Hiroshima mon amour

Hiroshima mon amour
Alain – Resnais – 1957

Cannes 1959. La première déflagration se fait avec Les 400 Coups, projeté en début de festival. Mais rien de comparable à celle d’Hiroshima mon amour, écarté de la compétition officielle pour ne pas froisser le gouvernement américain et diffusé hors compétition. Sidération de Truffaut, Godard, Rohmer et Chabrol qui y voient une proposition de cinéma avec dix ans d’avance.

D’abord parti pour faire un film documentaire sur Hiroshima, comprenant que des réalisateurs japonais avaient déjà bien traité le sujet avant lui, Resnais a fait appel à Marguerite Duras en lui proposant de ne pas bâtir un scénario et des dialogues taillés pour le cinéma, mais en restant dans le littéraire. Pour le spectateur, que ce soit celui de 1959 ou celui de maintenant, le résultat est le même, c’est l’assurance de s’aventurer dans un visionnage qui pourra le rebuter ou le fasciner, en tout cas qui lui permettra de vivre une expérience cinématographique peu ordinaire.

Pour ma part, clairement, c’est un film que je vais devoir digérer. N’étant pas vraiment un admirateur de Duras, je craignais vraiment les dialogues et, de fait, je ne peux pas dire que leur minimalisme poétique m’ait ravi – d’autant que la diction choisie par Emmanuelle Riva n’aide pas. Mais enfin, j’ai fini par m’y habituer, aidé par la musique de Delerue – que j’ai en revanche trouvée très belle et que je serais prêt à écouter à part – ainsi que la photographie et la plongée urbaine dans l’Hiroshima de 1959. Mais pour ce qui est de cette histoire d’amour, de cette femme qui raconte sa vie à Nevers, son drame personnel à la libération faisant écho au drame des habitants d’Hiroshima, j’avoue que ça m’a laissé froid. Il existe sûrement un tas d’articles expliquant les subtilités, la profondeur du projet de Resnais et de Duras, mais dans ma réception immédiate, nulle stimulation, d’envie de décortiquer l’affaire (même ressenti avec Le Miroir de Tarkovski, vu récemment) qui m’a paru malade dans sa manière trop sophistiquée de restituer l’émotion.

Un film à laisser mûrir, sûrement. Bon, j’imagine qu’avec un Kiyoshi Atsumi à la place d’Eiji Okada ça aurait été plus stimulant, pour sûr !

6,5/10

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