moins aussi efficacement qu’en littérature ou au cinéma (oui de l’émotion naît aujourd’hui des jeux, et pas seulement celle du headshot ou de la plateforme qui paraissait inatteignable ^^).
          M’enfin. 🙂 Je vais arrêter là sur les exemples, qui ne servent pas à grand-chose si tu n’es pas prêt à en faire l’expérience (un peu l’impression d’essayer de convaincre un végétarien de manger de la viande 😉 ).

          • « un peu l’impression d’essayer de convaincre un végétarien de manger de la viande »

            Diable non, surtout qu’un oeil jeté sur the Last of Us et ce que tu en dis me donne envie de tenter l’aventure, même si je pressens qu’après le plaisir que j’aurais eu à y jouer, viendra la déception ou au moins un haussement d’épaules vis-à-vis d’une profondeur qui me semblera incomplète. On en reparlera plus tard, je vais essayer de dégoter cela et… ah ! on me souffle dans l’oreillette qu’il ne se trouve que sur PS3 et je n’ai qu’un PC. Bon, on en reparlera pas du tout donc. J’avais oublié que le jeu vidéo n’est pas non plus l’art le plus accessible qui soit.

            Sinon, en y repensant, la vidéo d’Usul posté par n°6 est très pertinente sous plein d’aspects, notamment cette capacité à faire avaler de grosses ficelles scénaristiques comme des choses qui rendent originale l’histoire. Je ne veux pas préjuger d’un jeu dont je n’ai vu que quelques vidéos sur youtube, mais j’ai un peu peur là aussi d’une finesse en carton pâte.

            « L’interactivité enrichit au niveau du sensoriel, ce que l’on perd au niveau du discours »
            Oui, et alors là deux réactions. Ou bien on s’en accommode et on estime que c’est suffisant pour parler d’art. Très bien. Ou bien on le déplore et on préfère ne voir dans le jeu vidéo qu’un simple et beau divertissement. Très bien aussi.

        • Je réponds là sur la chenille. C’était bien plus basique que ça. Sur Oric 1, au début des années 80. Et du coup en cherchant une vidéo je suis tombé sur ça :

          Bordel. Un de mes jeux favouris quand j’avais 8-9 ans (et que j’enregistrait Téléchat sur cassettes audio, m’emmerdez pas). Et y a des tonnes de vidéos dans le genre.

          Voilà, à 7 ans ça me terrifiait. ‘tain, on est débiles quand on est gosse quand même. 🙂 J’avais même programmé un peu plus tard les premiers niveau d’un jeu du même genre avec mon père. Avec l’entrée dans un chateau fort et tout. Tout en basic. Ah c’était autre chose que de passer nos journées sur Facebook…. hum…
          (sérieux, Youtube c’est une mine pour les gros nostalgiques. Heureusement c’est pas tellement mon cas. Mais c’est juste étrange de revoir des images qui sont étrangement familières et dont le cerveau se souvient finalement parfaitement. Je ne suis pas sûr que se soit une sensation très agréable d’ailleurs, en ce qui me concerne.)

  5. Juste une dernière chose, quand je parlais « d’y revenir » je n’évoquais pas le rétro-gaming. Seulement que certaines expériences de jeu sont si fortes qu’elles méritent d’être vécues plusieurs fois. Disons en parlant de la génération de consoles qui vient de se terminer PS360Wii(U) (déjà rétro pour certains, punaise c’est compliqué ^^).

    Je serai sûrement très déçu de rejouer à mes jeux d’ados. Il m’est arrivé d’y revenir bien sûr, mais c’est pas un hobby. Et autant je pouvais encore être fasciné par la maîtrise , par ex, du cadre, sr un Resident Evil, ou un Final Fantasy 7, autant sur la durée c’est là que coince ! Revoir avec plaisir des films muets de 2h ok, mais relancer un RPG nippon du siècle dernier sur 80 heures… le charme d’antan a le temps de disparaître (bien que pour certains ça passe encore très bien mais chacun son truc…).

  6. The Last of Us est vraiment une œuvre qui fera date. Parce que c’est une œuvre qui a parfaitement digéré le genre survival horror. Parce que c’est un jeu qui sait inclure le cinéma dans son approche narrative, c’est-à-dire ne pas imiter mais intégrer, fusionner, sans jamais nier sa nature de jeu. Parce que l’histoire et les personnages ont une réelle profondeur, une présence, des relations touchantes (ouais c’est un jeu qui fait chialer jusqu’au plus durs à cuire ^^). Parce qu’il est un parfait alliage du fond et de la forme qui se servent mutuellement. Je spoilerai méchamment si je citais certains passages du jeu. Mais le gameplay est juste assez évolutif pour nous faire vivre une aventure véritablement âpre et sans concessions, au plus près de personnages on ne peut plus humains.

    Et pourtant je commençais à en avoir sérieusement marre du genre zombiesque à toutes les sauces. Les p’tits gars de Naughty Dog ont réussi à le transcender totalement.

    Je sens ta méfiance (comment pourrait-il en être autrement si tu n’as pas tâté du jeu depuis des années , et surtout si tu estimes en être sorti comme d’une addiction à je ne sais quelle drogue). Mais si tu as la moindre occasion d’en faire l’expérience (t’as bien quelqu’un qui pourra te prêter une ps3), je t’y encourage vivement..

    Tous les jeux ne sont pas des Last of Us, mais il montre une voie possible et il dépasse tellement les espérances que c’en est réjouissant au plus haut point (pas un film ne m’a fait cet effet là l’année dernière quand il est sorti, et depuis j’ai refait une partie complète – ce qui m’arrive tout de même assez rarement – avec la même émotion et la même implication). Si ces mecs ne font pas de l’art, je me demande qui en fait. Désolé d’avoir l’air de survendre le truc comme ça, mais c’est passionnant de voir un média évoluer à ce point, quand le cinéma ne fait que stagner depuis des années (je continue à adorer aller au cinéma mais c’est souvent assez désespérant de constater comme la création y est figée, auteurs ou blockbusters, on voit presque toujours les mêmes choses).

    • Oui, ce que tu dis de The Last of Us se rapproche de ce que je peux attendre aujourd’hui d’un jeu. En revanche pour ce qui est de trouver une occasion d’y jouer, ça va être chaud…
      Si le cinéma ne te fait plus rêver, peut-être faut-il que tu ailles voir du côté des séries TV (si ce n’est déjà fait). Je ne suis pas non plus un maniaque des séries, ma préférence reste pour le cinéma, mais c’est vrai que des séries genre True Detective où Leftovers sortent des sentiers battus. Et d’ailleurs, en comparaison avec les jeux vidéo, je trouve que c’est bien plus… nan, j’arrête, c’est pour rire ! 🙂

      • Le cinéma me fait moins rêver, mais je reste un vrai passionné. Je risque d’aller moins en salles à force d’être régulièrement déçu, c’est sûr (c’est aussi la distribution de plus en plus frileuse le problème, enfin bref).

        Et oui je regarde beaucoup de séries. Depuis une grosse dizaine d’années la bascule s’est effectuée : je caricature légèrement mais la TV est devenu l’endroit où trouver originalité, vraies histoires développées et personnages fouillés. Comme les séries TV sont en plus de plus en plus soignées (voire recherchées) formellement, la différence avec le cinéma se fait de plus en plus mince. Ce dernier doit d’ailleurs se démarquer à travers du grand spectacle qui lui est spécifique (toujours plus de SFX, l’IMAX qui s’impose – pas assez en France malheureusement – et le retour de la 3D sont là pour le prouver).

        Comme quoi, hein, un média autrefois méprisé peut devenir un terrain d’expression tout à fait viable et respectable. 😉

        Et pour tout dire j’ai un pied professionnel un peu dans tous ces domaines. Peut-être pour ça que j’en fait des tartines à défendre ce qu’il peut y avoir de positif et de potentiel dans chacun de ces médias. ^^

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