Vous reprendrez bien un peu de Toei’s Bad Girls ? C’est un peu ce que je me suis dit avant de valider la commande de Pinky Violence : Toei ‘s Bad Girls sur l’Amazon japonais. Édité chez Hotwax, l’ouvrage s’appelle Queen of japanese movie. Sur la couverture d’un joli rose flashy, on reconnait Miki Sugimoto, pas vraiment dans sa version pin up des îles. Ici, c’est plutôt la cheftaine de loubardes. Le regard est un peu intimidant, j’ai eu l’impression que si je ne validais pas la commande, ça pouvait mal se terminer cette histoire. Je décidai finalement de l’acheter, un peu en soupirant il est vrai car je me disais que j’allais me trouver une nouvelle fois devant un livre de cinéphile collectionneur fétichiste.

Il y a du vrai, mais en partie seulement. Si ce bouquin va rejoindre d’autres trophées qui seraient un peu les call-girls de ma bibiothèque (ouvrages très séducteurs, très tape-à-l’œil dans l’apparence mais un peu vide dans le fond), c’est parce qu’il est avant tout un très beau livre. 160 pages tout en  couleur, bourrées jusqu’à la gueule de posters et de photos, dotées d’une maquette très « pop seventies », c’est un réel plaisir pour les yeux.

Pour le fond, je reste un peu mitigé. Le livre s’intéresse donc aux films de Pinky Violence produits par la Toei et la Nikkatsu. Cela commence avec la série des Stray Cat Rock (5 films), puis enchaîne avec celle des Girl’s Junior High School/Bad Girl Mako (4 films), des Sukeban Blues (7 films), des Terryfying Girl’s High School (4 films) et des Sex & Fury/Zero Woman (4 films). Au milieu du livre on a droit à quatre portraits (Meiko Kaji, Han Bunjaku, Reiko Ike et Miki Sugimoto). Par rapport à Pinky Violence : Toei’s Bad Girls, l’ouvrage ne joue pas dans la même catégorie. C’est le minimum syndical : quelques portraits de Stars du genre donc les conditions de tournage et de production de ces perles. C’est peu mais là où l’on ne va pas bouder notre plaisir, c’est que l’on y trouve des textes… an anglais ! Mais relativisons tout de suite car si les concepteurs du livre semblent avoir eu pitié de ces lecteurs étrangers, passionnés de cinéma japonais mais indécrottables cancres dans leur maîtrise du japonais, on n’a pas non plus le sentiment que la traduction des textes présents en japonais était primordiale. On a un peu l’impression de se faire donner la becquée : pour certains films, ça va, le texte en anglais présent, mais pour plein d’autres, il semble être passé à l’as, faisant les frais de la composition graphique de la double page. Inutile de dire que c’est un peu frustrant, et ce n’est pas la présence d’un CD (reprenant la BGM de Stray Cat Rock : Sex Hunter) qui changera la donne : c’est écoutable, sans plus.

Queen of Japanese Movie est donc un beau livre mais au contenu informatif limité. J’attends encore l’équivalent Pinky Violence du Behind the Pink Curtain de Jasper Sharp. Il y aurait aussi une autre solution : arrêter de faire ma feignasse dans l’étude du japonais.

On trouve assez facilement le livre un peu partout sur le net. Il vous en coûtera 2800 yens.

 

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