Bouddha curatif

Photo prise à Asakusa, à un moment où la santé n’allait pas fort. Tellement pas fort d’ailleurs que j’ai bien cru que le Japon, après m’avoir tout donné, allait tout me reprendre en moins de dix jours. Eh oui, après m’avoir fait passer les plus beaux moments de ma vie, ce pays peut se targuer de m’avoir fait connaître le pire. Notez que je ne lui en tiens pas rigueur, le mauvais moment est passé et je suis plus que jamais gonflé à bloc, prêt à y retourner pour prendre ma revanche.

Mais c’est ça de s’engouffrer spirituellement et sensoriellement dans un pays sans en calculer les conséquences. On se tue la gueule à nager dans le bonheur, à enchaîner ou plutôt à absorber le plus grand nombre d’expériences visuelles, gustatives (etc, etc.) possibles, mais lorsqu’arrive un clou inattendu, l’esprit et le corps se dégonflent à une vitesse qui vous fait vous demander si vous allez retrouver sain et sauf la France.

Je cherche encore quel a pu être ce clou puisque la médecine a été incapable de m’apporter une réponse. En guise de signes peut-être annonciateurs, je me souviens d’une sorte de lassitude inhabituelle, presque un dégoût teinté d’effroi vis-à-vis de ce pays survitaminé et donnant parfois l’impression de ne jamais s’arrêter. Moi, en tout cas, je me suis arrêté et les dernières journées passées à Tokyo ont été un mélange assez croquignole d’enthousiasme et d’inquiétude.

Je n’ai pas moins essayé de prendre des photos et je suis surpris de voir aujourd’hui, malgré le handicap qui me pourrissait mes journées, combien certaines photos tiennent assez bien la route. Peut-être pas le cas de cette photo mais ce bidouillage avec mon objectif, testé sur la personne de Bouddha, résume assez bien ces journées qui avaient du plomb dans l’aile.

Bouddha ne m’a pas guéri illico, malheureusement, mais, le temps d’une ou deux minutes pour faire mes essais, il m’a au moins permis d’oublier ce que j’avais. Précieux moment qui, multiplié par les centaines de fois où j’ai appuyé sur le déclencheur durant ce court séjour tokyoïte, en a finalement fait un semi-cauchemar au lieu d’un cauchemar. C’était déjà pas si mal.

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5 Commentaires

  1. Le remède si ça se reproduit: quitte Tokyo, va loin, très loin, genre Shikoku ou Kyushu. 🙂

  2. Tu rigoles mais l’opposition Japon des villes / Japon des champs est quelque chose qui m’est immédiatement venue à l’esprit. Clair en tout cas que si je devais vivre au Japon, ce serait sûrement pas dans une ville comme Tokyo ou Osaka, malgré toute la fascination que je peux leur vouer d’un point de vue photographique.
    Même la journée passée à Fukuoka (que j’avais pourtant déjà fréquentée) m’a laissé un drôle de goût. J’ai l’impression que ma familiarité pour ce pays se dirige plus vers les champs de riz que les néons…

  3. Pour moi il y a pas photo, après mes deux voyages au Japon, surtout le dernier (trois semaine avec traversée de l’Ouest de Honshu, il n’y a que trois endroits que je n’ai pas vraiment aimé: Osaka, Tokyo et des coins de Kyoto. Tout le reste, j’ai adoré…

  4. Osaka j’ai aussi eu beaucoup de mal (mais bon il pleuvait, j’avais de la fievre, je débarquais de l’avion). Par contre je trouve Tokyo extremement fascinant. C’est peut etre une des seules grandes villes avec NY où j’envisagerai sérieusement de poser mes valises si l’occasion se présentait. Mais à choisir, je prefererai quand meme vivre vers un coin comme Matsue, ville que j’ai trouvé charmante et tranquille, ou direct le grand nord.

  5. Osaka m’a toujours donné l’impression d’être une ville qui essaye coûte que coûte de tenir la dragée haute à Tokyo quels que soient les moyens pour y parvenir, y compris les boursouflures. Tout semble y avoir poussé de manière chaotique. J’ai plus de mal aussi avec cette ville.

    Tokyo EST fascinante, c’est dit. Fascinante, grisante mais aussi exténuante, aliénante. C’est au fond une fascination pour la beauté d’une bête.
    Petite réminiscence conceptuelle :
    ]

    Le nord ? Ça pourrait être sympa effectivement, d’habiter dans un petit village. Mais pas trop éloigné de Sapporo alors.

    Olrik, la vie à la ville non, les plaisirs de la ville oui.

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