Ryoko Sekiguchi (et d’autres) sur France Cul

Un an après Fukushima, on pouvait s’attendre à une foultitude d’hommages plus ou moins médiatisés, le dernier en date étant le salon du livre avec le Japon en invité d’honneur. A côté de cela, certains magazines en kiosque n’ont pas hésité à profiter de l’occasion pour sortir un numéro spécial Japon. Le genre d’initiatives dont je suis revenu – trop acheté de choses de ce genre pour m’apercevoir après que leur lecture ne me passionnait que médiocrement. Cela dit, pour ceux qui seraient intéressés, je rappelle donc que Lire a sorti un numéro sur la littérature japonaise et Courrier international, un numéro « un an après la catastrophe ».

Moins ronflant, plus sobre et plus intéressante est en revanche cette « micro fiction » de France Culture consacrée à Ce n’est pas un hasard de la poétesse Ryoko Sekiguchi, chronique commençant le 10 mars 2011 et s’achevant le 30 avril. Durant cette période, l’auteure, vivant alors en France, analyse avec acuité la situation au Japon, le regard que porte les occidentaux sur l’exemplarité japonaise, les remugles moins dignes d’éloges des dénonciations naissantes dans son pays, le tout en s’auto-analysant, elle la japonaise expatriée impuissante et essayant de faire avec son angoisse, sa colère et son aigreur. Et avec son écriture, supposée être un bonheur pour l’écrivain, mais qui, de son propre aveu, fut alors pour la première fois une douleur qu’elle s’imposait. 

Ces cinq épisodes de sept minutes chacun, fort bien lus par Stéphanie Fatout, son finalement l’hommage le plus juste que j’ai pu entendre durant les deux dernières semaines sur Fukushima.

 

Sans transition, j’évoque aussi une rediffusion d’une émission de Mauvais Genres datée du 5 juillet 2008, faite à Nîmes à l’occasion des 10 ans de l’émission. Pour une fois pas d’analyses d’oeuvres mais juste des lectures présentées par François Angelier. Au programme : le Dit du Genji, Ryû Murakami, Shuzo Numa, Edogawa Rampo, David Peace. France Culture oblige, les lecteurs font évidemment parfaitement leur taf’ et Angelier donne une assez bonne idée des différentes oeuvres même si parfois l’obligation de faire court l’oblige à y aller de son raccourci sulfureux mais parfois un peu facile. Comparer Shuzo Numa à Sade n’est pas totalement faux mais donne une vision de Yapou Bétail Humain quand même sacrément simplifiée en évacuant pas mal d’aspects passionnants du bouquin. Pour le reste, l’émission est agréable à écouter même si, non décidément, je continue d’avoir du mal avec Tokyo Année Zéro de David Peace.

Voici les liens des émissions :

Ce n’est pas un hasard :

1. épisode 1     
2. épisode 2     
3. épisode 3     
4. épisode 4     
5. épisode 5     

6. Mauvais Genres     

Dans un autre style, je cite aussi une émission au salon du livre sur le Japon culinaire, là aussi avec Ryoko Sekiguchi. Pour ceux qui aiment, moi j’ai rapidement décroché.

Du même tonneau (ou presque) :

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2 Commentaires

  1. C’est une bonne surprise cette lecture merci. D’habitude France Inter en fait un peu trop dans la fausse sobriété. Bon texte aussi.

    Vraiment affreuses de ces couvertures spécial Japon. C’est vraiment pour attirer le chalant.

    Beau pavillon du Japon au salon du livre.

    • C’est une bonne surprise cette lecture merci. D’habitude France Inter en fait un peu trop dans la fausse sobriété. Bon texte aussi.

      Il me semble que dans la pléthore de témoignages qui ont été publiés sur le sujet, si l’on devait n’en acheter qu’un, ce serait celui-ci (en attendant une traduction des poèmes de Ryuichi Wago). Ça ne va d’ailleurs pas tarder en ce qui me concerne.

      Vraiment affreuses de ces couvertures spécial Japon. C’est vraiment pour attirer le chalant.
      Bien d’accord. Surtout celle de Courrier international. Pour info il s’agit d’un manga écolo sur l’utilisation du colza pour vaincre les radiations contenues dans le sol. Lui, par contre, je sais pas si je l’achèterai.

      Beau pavillon du Japon au salon du livre.

      Bon, je vais donner l’impression d’être le gros fan de base, mais un pavillon japonais laid m’aurait quand même étonné.

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