Une fille du soleil couchant

Alors que je remontais la Takachihô dori vers le centre de Miyazaki, un bon gros soleil dans la figure,  je parvins à distinguer un keitai rouge, une robe à fleurs et un panier façon petit Chaperon Rouge. Je voulus demander à la demoiselle s’il y avait une galette et un petit pot de beurre mais je me ravisai. En revanche je lui demandai son numéro de keitai : elle ne me répondit pas, un brin dédaigneuse. Cette fille du soleil couchant avait dû lire Perrault.

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6 Commentaires

  1. Prendre une photo de rue, c’est un peu comme demander le numéro de keitai à une fille. C’est culotté, on a une petite montée d’adrénaline et on s’expose à un refus.

    • Exactement, surtout lorsque le sujet te lance au dernier moment un regard que tu n’attendais pas. Là, ce n’est plus de l’adrénaline, c’est carrément l’impression d’avoir été transpercé par ce regard. Comme quoi le vocabulaire guerrier propre à la photographie (viser, shooter, mitrailler) peut aller dans les deux sens.
      Il m’est arrivé quelquefois d’avoir été complétement couché par un regard et d’arrêter le mouvement de l’index sur le déclencheur. Un peu comme un voleur à la tire s’apprêtant à commettre un larcin et s’arrêtant au dernier moment parce qu’il s’est aperçu que l’épicier l’avait dans le collimateur.

  2. Faut être un peu bandit. C’est pourquoi je suis assez impressionné par ton portfolio. Si on veut capter ces scènes de rue, il y a un moment où ne peut plus se dérober, il faut aller au bout du larcin et sous les yeux de l’épicier. Quand j’essaie de prendre la photo en loucedé, de peur de me faire pincer, le résultat est moins bon.

    Au fait, dans le portfolio, il y a erreur de correspondance quand on clique sur la fille en rouge assise au bas de grands escaliers.

  3. Il y a en fait souvent deux sentiments contradictoires : l’envie de ne pas être repéré et l’envie au contraire de capter le regard. J’adore quand le regard laisse perce un sentiment de surprise, de méfiance ou d’amusement. Le problème c’est qu’il y a toujours une crainte larvée, crainte d’être perçu comme un agresseur et de susciter une réaction négative (alors qu’en fait il y a peu de chances). Mais lorsque la crainte est surmontée, que la photo est prise sans esclandre, quelle jubilation de regarder sur l’écran de l’appareil ce que donne la photo. Un peu comme si on venait de remporter un duel.

    Le lien est réparé. Curieux, ça arrive souvent en ce moment.

  4. Je ne vais pas être très constructive mais j’adore cette photo… tout particulièrement cette lumière rasante (fin de journée ou petit matin ?).

    Je ne me suis toujours pas essayée à la photo de rue mais pour mes prochaines vacances, c’est décidé je ferai le grand saut 🙂

    • Fin de journée. Au Japon, l’été, il ne faut pas me brusquer le matin, pas de promenades avant 10 heures. Alors, « petit matin », tu imagines!

      Je ne me suis toujours pas essayée à la photo de rue mais pour mes prochaines vacances, c’est décidé je ferai le grand saut
      Bonne découverte alors, et en espérant que cette première expérience te refile le virus. Normalement, si tout se passe bien, ça devrait être le cas. En espérant aussi de voir tes photos, par exemple sur Made in asie si jamais tu vas dans un coin asiatique.

      Olrik, le gars sans façons qui s’incruste dans la construction du blog des autres

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