Les Cinglés du Music Hall Jap’ #5 : Konnichiwa Akachan d’Azusa Michiyo
J’aime ! Tu aimes ! Il aime ! Nous aimons ! Vous aimez ! Ils aiment le music hall jap’ ! Les Cinglés du music hall Jap’ ! Une émission d’Olrik pour ceux qui aiment vraiment le music hall Jap’ !
Je sais ce que vous pensez : ça y est, à passer son temps à changer des couches et à faire son papa gâteau, le vieux a fini par couler une bielle. Encore quelques jours, et Bulle de Japon va devenir Bulles de Lardons. Finies les bijins, bientôt ce ne sera plus que ça :
A cela je réponds : eh quoi ! Ne croyez-vous donc pas qu’en torchant des articles pour ce blog j’ai parfois l’impression de donner de la panade à des petits malappris, hein ? Avant de me faire un caca nerveux et de vous transformer en ceci :
détendez-vous et prêtez donc une oreille à la douce voix d’Azusa Michiyo :
douce voix et doux visage. Ça va tout de suite mieux, hein ?
Konnichiwa Akachan (Bonjour bébé) est ce que l’on peut appeler un tube. Tout simplement. Et un gros. Sortie en 1963 alors qu’Azusa venait à peine de sortir de la fameuse école de Takarazuka, la berceuse aux paroles simplissimes (« bonjour bébé, c’est maman, papa va bientôt arriver… ») ne tardent pas à se faire une place solide dans une culture populaire et commune aux Japonais. Mettez un bambin dans les bras d’une Japonaise, soyez assuré qu’elle fredonnera un « ♫ konnichiwa akachan♫ » attendri. Il faut dire qu’il faudrait être une fameuse brute pour ne pas au minimum sourire à ces deux minutes vingt de paroles rassurantes susurrées par la voix à la fois complice et protectrice d’une Michiyo incarnant alors, le temps d’un tube, LA figure maternelle :
Ça donne envie de faire des mouflets, hein ? Un millions d’exemplaires furent vendus, Nihon Record Taisho à la clé (1), et la chanson connut même le privilège de sortir l’année suivante en Grande-Bretagne chez Decca, excusez du peu. Et ce n’était pas fini puisque la même année, mais cette fois-ci en Australie, la chanteuse Noeleen Batley en fit une reprise plus qu’honorable :
Ladite Batley, sentant le bon filon, enchaîna avec un titre en japonais (owakare no namida) et une tournée promotionnelle au Japon.
Enfin, Michiyo chanta son tube lors du 14è Kouhaku Uta Gassen, la grande messe cathodique de fin d’année de la NHK, juste après Kyu sakamoto. Je précise car ces deux-là pour point commun d’avoir eu, pour leurs plus grands hits (Konnichiwa akachan pour Michiyo et Ue o uite aruko pour Sakamoto) le même parolier (Ei Rokusuke) ainsi que le même compositeur, Hachidai Nakamura auquel Michiyo rendra hommage bien des années plus tard, en 1992, lors de la 43ème édition du Kouhaku Uta Gassen, en interprétant à nouveau Konnichiwa Akachan.
(1) Cérémonie équivalente de nos victoires de la musique. Le Nihon Record Taisho est aussi le nom de la récompense la plus prestigieuse qui y est décernée à la meilleure chanson de l’année.









Alors là je tiens à apporter quelques petites précisions.
Azusa Michiyo fut bien embêté de l’étiquette un peu collante de ‘Konnichiwa Akachan’ lors de sa carrière. Elle était plutôt branché jazz de club enfumé et reprise de Billie Holiday mais son image publique la renvoyait toujours à cette ritournelle, certes charmante, mais un peu chiante à la longue.
Je sais, j’ai déjà dit exactement la même chose dans un vieil article sur Drink Cold mais quand je peux ajouter mon grain de sel, je ne me fais pas prier.
Meganekun, geek du kayôkyoku.