Tokyo Love Hello


     Tokyo Love Hello est un recueil de photographies composé par le photographe britannique Chris Steele-Perkins. « Ah ouais, encore un livre de photos sur le Japon » pensez-vous peut-être. A cela je ne répondrai que par un mot : Magnum.
Eh oui, grâce à la qualité de ses reportages, reportages qui lui ont valu une reconnaissance internationale, Steele-Perkins a été admis au sein de la célèbre et prestigieuse agence en 1979. Autant dire qu’il ne s’agit pas ici de « photos » mais bien de « photographies ». On les scrute, on guette les failles, en vain : la maîtrise technique est bien là et l’on a donc droit à une merveilleuse collection de photographies prises à Tokyo.
Le ton du receuil est dans l’ensemble léger. Steele-Perkins explique dans une courte préface son histoire d’amour pour le Japon. Après avoir rencontré sa femme – japonaise – il s’est senti le besoin de se confronter ce pays, « cet espace qui [lui] avait soudainement tant donné ». Il y a une certaine tendresse dans on regard. Le regard critique est rare (un ou deux clichés sur les SDF) et le cynisme totalement absent. En revanche, on sent un plaisir réel à capter ce que l’autre préfacier du livre, Donald Richie, nomme « l’incongruité japonaise contemporaine ». Pour ceux qui imaginent les Japonais – et plus particulièrement les Tokyoïtes – comme des fourmis robotisées, la découverte de Tokyo via ce livre à de quoi étonner : on a l’impression de se trouver dans un univers ludique où l’humour et l’insolite sont omniprésents.
Enfin, le recueil séduit par sa grande variété de situations. Night club, cérémonie de mariage, entraînement d’enfants sumos, salon de beauté pour chiens, séance d’aérobic devant un building de Shinjuku, shopping… l’oeil et l’esprit sont tout le temps stimulés par la découverte d’une nouvelle facette de l’espace tokyoïte. Il faudrait sans doute analyser l’ordre choisi par Steele-Perkins afin de distinguer les effets de sens dégagés par les correspondances, les décalages tissés par les différentes photographies. Je me contenterai d’évoquer le plaisir que j’ai eu à tourner les doubles pages (chaque double page est constituée du titre sur la page de gauche et de la photographie sur celle de droite) et à tomber sur une nouvelle situation, radicalement différente de la précédente. Plaisir de la surprise sans cesse renouvelé donc, mais aussi, pour l’apprenti photographe, plaisir de l’analyse de créations venant d’un photographe professionnel. Composition, cadrage, point de vue, etc., il y a évidemment beaucoup à apprendre. Steele-Perkins est un professeur qui n’explique pas (on aimerait pourtant…) mais qui donne à montrer et qui fait travailler l’imagination, stimule. Ah ! si mon prochain voyage au Japon pouvait avoir lieu dès demain… Le street shooting à Tokyo me manque.

Afin d’avoir une idée un peu plus précise du livre, les liens ci-dessous vous donnent un aperçu des photographies de Steele-Perkins :
http://inmotion.magnumphotos.com/essay/tokyolovehello

http://www.magnumphotos.com/Archive/c.aspx?VP=XSpecific_MAG.BookDetail_VPage&pid=2K7O3R94LNXD
Enfin, un lien intéressant sur le blog de Steele-Perkins dans lequel le photographe explique sa démarche pour ce livre :
http://blog.magnumphotos.com/2007/02/what_exactly_do_you_want_to_say.html

     Tokyo Love Hello est disponibles aux editions Intervalles. Les préfaces et les titres des photographies sont à la fois en anglais et en français. C’est une édition soignée. Le format est un peu petit (23.5 cm X 17.5 cm), je m’attendais à plus grand, mais la qualité du papier et de l’impression compense. L’ouvrage coûte 30€.

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