The DC Archives : Alerte j’ai mal au bout !



Le soleil vient de se lever, encore une belle journée
Il vient toujours au bon moment, avec ses DVD et ses bijins,
Il choisit toujours la bonne heure, celle où on chante tous en chœur,
L’ami du petit déjeuner, l’ami Olrik.

 

En cette période estivale, difficile de ne pas poster quelque chose avec tout plein de bikinis dedans. Pour ce faire, je déterre cette critique de Psycho Shark parue sur DC le 11 mars 2011. Au programme : du requin et du serial killer (un peu), des bikinis et des gros seins (beaucoup). Merci John Hijiri (et surtout Nanomi Takizawa).

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*

Je m’étais juré en participant à ce site que jamais je n’évoquerais ce que l’on a coutume d’appeler cinéma Z, V cinéma et autres navets, nanars ou, plus prosaïquement, grosses bouses. Fut un temps où j’en faisais mes choux gras. Maintenant, j’ai plutôt tendance à les fuir.

Le destin en a décidé autrement lorsqu’il m’a obligé à m’éjecter de mon F-16 pour atterrir à Nanarland. Quelles obscures pellicules allais-je y découvrir ? C’est ce que je me demandais non sans une certaine angoisse. Après avoir soigneusement rangé mon parachute et mangé un morceau, je décidai de longer la plage où j’avais atterri plutôt que de m’enfoncer dans la brousse (chose que j’aime bien faire habituellement mais pas avec ce type de brousse). Je n’avais pas fait un kilomètre, qu’une voix rafraîchissante me héla à ma droite :

Gaijin san ! Vouloir mouiller toi avec moi ?


La visite de Nanarland s’annonçait pas si mal finalement. C’était gros, mou, gélatineux, mais tellement plus sympa qu’une méduse ! Sans hésiter je laissai mes frusques sur le sable et allai rejoindre cette naïade que n’eut pas dédaigné un Fantin Latour. De fil en aiguille, entre deux brasses côte à côte façon Jayne et Tarzan, la jeune femme m’expliqua qu’elle était actrice et qu’elle venait de finir le tournage d’un film réalisé sur l’île même. M’enquérant du titre du film, je la vis aussitôt sortir de l’eau en courant pour aller chercher quelque chose dans son sac. Vision sympathique je dois dire, la méduse de derrière n’était pas mal non plus. Puis elle revint avec quelque chose que je crus reconnaître comme étant le boitier d’un dvd. Effectivement, arrivée à mon niveau (c’est-à-dire à la taille, histoire de camoufler certaine malheureuse protubérance), elle me montra cette chose :


Voyons, 1… 2… 3… 4… 5 bikinis et apparemment 1… 2… 3… 4… 5 poitrines dépassant apparemment le bonnet H. Mazette ! Mais on était d’emblée pas très loin du chef-d’œuvre !

Par contre, je fis un peu la moue devant ce requin en grossière image de synthèse et ce bras coupé médiocrement inséré dans la gueule via photoshop. Cela dit, devant l’insistance de ma baigneuse, j’acceptai de garder le dvd et lui promis de le visionner dès notre retour dans sa cabane où elle m’assura qu’elle avait tout ce qu’il faut pour le voir et pour taper mon article avant la fin de la journée.

Je ne vous raconterai pas si mon amie garda son bikini toute la soirée. Mais je puis vous raconter le contenu du DVD. Je vais d’ailleurs faire mieux : vous connaissez le refrain : virez les tables, flanquez les chaises au milieu de la buvette, c’est le moment de …


LA DERNIERE SEANCE JAPANISTHANAISE !

Jingle Corti !

 

Le film que vous allez donc voir ce soir s’appelle Psycho Shark (titre alternatif : Jaws in Japan), film réalisé l’année dernière par le grand John Hijiri. Croyez-en ma vieille expérience des faiseurs de nanars : ce gars-là a un potentiel. Lui et moi sommes en fait de la même race, celle des adorateurs de bijins. Son « œuvre » précédente était ainsi un drama, Tetsudô Musume :


Le scénar ? Juste un prétexte à montrer 6 personnages féminins bien de leur petite personne, bossant dans une gare et ayant toutes un uniforme différent. Le drama vient d’un manga qui a aussi eu son adaptation en jeu vidéo sur DS.

Reste que, voilà : un uniforme, c’est bien, mais un bikini – et vous en conviendrez aisément – c’est mieux :

Ne ?

C’est ce qu’a dû se dire John après ce drama dégoulinant de bons sentiments (pléonasme ?) et rempli de sales uniformes même pas beaux qui ont la fâcheuse tendance à camoufler ce fleuron de la beauté féminine :

LES OBUS !

Et là, Hijiri n’a pas fait les choses à moitié. Indéniablement, le gus a eu la main lourde et l’amateur de roploplos rehaussés de couleurs chatoyantes en a pour son argent. On commence le film avec une scène filmée caméra à l’épaule de 5 minutes où deux bijins font des mignardises dans l’eau.

 

Ça minaude, ça chichitte, ça fait des « peasu » et des « sexy poses » avec une belle couche de gloussements imbéciles. Je suppose que si l’on est un otaku pur jus, on doit sans doute agripper convulsivement le premier kleenex de la soirée. Mais pour tout spectateur normalement constitué (je ne dis pas ça pour vous hein !), on n’est pas loin d’avoir des envies de meurtre dès la deuxième minute… n’eussent été bien sûr les hypnotiques points blancs du bikini noir qui aident à tenir.

Dans la scène suivante, nous faisons connaissance des deux héroïnes, Mai, jouée par Airi Nakajima :

Photographiée ici par un jean-foutre

Et surtout, dans le rôle de la vache laitière, Miki, interprétée par l’hénaurme Nonami Takizawa :

Pour un tel casting, il n’y a qu’une seule chose à dire : c’est du lourd, du très lourd même.


Le premier kleenex consommé, l’otaku n’a pas d’autres solutions que de remettre recta le couvert. Dans les Dents de la Mer, Spielberg faisait mariner le spectateur, ne filmant que très peu le gigantesque squale (ou toujours de manière très partielle). Hijiri reprend le procédé à son compte mais cette-fois ci avec les obus de Nonami. On commence avec une scène d’auto stop où d’ailleurs là aussi ça mignardise pas mal :

Notes du jury :

Mai (à gauche) : 8   7.5   8   8.5   9

Mika (à droite) : 3   4   3.5   2   4

Mais la nature reprend ses droits lorsque les deux donzelles, une fois arrivées dans leur petit appartement de vacances, s’empressent de se vêtir de leur bikini. La tension monte :

Vous rappelez-vous la scène dans les Dents de la Mer où l’on voit pour la première fois la silhouette du requin sous l’eau. On se dit alors « non, c’est pas possible, c’est trop gros ». C’est aussi un peu ce que l’on pense lorsque l’on entraperçoit un énorme machin qui pendouille sur le côté gauche de l’héroïne. Celle-ci se retourne et…

Et ?

… et Hijiri montre alors de quelle étoffe il est fait. Rarement on aura vu un réalisateur diriger avec une telle maîtrise deux bikinis. On commence avec un méchant gros plan :

Extension…

Puis sans transition, on passe à un deuxième :

Flexion

Puis, gradation des effets oblige, on passe à un plan avec les deux bijins ensemble :

Ridicules tes seins, ma fille

Plan qui est le prélude à un grand n’importe quoi dans lequel Hijiri semble tout à coup subjugué par son sujet (qui a dit « Olrik aussi » ?!) :

Enter the bikini bijins

Jaws nous montrait des gens se faisant boulotter par un requin. Psycho Shark nous montre un réalisateur en train de se faire happer corps et âme par des bijins en bikini. Le bougre ne s’en remettra pas. Il faut vous dire ici que nous sommes à la 15ème minute (le film dure seulement une heure dix) et que l’intrigue du requin n’a pas vraiment démarré. Hé John ! Il est où le requin bordel ?!

Euh, sur la jaquette du DVD pourquoi ?

Las ! Il faudra attendre les dix dernières minutes pour le voir enfin. Tout se passe comme si le budget des effets spéciaux avait été laminé par le casting bikinisé (les 5 actrices sont des gravure idols et Nonami Takizawa n’est pas la moins populaire). Mais il faut reconnaître qu’il y a un peu de Mac Gyver dans Hijiri. Véritable couteau suisse du cinéma de genres, notre bikini maniaque va faire feu de tout bois pour faire oublier au spectateur les belles promesses des affiches du film. Jugez plutôt :


1) Le film de serial killer.

Gni… je renifle ta chatte !


Personnage bien pratique qui offre au réalisateur quatre avantages :

1) Mettre un peu de suspense dans l’intrigue, et paradoxalement ménager ipso facto un moment de repos à nos pauvres bikini otakus qui en sont déjà à leur quinzième mouchoir.

2) La jouer métaphore. L’homme, c’est bien connu, est depuis la nuit des temps un éternel prédateur. Le vrai squale, c’est lui. Et c’est d’autant plus signifiant au Japon que le « sharking » désigne une perversion qui consiste à suivre une victime dans la rue pour lui soulever la jupe, lui baisser la culotte, la kanchotiser, pour ne citer les pratiques les plus avouables. En y réfléchissant, je me dis qu’il y a du film social dans Psycho Shark. Une scène nus montre le tueur discuter avec des gars louches et leur refiler discretos ceci :

Vous pouvez être sur que ces types qui s’échangent des K7 étaient les mêmes qui s’échangeaient autrefois leur collection de dojinshis et autres anime emplis de scène d’ero guru et de fan service. Je ne crois pas avoir vu de film dénonçant de lanière aussi subtile et radicale le danger que représentent ces maniaques dégénérés que sont les otakus. Hijiri ? Le Ken Loach japonais, tout simplement.

3) Enfin, permettre d’insérer une voire plusieurs scènes de douche. Depuis Hitchcock et de Palma, on sait combien une scène montrant une bonne femme en train de se savonner les frères Karamazov sous la douche peut annoncer un déluge de violence. Là aussi, on constate un grand art de la variation dans la composition de ces scènes. Pour Mika, c’est de profil :

Pour Mai, c’est un joli combo vue de trois quarts + malaxage :

 C’est quand même autre chose que Dexter hein ?

On se demandera au passage quelle est l’utilité de prendre sa douche avec un bikini. Les agents des actrices ont sûrement la réponse…

4) Corollaire du précédent, loucher du côté du slasher. Au programme, hémoglobine…

Hijiri : « Mais qui m’a foutu une gourdasse pareille ? T’es en train de te faire trucider, arrête de sourire, montre que tu souffres, que tu as peur !

– Mais c’est ce que je fais John ! »

… et gros plans oxymoriques dans le style « la Belle et la Bête » :

 

Bref, avec le thème du tueur en série, on ne peut qu’être gagnant sur toute la pine.


2) Le film fantastique

 

Vous n’êtes pas sans savoir (ou alors qu’est-ce que vous foutez là ?) que depuis une bonne quinzaine d’années, l’Asie est pourvoyeuse d’un grand nombre de films fantastiques. Genre tombé en désuétude, le fantastique a alors connu un certain renouveau, notamment avec un  Hideo Nakata, renouveau qui ne fut pas après quelques années sans déboucher sur de lourdes redites.

N’importe, Hijiri tient là un filon prometteur susceptible d’enquiller de précieuses minutes à peu de frais. On remarque ici deux influences majeures :

– Des bijins qui se filment et qui regardent après la K7 sur le lecteur de leur appart’ de vacances… C’est là le vieux principe du pseudo documentaire qui, depuis Cannibal Holocaust, a largement fait ses preuves. Plus près de nous, et plus fantastique, on pense évidemment au Projet Blair Witch. Miki découvrira une vieille K7 dans un coin de son appartement, K7 ayant appartenue au trois donzelles du début du film. Elle aura la curiosité et verra comment leur séjour estival se transforme peu à peu en cauchemar.

– En soit, cette histoire de vieille K7 trouvée n’a rien de fantastique. Elle l’est cependant car ce mot, « K7 », doit normalement faire venir à votre esprit totalement embrumé par la vision de tant de grosses miches bikinisés (je comprends, je comprends…) LA référence fantastique, celle par qui des tombereaux entiers de films ont par la suite été déversés dans le paysage cinématographique japonais, je veux bien sûr parler de…

RINGU

Et oui ! La K7 que zyeute Miki est maudite. Elle prend un malin plaisir à montrer ce qu’elle veut montrer à sa spectatrice tout époumonée (et doublement encore !) par ce qu’elle voit. Elle montrera par exemple, sans crier gare, une jeune femme ensanglantée plonger dans l’eau ou une autre sous la douche couverte de sang. Un retour en arrière pour revoir la scène n’y fera rien : la scène aura disparu, laissant supposer (assez faiblement) que Miki est victime de son imagination.

À ces deux références, trois avantages :

 Économie totale de moyens ! On filme des oies blanches en train de batifoler dans la baille (et faire finalement ce qu’elles ont l’habitude de faire lors de séances de shooting), un habile montage, une mine inquiète de la spectatrice pour faire sentir que « quelque chose  ne va pas »,

Un exemple de mine inquiète. Ouais, faut pas trop non plus en demander à Nanomi.


… et le tour est joué, on n’a pas à s’emmerder à créer un requin en image de synthèse.

– Vous avez aimé ces bikinis rebondis au début du film ? Ce moyen vous offre la possibilité d’en profiter une deuxième fois !

 

– Enfin, avec cette K7 qui fait chier à ne montrer que progressivement les éléments de l’histoire, on peut prendre son temps, les dispenser au fur et à mesure du film et intercaler d’agréables plans toujours très utiles à la narration.

 Exemples de plans utiles à la narration.


D’ailleurs, même le zyeutage de la K7 peut amener à d’habiles compositions :

HIJIRI (emporté par ses pulsions) – Bon, Airi, maintenant tu écartes les jambes tout en te caressant les seins.

(ndlr) Si quelqu’un sait ce qu’est devenu ce rush non gardé pour le montage final, qu’il nous fasse signe.


Et ce n’est pas fini pour le fantastique ! Puisqu’un autre thème, la métempsychose (la réincarnation bande de truffes !) est utilisé par Hijiri les bons tuyaux. Certains plans laissent en effet suggérer qu’elle est possédée par une des anciennes victimes apparaissant sur la K7. Métempsychose ou pouvoir de double vue, à l’instar du gamin dansShining, pas évident de trancher. En tout cas, Miki ressent des trucs, elle se sent parfois toute chose, elle a des visions quoi ! que ces dernières renvoient au passé ou au futur. Les avantages ? Toujours les mêmes :

– John continue de bourrer son film de trucs et de machins comme la plus belle bourriche de la foire Saint-Laurent.

– Du cul, du cul, du cul ! Ainsi pour la suggestion de la métempsychose :

 L’ancienne victime et Miki. Véronique et Davina attitude !

 

Au passage, l’otaku de base aura l’occasion de faire une étude comparative du devant et du derrière de Miki, et de voir que dans les deux cas, ça reste du lourd.

Quant aux visions de ce qui pourrait potentiellement arriver :

Le requin a plus de goût que le taureau : il aime le rouge qu’à l’unique condition qu’il recouvre un petit cul rebondi.


Mine de rien, moi qui ne savait pas trop comment m’y prendre avec ce nanar, je m’aperçois que tout comme lui, il utilise assez bien la technique du remplissage. Mais remplir est bien joli, il faut bien finir, et c’est ce qu’essaye de faire Hijiri durant les dix dernières minutes. On serait presque tenté de dire qu’avec ce final, John utilise un autre thème, cette fois-ci propre à la SF, celui de la machine à explorer le temps. On pourrait croire qu’avec les effets spéciaux de maintenant, rendre convaincante une créature à peu de frais est chose faisable avec des techniciens un tant soit peu compétents. Mais non, grâce à Hijiri, nous voici replongés à la glorieuse époque des « Craignos Monsters » qui sévissaient autrefois sur Mad Movies. Car en guise de requin, on a droit à ça :

Non ?

Si !


Quitte à faire rire avec un requin mal foutu, autant y aller franchement, ça donnera l’excuse du second degré.

Au final, que penser de Psycho Shark ? Que c’est un film de feignasse. Hijiri aurait pu se concentrer sur un traitement purement serial killer ou purement fantastique pour essayer de les rendre crédibles. Après tout, pour un film de genre, les deux possibilités sont largement envisageables. Mais au lieu d’exploiter tel ou tel filon, il a préféré passer à la moulinette une collection de thème pour en sortir une sorte de menu big mac XXL cinématographique, rapidement consommé en 70 minutes. Avec un tel menu, on pourrait croire que la patience du spectateur peut, à l’instar du bikini de Nonami, craquer à tout moment mais paradoxalement, c’est ce feu roulant de citations qui permet de faire de Psycho Shark un nanard pas totalement désagréable à regarder, plus sympa en tout cas que ces merdes proclamés « films cultes » par des déficients mentaux, que sont les « Bikini Bandits ». Bref, devant un tel menu, à vous de bâfrer tout votre soûl ou de picorer seulement ce qui vous intéresse. Une chose est sûre : si vous n’aimez pas l’ingrédient de base de la cuisine Hijiresque qu’est la bijin à gros seins bikinisés, vous risquez de trouver le temps long. En revanche, pour les adeptes du plaisir régressif, c’est autre chose qui sera long, pour sûr !

Allez, sur ce, je me casse !

Non !!! Attends Olrik san, je t’en prie, ne pars pas, reste avec moi à Nanarland !!!


Désolée ma jolie, mais d’autres articles m’attendent. Mais promis, je reviendrai te voir, cette île me semble pleine de promesses.

 

note d’Olrik : pour ceux que le gif animé sur la capture d’écran intriguerait, le voici :

Du même tonneau (ou presque) :

Lien pour marque-pages : Permaliens.

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