En complément à Near Equal Daido Moriyama, un court article aujourd’hui pour évoquer un petit livre très bien foutu et surtout pas cher. Ouais, pas cher, car vous en conviendrez, pas toujours facile de dépenser une petite somme rondelette dans l’achat d’un photobook. A moins d’être Crésus, dégainer une cinquantaine d’euros pour se procurer un livre d’une centaine de pages avec quelques dizaines de photos a de quoi vous y faire regarder à deux fois. Chose que, grâce à ce petit livre, vous ne devriez pas faire puisqu’il ne vous en coûtera que la modique somme de… de… Pierrot ?

 

 Gni… 2 euros ?

Bon, O.K. Pierre, reste chez Drucker à finir ta verveine et prends tes pillules, je vais continuer tout seul pour cette fois-ci. Non, pas deux euros mais pas loin : 4,71 € ! C’est tout l’intérêt de la collection « 55″ chez Phaedon. Excellent complément à la collection « Photopoche », elle se propose de découvrir l’oeuvre d’un photographe à travers 55 photos représentatives de sa carrière. Inutile de vous dire qu’en découvrant qu’un des numéros était consacré à Daido Moriyama, je ne fis ni une ni deux, et que l’objet rejoignit recta la modeste partie de ma bibliothèque consacrée aux photobooks.

Le bouquin se présente sous un format carré (13,5 X 13,5 cm). Inévitablement, certains esprits chagrins tiquent ici, se demandant comment il est possible de s’immerger dans des photos avec un tel format. A cela je réponds : 4,71 € les mecs. Inutile dès lors de s’attendre à une édition in-quarto en plein maroquin et sur papier d’Arches. Non, loin d’une reproduction à tomber par terre, cette petite collection s’appuie avant tout sur un papier de qualité, bien épais, qui permet mine de rien une bonne reproduction des photos, et un appareil critique assez sympathoche. Ici, c’est Kazuo Nishii qui s’y colle, critique photographique et ami de Moriyama que l’on voit dans le documentaire de Fujii et qui, en une préface de 13 pages, résume habilement la carrière et le style Moriyama. Mais tout aussi intéressantes sont les petites notices qu’il réserve à chacune des photos. C’est là la pricipale différence par rapport à Photopoche et le principal attrait. En quelques lignes, l’auteur explique le pourquoi du comment de la photo, la situe dans l’oeuvre du photographe et éventuellement livre de petites anecdotes révélatrices. Tenez, prenez par exemple euh, au hasard, cette photo :

Vraiment au hasard.

Nishii raconte qu’Araki demanda à Moriyama pourquoi il n’avait pas rendu le visage de la femme identifiable. Il lui aurait répondu que c’était là sa « miséricorde de samouraï », montrant ici sa répugnance à se vanter de ses conquêtes. Et Nishii d’ajouter qu’ « il semble avoir voulu décrire les réalités du rapport sexuel comme un flou obscur, ou comme un événement symbolique mystérieusement articulé. il s’intéresse plus à ce qui ne s’exprime pas facilement : aux émotions plutôt qu’aux phénomènes ». Nishii n’en fait pas des tonnes mais à chaque fois tombe juste dans ce qui fait la spécificité de la photo et l’on sort de la lecture de ce petit livre avec une idée assez précise du cas Daido Moriyama. En bref, un excellent complément au documentaire évoqué la semaine dernière. T’es pas de mon avis Pierrot ?

0 euro ?

Bon, finalement laisse tomber la verveine et sniffe-toi un rail de cointreau, ça ira mieux.

Du même tonneau (ou presque) :