Shokuzai (Kiyoshi Kurosawa – 2012) 5/5

Dernière étape de notre série sur Shokuzai et là, ami lecteur, un choix difficile s’offre à toi : ou bien tu décides de lire l’article qui suit mais alors sois avisé que des spoils risquent de te sauter à la gueule (mais je ne raconte pas tout non plus, je le jure!), ou bien tu décides courageuesemnt de zapper cet article et d’attendre mon prochain qui de toute façon déboulera dans deux jours ou trois. A toi de voir, mais si jamais tu optes pour la deuxième, ce que je comprends parfaitement, accepte quand même de lire les premières lignes. J’y parle de l’actrice du jour :

Kyoko Koizumi (voilà ce que j’appelle ferrer le lecteur)

Kyoko Koizumi fait partie de cette armée de lolitas qui ont commencé leur carrière en poussant la chansonnette (1) ou/et en se faisant prendre en photo pour des publications à la Shonen Jump

Kyoko, période bikini idol.

… puis, éventuellement, à faire des apparitions dans des dramas et dans des films avec souvent une réussite mitigée (on pense à Momoe Yamaguchi et à ses films maintenant quasi irregardables). A cela s’ajoute les inévitables campagnes publicitaires :

Photographiée ici par Kishin shinoyama pour JVC.

… et le squat plus ou moins important des rubriques « carnet rose » des magazines people :

Elle épouse en 1995 l’acteur Masatoshi Nagase (et divorce en 2004)

Kyoko Koizumi fait donc partie de cette armée d’idolus que l’on voit souvent en bikini en début de parcours, mais aussi et surtout à une minorité d’anciennes idolus qui ont su bâtir une carrière convaincante sur le grand écran. Sans non plus trop entrer dans les détails de celle-ci, focalisons-nous juste sur ses récentes participations qui montrent une constante, celle de jouer quasiment à chaque fois des rôles de mère. Ainsi tout récemment on a pu la voir dans Kaasan Mom’s Life de Seitaro Kobayashi, où elle joue le rôle d’une mère mangaka pleine de vie devant faire face à son travail, à ses enfants et surtout à son mari qui a une petite tendance à l’auto-destruction.

A noter que l’acteur qui tient le rôle du mari n’est autre que Nagase Masatoshi. Choix parfait puisque le couple à l’écran parvient à donner une impression de mécanique conjugale à la fois bien huilée et en même temps ayant subi les aléas du temps. Kyoko Koizumi apparait en tout cas parfaitement dans son rôle de mère de famille aimante et dynamique.

Mais ce rôle est un peu une exception dans sa récente carrière. Souvenez-vous ainsi de Kuchu Teien :

La maman qu’elle y interprète, toute de rose vêtue, est en apparence un modèle de mère de famille. En apparence seulement car on découvre que cette femme, très malheureuse dans son enfance, a décidé un beau jour de surmonter son traumatisme en étant coûte que coûte heureuse. Comprenez, en se fabriquant une famille comme on construirait une étagère tout juste achetée à Ikéa.

Le film est de 2005. En 2007, chef d’œuvre ! Tokyo Sonata, réalisé par Kiyoshi Kurosawa (tiens donc) sort sur les écrans :

La bande-annonce le suggère : Kyoko, à l’image de la famille du film, y joue le rôle d’une mère aimante. Réellement, qui ne l’est pas artificiellement comme dans Kuchu Teien. Mais le problème qui se pose pour son personnage est celui de l’incommunicabilité au sein d’une famille, du refus de se parler et de s’avouer ses fautes. Face à la dérive dans laquelle part le rafiot rafistolé de sa famille, elle sera quelque peu dépassée et exprimera un ras-le-bol symbolique en partant en compagnie d’un cambrioleur, avant de se raviser et de revenir chez elle. Ce sera un bon choix : sa présence à la maison agira comme une sorte d’aimant salvateur qui fera revenir aux bercailles le fils cadet et le père.

Il faut croire qu’il y a chez Kyoko Koizumi la tête de l’emploi pour ce genre de rôle. D’un côté, il y a une indéniable douceur qui émane des traits de son visage. Mais de l’autre, cette même douceur n’est parfois pas sans receler des failles voire basculer dans une certaine dureté. Ainsi cette scène de Kuchu Teien (passage à 6’00. Vérifiez que vos éventuels lardons ne sont pas à proximité) :

Ce mélange de dureté et de douceur apparaît dès le premier épisode de Shokuzai, lorsque Asako reçoit les quatre amies d’Emiri pour commémorer sa disparition. Tout sourire lorsqu’elle les accueille sur le seuil, le visage se durcit à l’intérieur lorsqu’il s’agit de les accuser d’avoir été incapables de donner le moindre renseignement à la police. Le ton est d’emblée donné : cette femme aussi est à jamais traumatisée par ce qu’il s’est passé. Elle aussi va voir sa personnalité se modifier suite au fait divers. Elle est devenue une femme dure, impitoyable, comme en témoigne sa confrontation lors d’une scène avec Yuka. C’est du moins ce que l’on croit tout le long du drama jusqu’à cet ultime épisode. Riche en révélations, ce dernier nous apprend ainsi quel type de femme elle était lorsqu’elle n’était alors qu’une étudiante. Délicat ici de trop entrer dans les détails, disons juste que le meurtre d’Emiri trouve ses ramifications dans le passé d’Asako, plus particulièrement dans un triangle amoureux qui s’est tragiquement terminé, triangle dont le protagoniste masculin fut cet homme :

Le familier de l’oeuvre de Kurosawa reconnait là le visage particulier de Teruyuki Kagawa, l’acteur jouant le père dans Tokyo Sonata. Que l’on retrouve dans Shokuzai le couple du précédent film de Kurosawa est intéressant. Ce couple-ci devient une sorte d’écho dont on ne saurait dire s’il constitue un double inversé, machiavélique, ou un équivalent avec une simple variation. La sublime scène finale nous montrait une famille à trois fonctionnant enfin à l’unisson, avec un père faisant un geste affectueux à son fils :

 

Shokuzai nous montre un couple (ou plutôt ex couple) dont les deux membres vont chercher mutuellement à se détruire. Et au geste affectueux du père donné sur le parquet d’une salle de concert répond le geste terrible d’un « père » sur celui d’un gymnase : un viol et un meurtre. Comme si Tokyo Sonata, avec la grâce de sa scène finale, n’était finalement qu’une parenthèse, un rêve dans la filmographie terriblement sombre de Kurosawa. Comme si, aussi, tout n’était finalement qu’apparence, chose que les quatre précédents personnages féminins n’auront d’ailleurs eu de cesse de démontrer. Chaque être, chaque couple, chaque famille peut montrer un visage rassurant, ça ne l’empêchera pas de s’écrouler un jour ou l’autre et de montrer son vrai visage.

Une famille tranquille

Chose curieuse, en voyant cet épisode je n’ai pu m’empêcher de penser à Alexandre Dumas. Pas le Dumas des Mousquetaires, plutôt celui de Monte-Cristo, le Dumas des secrets de famille, le Dumas des infanticides et des vengeances venues d’outre-tombe, en un mot le Dumas du « bousillage de l’existence », pour reprendre son expression, celui de ces familles, de ces êtres en apparence bien sous tout rapport mais dont la façade rassurante cache souvent un sombre cloaque. Cette scène en particulier m’y a fait penser :

Allez, je ne vais pas être méchant, je vais vous laisser la surprise de la scène. Disons juste qu’il se passe alors un hasard extrraordinaire, quelque chose de complétement invraisemblable, qui n’a qu’une chance sur un milliard de se produire mais qui se produit quand même. Un de ces hasards de roman feuilleton qui va être le point de départ d’une vengeance qui aura pour victime Emiri.

Une nouvelle fois chez Kurosawa ce hasard qui pourrait être perçu comme ridicule s’il ne donnait l’impression d’une main invisible qui s’amuse de ces êtres compliqués et besogneux que sont les humains. Plus que jamais dans cette scène, on songe au thème de la force maléfique, du fantôme. Et l’on sait chez Kurosawa combien le mal trouve un récéptacle accueuillant dans l’âme humaine. Ainsi Cure et son personnage de criminel surnaturel insufflant de manière invisible à ses victimes des envies de meurtre ou de suicide. Il y aura chez Asako et Aoki (le personnage joué par Kagawa) de cette tension dans les agissements, une tension puant l’outre-tombe et que confirmera, hélas pour l’un des deux ennemis, l’ultime plan du drama.

Les notes d'Olrik
Un drama regardable ?www.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Si, comme moi, vous avez un peu de mal avec l'univers particulier du drama, rassurez-vous, nous sommes ici dans une production qui ne vous fera mal ni aux yeux ni aux oreilles. Tellement une bonne surprise que j'avoue avoir envie de jeter un oeil aux autres productions WOWOW.
Bijin Powaaawww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Cinq femmes, cinq beautés différentes, cinq styles, cinq excellentes actrices. Vous savez quoi ? Je crois que je vais mettre la note de 5.
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Flippe-t-on dans ce drama ? Y retrouve-t-on le fantastique cérébral propre à Kurosawa ? Disons que nous nous trouvons ici dans un juste milieu entre ses films fantastiques et le drame social façon Tokyo Sonata. D'une certaine manière, il y a dans Shokuzai un peu de l'œuvre somme (si l'on met de côté ses films érotiques)
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La grande question est : à quand une version DVD en France voire une diffusion à la téloche ? Malheureusement, quand on voit que Tokyo Sonata n'a même pas été édité dans nos contrées, je crois qu'on peut aller se brosser.

(1) Expression un peu injuste dans son cas puisque miss Kyoko a tout même sorti une vingtaine d’albums. On est loin de ces idolus à la carrière musicale aussi personnelle qu’éphémère.

Shokuzai est sorti en coffret au Japon avec des sous-titres que j’imagine malheureusement japonais (impossible de trouver l’info précise). Il existe sinon une édition chinoise avec des sous-titres anglais, si le coeur vous en dit.

Du même tonneau (ou presque) :

Lien pour marque-pages : Permaliens.

14 Commentaires

  1. Pas osé lire les détails de l’article après le topo sur l’actrice.;) Mais merci pour la série !

  2. Bon bah, c’est pas mal tout ça. Un bon topo que voilà. Je ne connaissais ce travail de K.K. que de nom. Du coup, j’ai un intérêt grandissant pour la chose. Va falloir que je me procure ce drama…

  3. K.K., c’est pas nul.
    Ok, je sors…

  4. @ (N°6) :
    « Pas osé lire les détails de l’article après le topo sur l’actrice.;) Mais merci pour la série ! »
    Pas grave, chacun fait comme il sent. Mettre un terme à cette série d’articles n’a pas été évident mais ça y est, j’y suis, et cela m’a donné envie de retourner à de vieux Kurosawa. Du coup d’autres articles devraient suivre.

    @I.D. :
    Tu peux te le procurer mais attention cependant : ici, nulle trace de gunfights déjantés et encore moins de viols poisseux made in Cat.III. Te voilà prévenu 😉

  5. Ouais, et ben il sort sur les écrans Mercredi en long métrage le Shokuzai. Sur un nombre infinitésimal d’écrans j’imagine, mais enfin c’est déjà ça. Et qui c’est qui a eu raison de ne pas lire la fin de l’article, hein ? 😉

  6. Ah ben tiens, je ne semble plus connecté à wordpress automatiquement…
    Bon enfin Shokuzai sort en deux fois en fait, la série répartie sur deux films. J’essairai d’alley voir ça.

  7. Aucune idée du nombre de copies. Étonnamment il va sortir dès la première semaine dans un cinoche non loin de chez moi (je précise que je n’habite pas à Paname, loin s’en faut). Du coup je sais pas, peut-être qu’il sera relativement visible en France.
    Sinon oui, essaye de le voir. Les sorties japonaises ne sont pas si fréquentes et franchement, c’est une histoire qui vaut le détour.
    Tiens, puisque l’on parle d’un drama réalisé par un cador, faut que je songe à faire prochainement un article sur ceci :
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  8. Finalement une sortie plus qu’honorable pour les deux volets du film, d’autant que le nombre de salle à augmenté en deuxième semaine. Bon, une conclusion bien tragique qui peut-être à la tort de trop multiplier d’éléments de scénario, mais j’imagine que ça vient de la source. Le côté romanesque et feuilletonesque prend soudain toute son ampleur dans ce dénouement de tragédie grecque, je suis d’accord pour dire que la fameuse scène de la découverte de la lettre, qui provoque tout, passerait mal dans un film habituel mais ici, on est dans le côté fantastique, surnaturel de la chose, dans ce destin tragique et rigolard qui vient foutre des batons dans les roues de personnages qui ne demandaient pas tant pour ruiner leurs vies. Ca vire presque au conte maléfique, avec cette course poursuite dans la forêt au deux anciens amants et ennemis se retrouvent après 25 ans. C’est grotesque (au bon sens du terme, comme toujours avec Kurosawa), et bien tragique. SI ce n’est pas un film de fantôme, ils ne sont quand même pas bien loin après tout. Probablement une des meilleurs production de Kurosawa pour moi. Ca aurait pu sortir en séance de 4h30, avec un entracte au milieu, comme Les Mystères de Lisbonnes de Ruiz. Il y a ce même plaisir du roman-feuilleton si rare au ciné de nos jours et que la grande durée permet. Il y aurait sans doute beaucoup encore à dire, mais enfin tes articles qui m’avaient donné très envie font un très beau boulot de présenter cette série/films qui je crois vont remettre Kurosawa au goût du jour. Et puis Kyoko Koizumi, je dis bravo. On l’oubliera pas de sitôt cette Asako.

  9. J’ai récemment entendu des critiques (sur France Cul) à propos de la fin et de son côté « Derrick », avec la partie explicative. Je sais pas pour toi, mais moi ça ne m’a absolument pas gêné. On est dans un épisode feuilletonesque comme tu dis, très fourre-tout (fantastique, policier), mais associé au style Kurosawa il en ressort je trouve plus une impression d’étrangeté que de ridicule.
    Je n’ai pas vu les Mystère de Lisbonne, pourtant un ami me l’avait conseillé, faudrait que j’essaye de voir ça.
    Sinon bonne nouvelle que les deux films aient finalement trouvé leur public, comme on dit. C’était mine de rien pas si évident de sortir une histoire de quatre heures en deux parties. J’aurais plutôt parié pour une baisse des salles en deuxième semaine, très agréablement surpris que ce soit l’inverse. « Remettre Kurosawa au goût du jour », un petit peu sans doute, mais je dirais que c’est surtout le cinéma japonais. Après Sono et le come back de Kurosawa, on en redemande. Vivement la sortie du dernier Kore-Eda. Pour Kitano, on n’ose pas trop le souhaiter, j’ai l’impression qu’il est définitivement out.
    Quant à Kyoko Koizumi, ouais, c’est la classe. Le genre d’actrice qui me donnerait presque envie de me mater d’autres dramas uniquement pour la voir. Je dis bien « presque », me mater des dramas reste pour moi une démarche exceptionnelle (et potentiellement douloureuse).

  10. « Derrick » ? Mais ils sont pas bien ces journaleux… Non, ça ne m’a pas gêné outre mesure étant donné le format. Oui, c’est un peu explicatif, mais ça va avec le genre, et puis tout le reste est tellement brillant formellement, que c’est vraiment un détail je trouve. Vu comment il reprend le chemin du conte fantastique dans le dernier quart d’heure, les séquences d’explication au commissariat (dans cette sorte d’entrepôt) ne me dérangent pas.
    J’attends le prochain Kore-Eda de pieds ferme, son dernier en date était adorable à défaut d’être aussi grand que Still Walking.
    Quant à Kitano, je suis un grand fan, et même si c’est films expérimentaux du milieu des années 00 étaient loin de ses grands films, j’ai trouvé la démarche vraiment intéressante. Et puis Achille et la Tortue était un très beau film quand même (et Outrage une réussite formelle assez stupéfiante).
    J’avoue ne jamais avoir vu de film de Sono Sion, j’ai raté de peu le dernier au ciné. Très curieux de lé découvrir. Mais oui, c’est comme si le cinéma d’auteur japonais reprenais du poil de la bête un peu, du moins il y a plus régulièrement des films à voir d’un coup. C’est bien agréable.

  11. Kore-Eda… j’avoue être totalement passé à côté de Still Walking. je l’ai vu mais je devais être bien crevé car il ne m’en est rien resté. Faudrait que je le revoie. Pas de problème par contre pour I Wish. Même s’il y a Nobody Knows, film plus sombre, sa façon d’aborder la famille peut apparaître à l’opposé de celle d’un Sion Sono. Pour ce dernier, le conseil est un peu cousu de fil blanc, mais je pense que débuter avec Love Exposure constitue LE test. Si tu n’aimes pas ce film-là, c’est que Sono n’est vraiment pas fait pour toi.
    Achille et la Tortue était plutôt un bon film, tout comme Takeshis (l’autre de cette trilogie, Banzai to the Filmmaker, m’avait en revanche paru franchement poussif). Mais j’aimerais bien un jour le voir refaire des films dans la veine de Kids return ou de Dolls, c’est-à-dire sans sa bouille à l’écran (pas toujours un bien), sans yakuzas, juste avec des êtres torturés, paumés et un brin de poésie. Mais je sais pas, j’ai l’impression qu’on peut commencer à se brosser, que le père Kitano est en train de perdre de sa faculté à surprendre…

  12. AH oui tu devais sommeiller c’est pas possible, c’est magnifique Still Walking ! Je l’ai revu depuis et je crois bien que c’est mon Kore-Eda préféré (avec Nobody Knows, bien sûr).
    Ah, c’est drôle, je trouve au contraire que Kitano n’a pas cessé de surprendre, en mettant sa propre crise d’inspiration et sa remise en question en forme à travers sa trilogie de la création. Après Outrage on retombe dans le film de yakuza, mais dans une veine formelle beaucoup plus sèche et pleines de trouvailles visuelles incroyables (rien que la scène de la pendaison à l’horizontale). Bon là apparemment il fait Outrage 2 mais je suis toujours très curieux de voir ce que ça va donner, et contrairement à toi je préfère qu’il soit dans le film, même si ce n’est qu’un rôle secondaire. Bon, je n’attends plus de lui un nouveau Hana-bi, faut être clair.
    Bon, faudra que je mate Love Exposure alors un de ces quatre.

  13. +1 pour dire que « Still Walking » est le Kore-Eda le plus intéressant. Une variation assez fascinante du « Voyage à Tokyo » de Ozu (où ce sont surtout les parents qui en prennent pour leur grade, et non les enfants). Et j’aime bien « Air Doll » aussi, qui prouvait qu’il pouvait éviter de se répéter à travers une commande.

    Et sinon, dans l’indiscrétion, sortira en DTV à la fin du mois le très beau « Adrift in Tokyo » de Satoshi Miki (déjà dispo pour une bouchée de pain chez les anglais de Third Window Films, grâce auxquels on réalise qu’il se passe des choses intéressantes actuellement au Japon).

    Moi non plus je ne crois plus en Kitano (je me suis endormi deux fois devant « Outrage Beyond », ça va être dur de le voir en entier). Mais avec Sion Sono, Toshiaki Toyoda (qui va revenir avec une grosse prod’), Yoshihiro Nakamura, Kuro… On a de belles choses à venir.

    Et même Miike m’a surpris en bien, après plusieurs films poussifs : son « Lesson of the Evil » est une tuerie (au sens propre comme au figuré) et je suis curieux de voir ce que donnera son yakuza eiga avec Tom Hardy.

  14. @ (N°6) & Mark Chopper : okay, j’ai compris, je vais vraiment me remater Still Walking prochainement à tête reposée.

    Sur Kitano :
    @(N°6) : en fait, c’est un problème récurrent chez les vieux acteurs. A la fin de sa vie, on reprochait à Gabin de faire du Gabin, à de Funès de faire du de Funès, c’est-à-dire de se complaire dans un registre qui plaît mais totalement vidé de surprise. C’est un peu la même chose avec Kitano je trouve. Le charme agit moins.
    @ Mark Chopper : Là aussi, je plaide coupable car en cemoment j’ai tendance à me mettre devant la TV alors que franchement, vue ma fatigue, je ferais mieux d’aller me pieuter. Pour Outrage beyond, j’ai par exemple sombré au bout d’un quart d’heure. La fatigue est certes coupable, mais j’ai l’impression qu’il n’y a pas que ça.

    Sur Miki et Miike : Tout à fait d’accord à propos d’Adrift in Tokyo, road movie très original. Et oui, Third Window Films sont des mecs bien. Pour le Miike que tu cites, c’est un titre que je projette de voir très prochainement. Ca fait longtemps que Miike ne me fait plus trop vibrer mais on sent quand même encore en lui une capacité à sortir de temps à autre un film coup de poing valable. Lesson of the Devil semble en faire partie, assez hâte de le voir.

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