Out of Focus #1

Avoir les couilles de mettre son viseur à l’oeil… ou pas. Une histoire de courage bien sûr, mais aussi de lucidité, de fatigue, de gestion du temps, ou plutôt des quelques dixièmes de secondes que vous offre la vue fugitive d’une jeune femme en yukata alors que vous avez entrepris de faire un aller-retour mouvementé dans une arcade commerciale, en plein centre ville, rendue surpeuplée par la proximité d’un matsuri. On s’y enfonce d’un pas tranquille, essayant de capter à chaque mètre un visage, un mouvement, une scène intéressante, quelquefois on s’arrête et on cadre, parfois non, on continue et le geste ne va pas plus loin qu’un « hip shot » ou, au mieux, un « chest shot ». Après, c’est à la grâce du Dieu Focus et malheureusement, je dois dire qu’il semble bien mal apprécier qu’on ne le cajole pas davantage en l’admirant à travers le viseur du réflex.

Du coup, le visionnage du cliché pris se fait par la suite toujours en deux temps. A travers le moniteur de l’appareil, on se dit d’abord « hé ! pas mal! ». La cadrage au petit bonheur a limité la casse, on ne se retrouve pas avec un effet de contre-plongée qui donne trop d’importance à l’arrière-plan. Cool ! Et puis, arrivé chez soi, on se rue sur le pc pour vérifier que le cliché n’est effectivement pas trop mal réussi et là, déception ! on s’aperçoit que le personnage est flou tandis que l’arrière-plan… est net. Dépité, on s’apprête à appuyer sur « suppr » et puis on s’arrête, on se dit qu’après tout, le « out of focus » a parfois une vertu imitative de la réalité. En effet, dans le flux de la foule d’un dimanche soir, foule survoltée, heureuse, gavée de sons, d’images et de bouffe achetée sur les stands flanqués le long de l’avenue princale où se déroule un matsuri, difficile après tout de garder le focus de sa propre vision parfaitement d’équerre…

Du même tonneau (ou presque) :

Lien pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *