Mahoro Ekimae Tada Benriken (Tatsushi Omori – 2011)

A Mahoro, quartier imaginaire de Tokyo, Tada est le propre patron de sa minuscule entreprise de benriya, c’est-à-dire qu’il est un homme à tout faire qui offre essentiellement ses services pour de menus travaux de réparation, d’entretien, mais aussi parfois pour des tâches plus surprenantes, comme par exemple garder un chihuahua afin de lui trouver un maître. Un jour, Tada rencontre un ancien camarade de classe, Gyouten. Les deux personnages, ayant maintenant la trentaine et tout deux divorcés, vont peu à peu tisser une amitié solide malgré des personnalités très contrastées. L’entreprise de benriya possède maintenant un employé, de quoi brillamment s’acquitter des boulots que les bonnes gens de Mahoro vont leur soumettre. Enfin normalement…

M’étant récemment maté l’excellent drama Hello Harinezumi !, j’ai eu envie de voir autre chose avec l’acteur Eita et si possible réalisée par Hitoshi One, scénariste du drama et réalisateur que j’ai récemment découvert avec SCOOP! et l’adaptation live de Bakuman.  Mahoro Ekimae Tada Benriken n’a pas été réalisé par lui mais a au moins Eita dans le rôle principal. Et surtout, voir ce film permet de se lancer dans le visionnage du drama qui en est la séquelle, drama quant à lui réalisé par One. En attendant de le découvrir, je me suis donc plongé dans l’histoire de cette improbable société de dépannage avec ses deux membres relativement impassibles mais sympathiques, et qui ne tardent pas à se montrer touchant en racontant leur passé d’écorchés vifs.

Le film est à l’image de la démarche de Gyouten : lancinant. Mais ce n’est pas forcément un défaut. Après tout, le quartier de Mahoro est présenté comme un quartier qui n’a rien pour lui. Trop loin de la plage ou de la montagne, c’est un espace urbain comme tant d’autres au Japon et dont les habitants se contentent finalement volontiers. Ils peuvent parfois le quitter, mais comme aimantés par leur lieu d’origine, ils finissent toujours par y revenir. Il ne faudra donc pas y chercher de l’extraordinaire. Mais on y trouvera parfois un ordinaire attachant et intéressant. C’est ce que vont découvrir les deux comparses au gré de leurs déambulations à pied ou à bord de leur miteuse camionnette. Et la galerie de personnages qu’ils rencontreront leur permettra de se livrer, de se libérer de leurs plaies tout en forgeant un peu plus cette amitié incongrue.

Le film est plaisant, les personnages plutôt attachants, mais on pourra aussi trouver qu’il manque quelque chose pour qu’il soit un très bon film. Pour ma part, c’est peut-être une durée mal maîtrisée et un ton finalement un peu trop sérieux, malgré le rire sarcastique que Gyouten ne manque pas de régulièrement faire entendre. Et c’est là que j’attends de pied ferme le drama d’Ono. Sur le format d’épisodes de trente minutes, et surtout si l’on y retrouve la bonne humeur communicative de Rivers Edge Okawabata Detective Agency et de Hello Harinezumi !, il y a assurément moyen de prendre beaucoup de plaisir aux déboires de cette benriya de bras cassés. Une chose est sûre : il y aura au moins plairir à voir le générique de fin, générique mis en musique par l’excellent Shintaro Sakamoto :

6,5/10

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