Les Cinglés du Music Hall Jap’ #4 : Hadaka Nenbutsua Iwa no Ue d’Hibari Misora (1961)

J’aime ! Tu aimes ! Il aime ! Nous aimons ! Vous aimez ! Ils aiment le music hall jap’ ! Les Cinglés du music hall Jap’ ! Une émission d’Olrik pour ceux qui aiment vraiment le music hall Jap’ !

Eh oui ! Je continue encore un peu mon ramassage de pépites misoresques, mais cette fois-ci dans les 60’s. Au reste, peu de différences avec les 50’s : l’ambiance musicale est toujours aussi douillette qu’un film de Stanley Donen :

Du chauffage, des tatamis, des chocolats, du fois gras, un verre de moelleux et Singing in the Rain : une idée des plaisirs simples de votre serviteur.

Certes, Hibari n’est pas Cyd Charisse niveau sex appeal même si certaines photos dans les articles précédents ont pu montrer que c’était réellement une jolie fille.

Allez, une autre pour la route, ça ne fait jamais de mal.

Reste que dans cette chanson, Hadaka Nenbutsua Iwa no Ue, notre jeune chanteuse a du chien, indéniablement. Dès les premières mesures, difficile de ne pas être envoûté une nouvelle fois par ces sonorités de latin jazz, ces percussions discrètes mais entêtantes, et, enfin, la voix d’Hibari, pleinement dans un registre enka mais dont les « cha cha cha » un brin espiègles et provocants donnent envie de faire plus ample connaissance avec cette jeune femme qui se promène non loin d’un « Bouddha nu au-dessus d’une grosse pierre » (traduc’ du titre avec les moyens du bord ). Personnellement, j’échangerais volontiers plusieurs verres de Monbazillac contre le visionnage de la scène de

Beran me-e nakanori-san (1961)

… dans laquelle on entend cette chanson. Faute de mieux, voici un montage de karaoke. Pas ce qu’il y a de mieux aussi vous conseillé-je de fermer les yeux, de vous concentrer sur la musique en imaginant les déhanchements d’une jeune et jolie paysanne serrée dans un gracieux kimono :

Du même tonneau (ou presque) :

Lien pour marque-pages : Permaliens.

18 Commentaires

  1. Dilemme de geek, dernier degré
    Je pars du principe que tu as donc découvert sur youtube (ou autre) la chanson 裸念仏ぁ岩の上 (Hadaka Nenbutsua Iwa no Ue, et là je te crois sur parole). La chanson a été sortie le 20/10/61 (source : official Hibari Misora).

    Par conséquent on peut raisonnablement penser que ça accompagne le film べらんめえ中乗りさん sorti la meme semaine, et qui est le film que dont tu présentes le kitchissime poster (avec Takakura !). Jusqu’a là donc, tout va bien hormis le fait que ce film que je ne l’ai jamais trouvé à chaque fois que j’ai regardé sur yahoo auctions (I’m doomed)

    Par contre quand je fais une petite recherche sur le titre de la chanson, je tombe aisément sur la pochette de single, celle qui orne le haut du billet. Là probleme, surchauffe de cerveau, aspirine, yeux qui saigne à force de déchiffrer du japonais…… Ca ne correspond pas du tout. Puisque la pochette de disque rappelle bien sur sa premiere ligne que ça pourrait concerner non pas le film précité (de la série Beran), mais plutot un film de la longue série des Hibari no… (ひばりの) .
    Sauf que, forcément, je ne trouve aucun film qui correspond au titre sur la pochette du single ni sur jmdb, ni sur le site officiel.

    Résultat, je suis brocouille sur tout la ligne, et meme si tu dois finalement avoir raison (tu as cherché, ton japonais est meilleur que le mien), j’ai quand meme toujours un doute lancinant. La jolie alouette n’a pas fini de me faire tourner en bourique.

    Fin de l’interogation geek du jour.

  2. Je comprends ce dilemme de geek. C’est parfois un peu chaud de trouver les bonnes références et je dois dire que moi-même, n’étant pas un pro de Misari Hibora, je serre les fesses quand je balance un article pour cette nouvelle série. Quant à mes compétences en jap’, j’aime mieux pas en parler.
    M’enfin, a priori ce lien devrait apaiser tes doutes :
    http://www.misorahibari.com/mainwin.php?page_id=21&detail=2356&type_id=1

    Les deux chansons sont bel et bien présentes dans le film et ma source spéciale me souffle que la première, ひばりの木曽節, est chantée au début et à la fin du film.
    Ces deux vidéos auraient pu te le prouver en musique, malheureusement… vas-y, clique si tu veux te faire du mal…
    Olrik, cruel

  3. ah mais si l’alouette commence à avoir des itres de chansons qui commencent comme ses titres de films, je ne vais plus pouvoir suivre moi !
    mea culpa, je n’ai meme pas tilté que ca aurait pu etre un titre de chanson sur la premiere ligne. Resultat je suis parti loin, loin, tres loin ! j’ai trop focalisé sur ce que je connaissais de sa filmo…..
    merci du lien, sur lequel je n’ai pas du lire la ligne 主題歌 (themes).

    et merci pour les videos fantomes
    dans le genre sympa j’ai cette vhs http://www.nihon-eiga.fr/?p=399 (y’a 3 clips sur youtube, chez le channel bien nommé ilovehibari )

  4. Oui, ton article et les vidéos me confortent dans l’idée que, tout de même, ce serait bien qu’un éditeur français se décide un jour à sortir un petit coffret pour faire découvrir des comédies musicales des 50’s. Je ne suis pas bien exigeant : trois titres feraient largement l’affaire (pour commencer).
    Ou je me trompe mais j’ai l’impression que c’est un genre qui n’a jamais été édité en Europe ou aux States. Regrettable, vraiment.

  5. A défaut de trouver le film en entier, il y a de magnifiques compilations dont en particulier celle ci :
    http://page4.auctions.yahoo.co.jp/jp/auction/d107648516
    (1ere chanson / chapitre)
    Ca reste un peu cher par contre.

    et je plussoie à l’idée du coffret. Car ce genre ultra populaire a été completement occulté en occident. C’est vraiment dommage, car c’est finalement plutot facile d’acces, bon esprit, familial. (ou alors les japonais n’ont jamais voulu vendre ces films à l’international, ce qui peut aussi arriver)
    Avec un cd audio bonus et un livret d’une vingtaine de pages, c’est pas plus financierement casse gueule que les coffrets Yoshida ou Wakamatsu (mais comme c’est moins prestigieux, ou branlette, les éditeurs n’auront aucune aide CNC)

  6. pour les films, on a deja les bootlegs TV hawaien sous-titrés, et c’est deja enorme vu la dose de trucs dispo 🙂 Reste que les trucs early 50s sont pas dispo (surement parce que c’est pas du Toei), j’aurai bien aimé voir son trio de gamines. Faut que je me fasse son « Young Boss », ou encore Benten Kozo quand même, pour la culture!

  7. @ Guillaume :
    et j’imagine qu’il doit y avoir des petits maîtres du genre et de réelles pépites. Quand je vois certains trucs HK sans intérêt qui sortent je me dis merde! Y’a pas de raison !

    @ Martin :
    Justement, je devrais avoir la possibilité de me mater bientôt Young Boss ainsi que le premier Detective Hibari. En ces périodes de fêtes, ça devrait être une expérience assez douillette. J’essaierai de me fendre d’un article…

  8. Non à l’hégémonie du cinéma nippon, deux Nam Lai Choi + un Patrick Tam + un Clarence Ford c’est pas rien … qu’on se le dise! Et si on sort du Hibari, faudra aussi sortir du Grace Chang 🙂

    Sur le truc d’Hibari, c’était la 1ere chronique de mon site (2004 déjà .. gloups), http://eigagogo.free.fr/Critiques/edo%20girl%20detective.htm

    je m’étais pas foulé, m’enfin .. ça meriterait d’inclure ça dans un dossier plus global sur le film de détective à l’ère Edo, sous genre méconnu et typiquement nippon… ah le cloisonnement des (sous)genres!

  9. Bon, je préfère ne pas trop lire ta critique, ou après avoir fait la mienne, j’aime pas être influencé. Je peux en tout cas de dire une chose : mes screenshots vont arracher la moquette en comparaison des tiens !

    Pour le cinéma HK, j’avoue en toute franchise que si j’apprécie un Johnnie To ou une vieillerie amusante de temps en temps, dans l’ensemble c’est vraiment pas ma came. J’ai pu autrefois jubiler de plaisir devant certains films de serie B, je m’aperçois maintenant que c’est très dur de tenir plus d’un quart d’heure. En gros, pour faire simple, à mes yeux les Japonais avaient tout tandis que les Hong Kongais n’avaient que les miettes. Remballe donc ta Grace Chang, elle fait pas le poids face à Hibari et en plus… ses cheveux sentent mauvais!

  10. >mes screenshots vont arracher la moquette en comparaison des tiens !
    Mmmm … je peux pas lutter :'( c’était l’époque pre-ADC de l’echange de copie VHS->DVD par colis, et des espaces stockages de 10Mo sur le web, un autre siècle … suffit d’un clic maintenant pour chopper la chose au reveil le lendemain en prenant son café!

    HK aura tjs qlq chose qui manque cruellement aux nippons: du COEUR et un vrai sens du divertissement catharsique 🙂 (et je parle pas de la maitrise de la répresentation de l’action, où les nippons sont vraiment piteux). Les deux cinématographies se complètent et on leur qualité distincite ( j’attend encore ne serait-ce qu’un sous-sous-Tsui Hark nippon). Marrant quand même ce clivage HK/Japon, je rencontre pas bcp de monde qui aiment les deux cinématographies (les Hkphiles reprochant aux films nippons d’être trop sérieux, super chiants, et naze niveau action). Les nippons aussi avait leur serie B 80/90s, mais tout le monde les a déjà oublié! (V-Cinema et autres trucs à la Keita Anemiya … Sushi typhoon ferait mieux d’aller voir à HK d’ailleurs, prendre des cours de divertissement .. à l’heure de la globalisation, ce genre d’alliance pan-asiatique pourrait faire merveille!)

  11. attention je porte un coup bas: quid des directeurs photos? On en parlait ‘autre jour avec Guillaume … c’est vraiment tragique cette pénurie actuelle au Japon (à part Koichi Saito), suffit de voir la gueule des trucs simili DV … quelle horreur!!!!! :'( La seule vraie bonne photo récente que j’ai vu c’est Air Doll (faite par un HKgais). Et niveau raffinement photo/son/montage, Accident de Soi Cheang botte tranquillement les fesses de toute la prod nippone qui régresse irrémédiablement niveau technique (les anciens de la Daiei doivent s’enfiler des FacePalm à longueur de journée!). J’ose pas voir la tronche des écoles de cinéma à Tokyo, ça doit plutôt être des écoles de TV en fait :'( Reste les nippones mutines qu’on pourra pas leur enlever!

  12. Argh! Je tombe sur tes messages alors que je viens tout juste de terminer un long article sur un film japonais (sur un vrai film donc, évidemment sans équivalent du côté de HK) et que je m’apprête à aller me pieuter. Mais ne t’en fais pas, je te répondrai demain. Juste une chose pour ce soir :

    « C’est merveilleux d’aspirer à la simplicité » 😉

  13. > « C’est merveilleux d’aspirer à la simplicité »
    Tu penses que Misumi aurait aimé la simplicité de la DV à rendre des trucs moches? 🙂

    Pour la chro, je met une pièce sur ……Obayashi! Tenkosei par exemple merveilleux exemple de simplicité. (tant qu’on me parle pas d’homme tronc … )

  14. Allez zou : quelques remarques pas forcément pleines de nuances. Pas la peine non plus de faire fonctionner la boite à gifles hein ? on n’est pas à la buvette quoi !

    HK aura tjs qlq chose qui manque cruellement aux nippons: du COEUR et un vrai sens du divertissement catharsique

    « toujours », « cruellement », « du COEUR », un « vrai sens » : C’est quoi toutes ces généralités assénées au marteau et au burin ? Tu te crois chez Denisot ou quoi ? En tout cas, pour « le divertissement catharsique » n’est pas comme le bon sens selon Descartes, c’est-à-dire la chose la mieux partagée du monde. Pour ma part, quelques frissons, quelques rires, rien de transcendant non plus. Du cœur ? J’y vois plutôt une sorte d’inconscience dans le contenu et dans la forme qui peut parfois faire mouche.

    je parle pas de la maitrise de la représentation de l’action, où les nippons sont vraiment piteux
    Tu fais allusion à des scènes de gunfight ou de combats de kung fu ? Certes. Après, limiter l’action à une succession non stop de mouvements virevoltants est un peu réducteur. Perso, ce type de scène me soule de plus en plus. Et dans ce registre, lorsque l’on voit les meilleurs chambara, je n’ai pas toujours l’impression que les réalisateurs nippons ont des moufles. Après, évidemment, utiliser des câbles, enchaîner les saltos, faire des bonds dans tous les sens… évidemment, les japs ne peuvent pas lutter (et en ont-ils d’ailleurs l’envie ?). Mais franchement, et après ? Est-ce essentiel pour rendre une scène d’action efficace ?

    Les deux cinématographies se complètent
    Le cinéma russe et le cinéma zimbabwéen aussi, et c’est pas pour autant que je vais me sentir obligé de m’enthousiasmer pour ce dernier (sans faire offense aux éventuels lecteurs de là-bas, je vous aime les mecs !).

    j’attend encore ne serait-ce qu’un sous-sous-Tsui Hark nippon
    Question de goût, moi je ne suis pas pressé de le voir arriver. Autant j’ai une admiration sans bornes pour un film comme Time and Tide, autant je confesse avoir systématiquement baillé devant ses autres films (bon, peut-être pas pour l’Enfer des Armes). Toujours eu l’impression de voir les partitions d’un petit Beethoven du brouillon. Certains crient au génie pour ça, moi pas. Et puis franchement, je me trompe mais j’ai l’impression depuis quelques années que chacun de ses nouveaux films est source de déception, même chez les hard fans les plus enragés. Un peu dommage pour un « génie » (son dernier, Detective Dee, a toutefois l’air bien meilleur. Sincèrement, c’est tant mieux mais je me méfie, j’attends de voir par moi-même car j’ai souvent été décu par des Tsui Hark présentés comme des « retours en force » du maître)

    Marrant quand même ce clivage HK/Japon, je rencontre pas bcp de monde qui aiment les deux cinématographies.
    Attention, j’aime les deux, c’est juste que je suis beaucoup plus mesuré sur la valeur réelle des films HK. Et plus simplement, je préfère la fameuse simplicité du cinéma japonais, à la nervosité de tous les instants des film HK. Après, évidemment, je suis loin d’avoir exploré tous les recoins du continent HK, mais je ne demande qu’à découvrir de jolies choses.

    les Hkphiles reprochant aux films nippons d’être trop sérieux, super chiants, et naze niveau action
    Hmm… de quels films parlent-on ? De série B, de série Z ou de films en général ? Et encore une fois, qu’est-ce qu’un film « super chiant » dans l’esprit d’un fan exclusif de HK ? Un film sans gunfights de la mort filmé par un épileptique ? Super! Tiens, j’ai vu récemment Hitokiri avec Shintaro Katsu. On ne peut pas dire que le film enchaîne les scènes d’action comme des perles. Et pourtant, à chaque fois qu’il y en a une, Dieu que ça claque ! Et pas besoin de gesticuler dans tous les sens comme un chimpanzé qui se serait gavé de vitamines. Encore une fois, l’action ce n’est pas que cela. Tiens ! Mention spéciale à un Johnnie To qui a compris que, paradoxalement, ça pouvait aussi être une histoire de statisme :

    Scène que j’ai dû voir un bon milliard de fois.

    J’ai toujours apprécié la présence de ce type dans la production HK. J’ai toutefois l’impression qu’il a mangé son pain blanc et qu’on va avoir droit à un syndrome Tsui Hark avec une succession de films moyens. Vengeance, malgré son formalisme toujours tiré à quatre épingles, m’a laissé une impression franchement mitigée.

    Les nippons aussi avait leur serie B 80/90s, mais tout le monde les a déjà oublié! (V-Cinema et autres trucs à la Keita Anemiya … Sushi typhoon ferait mieux d’aller voir à HK d’ailleurs, prendre des cours de divertissement ..

    Là, c’est ma faute, j’aurais dû être plus précis. En fait, je me fous éperdument des séries Z ou du V-cinéma. C’est un truc qui a pu m’amuser autrefois quand je découvrais le cinéma asiatique et que je trouvais plaisir à dénicher d’improbables étrons drôlatiques. Maintenant, quand je vois de tels films, de HK ou du Japon, j’ai tendance à appuyer sur stop au bout de dix minutes.
    Quand je parlais de « série B » (qui n’est pas pour moi du « V-cinéma »), je pensais plutôt aux films de genre ce qui n’est techniquement pas exactement la même chose. Et là, si l’on prend en compte les films à gros budgets et les séries B, ainsi que les maîtres et les petits maîtres qui ont œuvré dans ces genres, je ne vois vraiment pas comment on peut opposer le cinéma HK. On a à la fois le divertissement et la richesse propre à la vision d’un auteur. Et je peux comprendre que l’on trouve ces films « plus chiants » après, faut savoir ce que l’on a envie de trouver lorsque l’on mate un film.
    J’évoquais Hitokiri, Gosha est un assez bon exemple. Le cas de Tsui Hark m’a toujours plus gêné car tout en pressentant un auteur derrière la caméra, j’ai toujours eu l’impression que sa pensée fonctionnait par à-coups. Même chose pour un John Woo : si une balle dans la tête montrait des choses intéressantes, je me souviens que Windjammers, vu en compagnie d’un pote, a été un des plus délicieux moments de ma vie de modeste cinéphile : ça a été une succession de fou rires inextinguibles tout le long du film.

    attention je porte un coup bas: quid des directeurs photos?
    Ma concierge a la rage des sonnets. Elle m’a dernièrement montré sa dernière œuvre et je dois le reconnaître : elle a le truc pour composer des alexandrins qui respectent l’hémistiche. Le problème c’est que tout le reste est nul à chier.
    Il en va de même avec les directeurs photos. Combien de film ai-je pu voir avec une image bien léchée, bien foutue, et qui m’ont en même temps donné une sacré impression de tromperie sur la marchandise ! Vois les films coréens : toujours la même netteté, les mêmes couleurs. Ça, pas de problème, on les reconnaît au premier coup d’œil, dommage que le contenu ne suive pas toujours le clinquant de l’image. Au moins le cinéma jap a-t-il plus de variété : difficile d’amalgamer la photo d’un film de Kitano, de Kiyoshi Kurosawa, de Shinji Aoyama ou de Sono, et c’est tant mieux.

    Et puis, finalement qu’est-ce que c’est qu’une « vraie bonne photo » ? Quels sont les critères exacts pour avoir ce label ?

    Et niveau raffinement photo/son/montage, Accident de Soi Cheang botte tranquillement les fesses de toute la prod nippone
    Je n’ai pas vu, tant mieux pour lui. Mais l’évocation du « son » me fait penser à un autre « coup bas ». Je pourrais évoquer les kilomètres et les kilomètres de partitions ridicules, grotesques, sans goût bref, à chier, qui ont recouvert d’un gloubi boulga sonore (je n’ose écrire « musical ») de pauvres films qui ne demandaient, en vain, qu’à être un peu tirés vers le haut de leur médiocrité latente. Mais sois tranquille, je ne m’abaisserai pas à sortir de ma manche un tel argument.

    Allez, à toi maintenant, tu peux me balancer des cailloux, mais à condition que cela s’accompagne de noms de réalisateurs et de titres d’œuvres susceptibles de me faire changer d’avis sur le cinéma HK.

  15. On leur demande pas de faire des salto, on leur demande d’accorder aux corps et ses mouvements une place digne d’attention, le corps comme vecteur d’intensité , comme composante même, fondamentale du jeu d’acteur. En ce sens une simple course, chute, impact est aussi crucial qu’un regard, une intonation (ce que Gosha fait parfaitement dans Tenchu), une scénographie ou un point de montage. Rien que ça serait déjà un énorme progrès. l’action contemporaine nippone est en panique des qu’il s’agit de montrer un bonhomme interagir avec son environnement, et ça tombe à plat le plus souvent, d’autant plus génant que le film sont souvent inscrit dans une dimension vraisemblable, « réaliste ».

    Quand à la photo, j’attend des identités esthetiques fortes et distinctives (à la Noboru Shinoda, Masaki Tamura, Tatsuo Suzuki par exemple) qu’un pays avec une telle tradition esthétique tend vers l’uniformisation esthétique TV-drama est pour le moins préoccupant.

  16. ce que Gosha fait parfaitement dans Tenchu

    l’action contemporaine nippone

    OK, récapitulons :
    – en matière d’action, le cinéma nippon oldschool n’avait pas vraiment de leçon à recevoir du cinéma HK.
    – C’est maintenant que la bât blesse. Plutôt d’accord, j’ai beau chercher, je ne vois pas de films récents avec des scènes d’actions m’ayant marqué, des scènes où il s’agit pour « un bonhomme d’interagir avec son environnement. » Mais je me demande si depuis quelques années, avec des notamment des types comme Miike ou Kitano, il n’y aurait pas eu un glissement de la mise en scène de l’action (et son corollaire, la violence) vers la mise en scène de la violence qui achopperait les préparatifs à cette violence. cf le dernier Kitano : mouvements réduits au strict minimum, chaque homme est un paquet de nitro prêt à exploser à n’importe quel moment.
    Prends aussi l’évolution d’un Fukasaku, des films de yakuzas où l’action peut durer un certain temps (scène finale de Guerre des Gangs à Okinawa) à un Battle Royale où l’action est concentrée au maximum pour mieux laisser exploser la violence…

    C’est un truc qui m’intrigue tout de même : pourquoi , dans le manga par exemple, a-t-on tant de génies de l’action et si peu dans le cinéma ? Même chose pour le monde de l’animation : les merveilleuses séquences où l’on ressent ce petit frisson d’être emporté par l’action à travers un personnage sont très fréquentes.
    Y a-t-il une réelle incompétence dans le domaine chez les réalisateurs actuels ou « autre chose » ?

    Quand à la photo, j’attend des identités esthetiques fortes et distinctives (à la Noboru Shinoda, Masaki Tamura, Tatsuo Suzuki par exemple)

    C’est justement là que j’aimerais des exemples de films HK avec des identités « fortes et distinctives » car j’ai l’impression qu’on nous sert toujours le même type d’image (pas quelque chose qui tendrait non vers le drama mais vers le hollywoodien). Chose que je ressens moins au Japon ou même en Chine (un équivalent HK de Jiang Wen ?).

    qu’un pays avec une telle tradition esthétique tend vers l’uniformisation esthétique TV-drama est pour le moins préoccupant.

    Moi, ce qui m’a toujours plus préoccupé, c’est cette rage des Japonais d’abreuver et d’être abreuvés de dramas médiocres. Le jour où ce petit univers fera sa révolution comme aux states, on s’inquiétera beaucoup moins de cette uniformisation (dommage que l’exemple de Miike avec MPD-Psycho n’ait pas tenté d’autres réalisateurs).

    L’uniformisation et ce qu’elle peut avoir de « préoccupant » est à relativiser d’ailleurs : tu ne vas pas me faire croire que les films qui sortent sont tous des « Nodame Cantabile ». Qu’il y ait ce genre de soupe, c’est un fait. Qu’on ait des films avec une esthétique drama (genre « Taste of Fish »), aussi. Mais que l’on ait des films avec une esthétique drama et qui soit intéressant ça arrive aussi. Et que l’on ait, dieu merci, des films qui ne se préoccupent pas d’utiliser une image consensuelle, itou. Je sais pas mais quand je consulte Midnight Eye et quantité d’autres sites traitants de ciné asiatique, j’ai pas l’impression de voir un cinéma particulièrement moribond niveau variété : d’un côté « Sakuran », de l’autre « Tokyo Sonata », au milieu un consensuel « Departures » maladroit mais pas inintéressant. Et ce ne sont que quelques grandes lignes.
    Alors que lorsque j’entends les cris d’hystérie qui secouent les fans de la planète HK dès qu’un nouveau film de de leurs idoles sort, je ne peux pas m’empêcher de les ressentir comme un air de déjà entendu. Mais j’avoue connaître peu de noms de réalisateurs HK. Encore une fois, je ne demande qu’à apprendre. Tu évoques Masaki Tamura, justement : y a-t-il des équivalents HK de films aussi audacieux que Eureka ? Ou comme Tetsuo ? Ou comme le Labyrinthe des Rêves ? D’ailleurs j’y pense : on a des exemples de films HK contemporains en N&B ? C’est pas que le N&B soit une condition sine qua non pour faire un chef d’œuvre, mais puisqu’on parle de photo…

    Et pour ce qui est de la « tradition esthétique » que tu évoques, une tradition est faite pour être blackboulée, non? Combien d’artistes se sont assis sur cette sacro-sainte « tradition »! Je vais pas dire « fuck Ozu », mais c’est pas loin. On peut regretter ces changements mais moi, j’ai pas envie de bouder mon plaisir parce que « c’était mieux avant ». Je veux juste guetter les bon films, des films intelligents, même avec une image DV ou de type drama. Et pour cela, je fais plutôt confiance aux réalisateurs confirmés et à ceux en devenir.

  17. bon, va me falloir du temps pour répondre à tout ça!

    je rebondirais juste sur ça très rapidement pour l’instant

    >Y a-t-il une réelle incompétence dans le domaine chez les réalisateurs actuels ou « autre chose » ?

    il y a effectivement une dichotomie assez flagrante entre l’action animée (mais aussi l’action « manga » dessinée avec ses lignes fluides) et l’action typique à l’écran. On pourrait dire (très grossièrement) que l’action HK peut se rapprocher de cette dimension « exagérée » … pourtant aussi culturellement ancré dans l’imaginaire collectif nippon qu’un dispositif statique d’un chambara! Au tournant 90s, les japonais était venu voir les HKgais pour adapter en « live » ce qu’eux ne faisait qu’en anime ou manga (Wicked City, Peacock King, Story of Ricky par exemple). Suffit de voir l’adaption live (100% japonaise) de Megalopolis que les nippons n’y arrivait pas, qu’il y avait un truc qui accrochait pas du tout. Pourtant Misumi en 72 avait pourtant fait évolué sa répresentation de l’action pour donner un moderne BabyCart (le 2 surtout qui contient de superbes idées chorégraphiques … repris par HK). Plus tôt encore il avait apporté le gimmick « invraisemblable » du bonhomme tranché en 2 .. repris par HK, ou bien encore une certaine imagerie mentale de l’action. En fait il apporté une certaine « vision d’auteur » de l’action, un sens de l’évolution capable de reflechir sur son sens, sa représentation, et comment la faire évoluer en rapport avec ses codes historiques (exactement ce qu’a fait un Tsui Hark). Manque de bol il a clamsé assez tôt, et peu de réal avait une telle conscience de l’action (à la place on a eu un Kazuhiko « fait trembler ta camera » Yamaguchi pour torpiller pour le nouveau courant action 70s)

    J’ai l’impression que ça a commencé à merder milieu-70s, là où les autres pays ont mis le booster, et que c’est plus ou moins dû au bouleversement des studios et la fuite vers la TV (l’essor de l’animation a dû aussi jouer niveau 80s). En 2010 on est tjs en train d’essayer de « recoller » les morceaux (voir Casshern, Shinobi, Goemon) mais il y a encore un long et douloureux chemin! La suite ..après!

  18. Oui, les 70’s me semblent être une période charnière. Pour les 80’s, j’ai beau chercher des films avec des séquences d’action dignes de ce non, j’ai un peu plus de mal. Ou alors, toujours la même chose : dans les anime, comme s’il y avait eu un passage de témoin.

    Et pour les 90’s, mais cette fois-ci pour la rupture dans l’esthétique photographique que tu déplores, la noyade de certains grands studios est peut-être à évoquer il me semble.

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