Bijin de la semaine (27) : Lieko English

Lieko ? C’est japonais ça comme prénom ? English ? Holà, ça sentirait-y pas un peu le foutage de gueule cet article ? Et c’est quoi cette image en ouverture ? Cette fille est autant une bijin du soleil levant qu’Olrik est un hell’s angels ! Ça y est ! Il n’a plus rien à dire et se met à bouffer à tous les râteliers pour compenser l’absence d’inspiration ! Escroc ! Ecornifleur ! Fripon ! Sapajou ! Vermine !

Bon, on se calme car là, laissez-moi vous dire que vous avez tout faux. D’abord parce que je suis bel et bien un hells à mes heures perdues :

Bon, il est vrai, hells avec un soupçon de hippie

Ensuite parce que la bijin de la semaine est bien japonaise. Enfin, pas complètement, à moitié seulement. Née à Okinawa en 1947 d’une mère japonaise et d’un père… américain (sans surprise), la petite Lieko (on devine évidemment le rapport avec le prénom Rieko), en dépit d’un physique qui a manifestement davantage penché pour sa part ocidentale, est sans aucune contestation possible, la première Playmate of the Month japonaise ! Si vous avez déjà lu certain de mes articles en rapport avec la glorieuse revue de Hugh Hefner (voir ici et ), vous savez combien le père Olrik a de l’affection pour ces créatures qui, des 50’s à la fin des 70’s (après je m’en fous) ont su faire de Playboy l’incarnation de l’érotisme classieux et de bon goût. Notre bijin ne déroge pas à la règle puisque c’est dans un certain numéro de 1971 que les lecteurs eurent la chance d’admirer sur l’encart central cette belle plante :

Et quand je dis « belle plante » je ne parle pas de celle de droite. On apprécie au passage la tonalité champêtre franchement réussie qui donne à la scène un côté Laura Ingalls, les nattes en moins, les marques de bronzage en plus.

Ce chef d’oeuvre se trouve dans le numéro de juin 1971 :

 

Numéro dans lequel on trouve un article de cinq pages où l’on apprend entre autres choses fort instructives et passionnantes que la belle a gagné le titre de miss Okinawa à 18 ans, titre qui lui valut dans la foulée de participer au concours de miss Univers 1965 pour représenter, curieusement, non pas le Japon mais Okinawa, sous le nom de Lieko Arakaki, d’après le nom de sa mère. A ce sujet, sortez les mouchoirs car il faut savoir que la participation à ce concours se déroulant à Miami avait aussi pour but d’en profiter pour essayer de rencontrer son père qui ignorait jusqu’à son existence. Durant son séjour à Okinawa juste après la seconde guerre mondiale, ce dernier avait bien profité des amours ancillaires en s’offrant quelques parties de bête à deux dos avec une domestique. Or, celle-ci était non seulement tombée enceinte mais avait de surcroît soigneusement caché la naissance, neuf mois plus tard, de la petite Rieko. Veuve, mère déjà de deux enfants, la brave femme jugea bon d’offrir une vie un peu meilleure à son enfant en permettant à une bourgeoise du coin de l’adopter. Tout est bien qui finit bien ? attendez un peu. À l’école, la petite Rieko ne tarda pas à subi les quolibets de ses camarades à propos de ses cheveux auburn et sur l’air – on s’en doute – de « Hou ! la bâtarde ! ». Héroïquement, notre future PotM encaissa et tint bon jusqu’à sa quinzième année sans dire le moindre mot à sa mère adoptive (qu’elle pensait être sa véritable mère) des persécutions. C’est alors qu’un camarade la mit au parfum à propos de sa véritable mère, et organisa même une rencontre avec elle durant laquelle les deux êtres tombèrent dans les bras l’une de l’autre en versant force larmes de bonheur. Happy end.

vieilles

 

Bis ! Encore !

La suite est plus bassement mercantile : il s’avère que le souhait de retrouver le papa avait surtout pour but d’avoir un nouveau certificat de naissance prouvant bien son origine à moitié américaine, et ce afin d’obtenir par la suite à Okinawa des boulots mieux payés (il semblerait en effet qu’être américain donnait plus d’opportunités là-bas, ne me demandez pas pourquoi, je ne fais que reprendre sa déclaration dans un article du The Des Moines Register daté du 16 juillet 1965.)

De retour aux bercailles après l’épisode infructueux à Miami (même pas classée dans les 15 premières et elle ne retrouva évidemment pas son père), elle comprend qu’il va lui falloir quitter son Okinawa natal si elle veut donner un peu plus de souffle à sa carrière de modèle. Direction à nouveau les States où, après quelques mois de galère, elle devient Bunny Girl au Playboy Club d’Atlanta. Indéniablement une belle ascension sociale. Las, au bot de douze mois elle ressent le mal du pays et éprouve le besoin de retourner voir sa famille. Et puis, de son propre aveu, on a beau s’être choisi « English » comme nom, on n’en a pas moins quelques difficulté à parler la langue de Shakespeare lorsque l’on a fait son cursus au Japon. Après quatre mois auprès de la famille, retour aux Etats-Unis pour donner une nouvelle impulsion à sa carrière avec, tenez-vous bien, un poste de Bunny Girl à Chicago et, surtout, de Jet Bunny dans le jet privé d’Hefner :

Lieko ici à droite. Je vous laisse imaginer ce qui pouvait bien se tramer dans ce sulfureux zinc. Non, pas de panique, je vous épargne un jeu de mots facile avec « s’envoyer en l’air » dedans.

Pour le reste, il faut croire qu’à bord de son avion la belle est tombée dans le triangle des Bermudes car impossible d’avoir la moindre info, notre pauvre bijin/bunny rejoignant ainsi la horde des bunny girls qui ont quasiment du jour au lendemain sombré dans l’oubli, n’eussent été de sympathiques blogs comme le mien toujours prêts à dénicher des perles certes un peu malmenées par le temps mais toujours aussi appétissantes que lors de leurs glorieuses années.

Miss Okinawa, participante à un concours de miss Univers, première playmate of the month avec un pedigree japonais, tout cela n’est finalement pas si mal, surtout si l’on ajoute un autre particularité, particularité que l’on aperçoit sur cette photo :

Son auriculaire est droit, signe qu’elle est une envahisseuse.

Cette photo apparaît dans le numéro de Playboy d’août 1970. A priori pas de quoi fouetter un chat et pourtant, cette photo est une étape significative dans la petite guéguerre que Playboy et et son concurrent anglais, Penthouse, se livrèrent de 1965 à 1971 pour faire apparaître toujours un peu plus de poils pubiens. Cette bataille connue sous le nom de « Pubic Wars » fut remportée par Playboy, d’abord en janvier 1971 avec Liv Lindeland, sublime blonde (fille de Cyd Charisse) dont la toison apparaît pour la première fois (mais partiellement) dans le poster de la « Playmate of the Month », suivi en décembre par  Karen Christy qui aurait pu prétendre au titre de première playmate intégralement nue et montrant sa fourrure de face s’il n’y avait pas eu la présence au premier plan d’un damné petit importun, puis surtout en janvier 1972 avec une Marilyn Cole altière et montrant de face un buisson ardent qui n’a rien à envier au feu de cheminée à l’arrière-plan. Si la photo de Lieko n’a pas eu la chance de constituer le fameux poster au milieu de la revue, elle n’en est pas moins symbolique de la percée du minou dans les photos de charme aux Etats-Unis en ce début des 70’s et qui allait se poursuivre pour quelques décennie avant que la mode du pubis ratiboisé ne fasse des ravages. Au moins pas de problème de ce côté pour notre bijin, elle est bien tombée dans le triangle des Bermudes style. Elle ne s’en est d’ailleurs jamais remise puisqu’on ne l’a plus jamais revue.

Pour finir, les pages de l’article évoqué :

 

Et, as usual, une petite gallerie :

 

Du même tonneau (ou presque) :

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4 Commentaires

  1. Un joli brin de fille que vous alpaguez là. Elle n’aurait pas eu du sang de point rouge sur drap blanc que j’t’en aurai pas voulu mon bon vieux Olrik !
    La gallerie fait sacrément son effet… ce billet s’inscrit d’ores et déjà dans mes préférés ! 😉 Mais comment se fait ce… ? 🙂

    • « La gallerie fait sacrément son effet… »

      J’ai vu ça. Sur le coup je t’ai imaginé en train de commettre une pratique douteuse et puis j’ai compris de quel effet il s’agit : cinq commentaires d’affilée sur mon blog, du jamais vu ! Certains sont épuisés à la vue d’un trop plein de photos bijinesques, toi ça te fouette le cortex, énorme ! La bijin comme viagra intellectuel ! Du coup je vais peut-être pondre plus d’articles de ce type…

  2. T’as trouvé ma came ! ^^

    I.D., toxico à son dealer du coin de la rue.

  3. Dear Ms. Lieko English aka Arakaki aka Piazza, Are you still living in Las Vegas? I would like to talk to you. It concerns May 1967 in Naha when the Marine Corps took me away from you.

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