Gare aux morpions, v’là Yoshio !

Petite envie dans les semaines à venir de se plonger dans des vieilleries anime made in 80’s et éventuellement 90’s. On commence avec une curiosité, Dokushin Apartment Dokudami-sou. Il est probable que vous connaissiez car ce titre, créé par le mangaka Takashi Fukutani, a été édité chez Le Lézard Noir sous le titre Le Vagabond de tokyo :

A ce qu’il semblerait, le titre édité chez nous correspond à 新・どくだみ荘 (Shin dokudami sō), la deuxième série réalisé avec son personnage de Yoshio Hori et comprenant 7 tomes dans l’édition originale. Or il existe une première série atteignant les 35 tomes et avec un graphisme moins abouti (du moins au début), 独身アパートどくだみ荘, soit Dokushin Apartment Dokudami-sou :

Le Lezard Noir a privilégié la quantité raisonnable et la qualité graphique mais on rêve un jour de voir publié la série fondatrice dans une collection bon marché (parce que les volumes luxueux à 23 balles, ça va deux secondes hein !).

Bref, pour revenir à l’animation, il se trouve qu’en 1989 et en 1990 sont sorties trois OAV en VHS :

des jaquettes qui envoient du rêve comme on les aime.

Mais de quoi donc parle Dokushin Apartment Dokudami-sou ? Ami lecteur, donne-moi ta main et suis moi, nous allons inspecter cela dans les moindres détails :

Mais je te préviens, tu vas avoir un peu chaud.

On l’aura compris à la vue des jaquettes, il ne faudra pas chercher dans ce titre de l’érotisme élégant. Mais ne croyez pas non plus que c’est du gros hentai qui tache. N’imaginez pas de loooongues scènes de gros plans de va-et-vient rébarbatifs et d’interminables dialogues ponctuées de « Ah ! », « Ie ! », « Yamete ! » et autre « Iku ! ». On est finalement dans du borderline hentai. Pour vous situer un peu plus l’affaire, il faut ici brosser le portrait de Yoshio.

C’est moi !

Marginal au chômage pas très ragoûtant, Yoshio n’est intéressé en gros que par deux choses : picoler et se faire éplucher le poireau. Véritable obsédé, il n’a de cesse de mater sans retenue les jolies filles qu’il croise et essayant de les rabouler (/labourer) dans sa piaule miteuse afin de se payer une bonne tranche. On pourrait croire que tout cela n’est que prétexte à justement montrer des scènes lubriques mais en fait pas tant que cela car Yoshio a le chic de tomber sur des donzelles qui compliquent ses beaux projets. Ainsi, dans la première histoire (UFO-chan), Yoshio rencontre une sublime jeune femme. Problème : déficiente mentalement, elle a l’intelligence d’une gamine de huit ans et ça coupe toutes les envies de Yoshio qui ne se sent pas non plus l’âme d’un pédophile.

Du coup Yoshio préfère se plonger dans la lecture de Guerre et Pénis.

Dans la deuxième histoire (Le Piège de la mort), il rencontre cette fois-ci une femme qui accepterait volontiers de se faire tringler par lui. Le souci est que ceux qui ont eu le plaisir de coucher avec elle sont tous morts dans la semaine qui a suivi. Dès lors que faire ? Tremper ou ne pas tremper son biscuit ?

Les météores de Yoshio vont-ils sortir ? Vas-y, brûle ton cosmos garçon !

Dans la troisième, alors qu’il par en randonnée avec deux potes, il tombe sur une femme sublime barbotant nue dans un étang. D’abord effarouchée, la bijin sympathise avec Yoshio, l’amène dans sa belle maison située non loin et passe une nuit torride avec lui. Le problème, c’est que…

Je vous laisse le soin de le découvrir par vous-mêmes.

Etc. On le voit, si les histoires sont tout de même prétexte à dévoiler de somptueux morceaux de chair fraîche, il y a surtout le souci de camper des situations cocasses. Finalement on est assez proche des gamineries d’un Ryo Saeba de City Hunter :

 à la différence que Yoshio franchit quand même le pas du simple reluquage de culotte :

Vous vous posez peut-être là cette question : quid du traitement des scènes de fesses ? Le gif ci-dessus vous en donne une idée. Avec Yoshio c’est moins la malbouffe que la malbaise. Mal rasé, en sueur, dégoulinant de morve bref à d’une hygiène suspecte, à l’image de son appartement jonché de détritus et de kleenex aux taches douteuses, on se demande en fait comment il fait pour s’offrir au moins une partie de jambes en l’air par épisode avec les somptueuses créatures qu’il rencontre. Car si lui n’est pas ragoûtant, ce n’est jamais le cas des personnages féminins qui ont toutes une plastique qui auraient donné envie à Saint-Antoine de se payer du bon temps dans un soapland :

Vade retro, bijinas !

D’une certaine manière cela fait penser un peu à certains roman porno où l’on peut avoir ce type de contraste. Sinon, comme évoqué plus haut, les scènes de cul sont relativement courtes et rudimentaires dans leur animation, optant souvent pour des plans fixes balayés par un mouvement panoramique à des animations chiadées. Quand il y a animation, c’est soit pour s’amuser de la lubricité de Yoshio d’une manière très Tex Avery :

Soit pour représenter certains gestes de manière métaphorique.  Une panne sexuelle ? Une aubergine. Une érection ? Une tige lumineuse. Le vit qui s’apprête à entrer là où il faut ? Une clochette shinto qui passe sous un tori. Une fellation ? Un gros machin noir entouré de lèvres baveuses.

Vous l’aurez deviné, on se marre bien lors des scènes de sexe de Dokushin Apartment Dokudami-sou. Et on se marre bien tout court puisque Yoshio excelle à se mettre dans des situations embarrassantes :

Ne me demandez pas comment il en est arrivé là, ce serait trop long à expliquer. En tout cas, c’est le dernier gif de l’article.

Ah ! À noter aussi la présence de guest stars puisque c’est dans le premier épisode que l’on découvre en la personne d’un clodo…

HAYAO MIYAZAKI ! BWAHAHAHA !

Dois-je continuer ? En vérité je vous sens déjà tout excités à l’idée de faire une recherche sur le net pour trouver ces trois OAV précieuses. Bon, je veux bien m’arrêter, sonner le début de la récré et vous laisser sortir de classe. N’oubliez pas, nous étudierons cet été d’autres perles de ce genre ! Sur ce, bon visionnage.

 

PS : pour info, une version live a été réalisée en 1988 par un certain Abe Hisaka. Le film a par la suite été sorti en VHS, jamais en DVD. Une rareté qui refera peut-être un jour sa réapparition via une copie numérique…

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