Rudyard Kipling sur France Cul

Au cas où vous ne le sauriez pas, 2011 est l’année Kipling et France Culture lui a récemment rendu hommage. « Et alors ? me direz-vous, qu’est-ce qu’on en a à carrer ? ». On en a à carrer ceci : Kipling n’est pas que l’immortel romancier qui écrivit le Livre de la Jungle et qui fut un des précurseurs de la S-F, celui qui fit dire un jour à Henry James :

« Kipling me touche personnellement comme l’homme de génie le plus complet que j’aie jamais vu ».

Bien avant cela, il fut un jeune homme qui entreprit de faire un voyage à la Lucien de Rubempré pour aller vivre dans une des glorieuses capitales littéraires d’Europe, Londres. En bisbille avce le journal dans lequel il travaillait (The Pioneer), il décida en 1889 d’utiliser sa prime de licenciement pour mettre son projet à exécution. Ah ! J’ai omis de préciser que Kipling n’habitait pas alors à Sainte-Geneviève-des-Landes mais au Rajasthan. Et plutôt que d’aller vers l’ouest, il préféra faire un détour pour les States où il serrera d’ailleurs la louche à Mark Twain. Direction : Frisco. Mais avant cela, comme l’homme était manifestement désireux de faire le voyage de sa vie avant de se fondre dans sa carrière d’écrivain, il en profita pour faire un crochet par… le Japon, évidemment.

Le choc est total et absolument enchanteur. Kipling est d’emblée émerveillé par l’âme de ce pays et se prend l’envie de croquer sur le vif des instants de ses pérégrinations au Japon. Il en est ressorti un livre, les Lettres du Japon :

Je ne l’ai pas lu, mais l’adaptation que vient d’en faire France Culture à travers une fiction radiophonique m’en a clairement donné envie. Comme toujours, on y retrouve les qualités de la maison : excellence des lecteurs, mise en scène sobre mais efficace, qui sait créer avec deux-trois effets une ambiance. Entre deux passages de narration, vous fermez les yeux et vous entendez alors des chansons traditionnelles qui vous donnent l’impression d’être plongé dans le Japon de l’ère Meiji en compagnie d’un merveilleux guide, un touriste incisif et amusé nommé Kipling. De quoi passer un dimanche après-midi dépaysant.

La fiction (en 5 parties), se trouve ICI.

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Pendant que j’y suis, et avant d’aller prendre l’apéro, je vous signale actuellement dans les kiosques la présence de ce magazine :

Avec ce bon vieux Paulo en couverture.

Je dis « magazine » car il faut bien l’avouer, Polka n’est pas ZOOM et ne mérite pas comme elle le titre de « revue », plus classieux dans mon esprit. Mais enfin, on y trouve toujours des choses intéressantes à picorer, notamment dans ce numéro d’été où l’on a 24 pages sur le Japon. Le premier article livre quelques photos de Kosuke Okahara de l’enfer de Fukushima ainsi qu’un texte intéressant de Claude-Marie Vadrot, journaliste-reporter aguerri aux dangers du terrain mais qui raconte comment le courage n’a plus lieu d’être dès qu’il s’agit de faire face à l’atome.

L’autre article est ZE article de ce numéro : un portfolio de 14 pages consacré au grand Daido Moriyama! On y trouve notamment une photo en double page une photo volée de Japonaises dans un bain public assez excquise. En bonus, un texte limpide de Jean-Kenta Gauthier retraçant la carrière et la spécificité de l’oeuvre de Moriyama. Bref, tout cela vaut bien 5 euros.

Du même tonneau (ou presque) :

Lien pour marque-pages : Permaliens.

9 Commentaires

  1. Les Lettres du Japon de Kipling me tentent grandement!! Je vais déjà essayer de prendre le temps d’écouter tout ça!! Merci beaucoup pour l’idée, qui ne me serait certainement jamais venue à l’esprit (me tourner vers Kipling pour un morceau de Japon).

  2. Idem. J’avoue que dans mon esprit, Kipling c’était Mowgli et basta.

  3. Je l’avais écouté à l’époque où ça passait, je ne savais pas que c’était une adaptation de Kipling. L’ambiance sonore est très sympathique effectivement…
    De même que l’ambiance de ton blog d’ailleurs,
    adios !

    • Je te remercie bien chaleureusement, malgré le fait que ton blog parle de cinéma coréen. Habituellement j’aime bien mais là, à J-3 d’un événement sportif considérable, je vais éviter de me distraire avec de la pelloche en provenance de ce pays. Là, il n’y a qu’une chose à faire :
      null
      Comme Tullio, rester concentré pour casser du Red Devil.

      A mercredi à la buvette 😉

  4. Indeed !
    Mais c’est au Japon, alors au niveau des becquerels, je sais pas si ce sera fairplay.
    Même si Park Ji-sung s’en fout de la radioactivité

    • Ah mais pardon ! En fait de manque de fairplay, les Coréens se posent là. Quand on a des joueurs comme celui-ci :
      null
      … j’ose espérer qu’ils ne viendront pas se plaindre (après un cuisant 5-0) que la pelouse était glissante et enrichie au plutonium. Manquerait plus que ça !

  5. Et alors ? Quu’est-ce qu’on en a à carrer ? 

    L’espace d’un quart de seconde, effectivement, telle fût ma pensée, en voyant le titre du post…. Puis, je me suis douté que devait y avoir autre chose…

    Je note le livre et les podcasts (d’ailleurs, c’est pas la première fois que tu me rencardes sur France Kulture)…

    Entièrement d’accord, c’est pas un peu de plutonium qui va arrêter Park Ji-sung….

  6. Il y aura de plus en plus de rencards sur France Cul car j’ai l’impression que ces petites infos trouvent à chaque fois leurs clients.
    Au fait, j’ai bientôt fini le premier tome du Trône de Fer (le maousse, celui avec 750 pages). Sympa mais venant après le souffle de la série, pas évident de se sentir emporté. Subsistent tout de même des détails qui n’apparaissent pas dans la série et qui donnent son prix au bouquin.

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