tintin-au-japon

     En résonance avec le précédent article sur Ryû ga gotoku. Je me suis souvenu de cette photo prise dans une des rues de Shibuya. J’ai accentué volontairement le contraste de l’image afin de faire ressortir les couleurs des enseignes lumineuses et donner l’impression d’un certain flottement. Car marcher au milieu de ces rues, surtout pour le touriste moins habitué que les Tokyoïtes, a de quoi vous envoyer sur un petit nuage. Même si j’aime pas beaucoup ce film, je trouve que le début de Lost in Translation, avec l’arrivée de Bill Muray en taxi à son hôtel, montre bien l’ébahissement que peut être celui d’un étranger arrivant dans ce type d’endroit. La scène se passe de nuit, le personnage a l’air un peu endormi, sans doute un peu abruti de son voyage lorsque les lumières de Shinjuku (il me semble qu’il s’agit de ce quartier) arrivent. On entend une musique (« Girls » de Death in Vegas, chanson éthérée sans paroles assez bien choisie en l’occurrence) qui arrive elle aussi comme un chuchotement puis qui est peu à peu amplifiée, coïncidant alors avec le défilement des lumières sous les yeux ébahis de l’américain. Ce spectacle agit comme un coup de fouet, le secoue de sa torpeur. Il se repositionne sur son siège et se rapproche de la fenêtre pour bien observer, pour ne pas en perdre une miette. Les yeux grand ouverts, il contemple un décor que tout un chacun a déjà vu dans des films ou des reportages sur le Japon, mais qu’il est toujours édifiant de voir en vrai. Imparable.

Dans un style sensiblement identique, voir mon article sur Dotonbori.

 

 

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